Nous sommes en 1968. Le monde entier découvre une oeuvre de science-fiction qui va bouleverser le cinéma mondial : La Planète des singes. Tiré du roman écrit par le Français Pierre Boulle, le film est réalisé par Franklin J. Schaffner et emmené par la légende Charlton Heston.
Ce dernier incarne Taylor, un astronaute s'étant échoué sur une planète où des singes très évolués sont dominants. Réduit en esclavage, il va devoir lutter pour sa survie, aidé notamment par les scientifiques Zira et Cornélius. Pendant ses aventures, Taylor va libérer une jeune femme du joug des primates, Nova, qui va devenir sa compagne.
Une révélation finale glaçante
À la fin du film, Taylor et Nova chevauchent le long du rivage, s’éloignant de la cité des singes et de la Zone interdite. Derrière eux, la grotte de Cornélius vient d’être détruite par les hommes du politicien Zaïus, emportant les dernières preuves d’une ancienne civilisation humaine.
La plage s’étend devant eux, déserte, silencieuse. Taylor poursuit sa route à cheval, tandis que Nova l’accompagne sans comprendre ce qu’il cherche encore. Soudain, quelque chose apparaît au loin, dressé au-dessus du sable. Une forme métallique, massive, à demi ensevelie, surgit près de l’eau.
Taylor ralentit. Il observe cette étrange structure, comme s’il tentait d’en reconnaître les contours. L'homme finit par descendre de cheval et s’avance seul vers elle. Plus il approche, plus les détails se précisent : du métal rouillé, des fragments émergés du sable, une immense main qui semble encore retenir une torche. Taylor s’arrête.
Son regard se fige. Il comprend soudain ce qu’il a devant lui. Le héros tombe à genoux dans le sable, anéanti par la révélation. La planète sur laquelle il croyait avoir échoué n’est pas un monde lointain. C’est la Terre.
Le voyage dans l’espace l’a conduit dans un futur où la civilisation humaine a disparu et où les singes ont pris sa place. Cette vision prouve qu'il a voyagé à une vitesse proche de celle de la lumière, subissant une dilatation temporelle qui l'a propulsé dans l'avenir.
Fox
La tirade de désespoir de Taylor
Devant lui se dressent les restes à demi engloutis de la Statue de la Liberté. Taylor frappe le sable de désespoir et maudit ceux qui ont détruit son monde.
"C'est pas vrai. C'est pas possible. 2000 ans plus tard, nous étions revenus sur la Terre. Ce monde de cauchemar, c'est la Terre ! Les criminels ! Ils les ont fait sauter leurs bombes ! Les fous ! Je vous hais ! Soyez maudits jusqu'à la fin des siècles !"
Nova reste près de lui, incapable de comprendre la portée de ce qu’il vient de découvrir. La caméra s’éloigne lentement. Alors l’ensemble de la statue apparaît, brisée, abandonnée sur cette plage devenue le vestige d’un monde disparu. La mer continue de battre contre le rivage et Taylor demeure à genoux devant les ruines.
C'est pas vrai. C'est pas possible. 2000 ans plus tard, nous étions revenus sur la Terre. Ce monde de cauchemar, c'est la Terre ! Les criminels ! Ils les ont fait sauter leurs bombes ! Les fous ! Je vous hais ! Soyez maudits jusqu'à la fin des siècles !
L’image, saisissante, s’éteint progressivement. La révélation finale laisse comprendre que l’humanité n’a pas découvert une autre planète : elle a tout simplement détruit la sienne. Tout comme Taylor, le spectateur reste alors pétrifié par ce twist final, incapable de réagir.
Ce dénouement a marqué des millions de spectateurs car il transforme brutalement tout ce que l'on vient de voir. Le retournement est total ! Taylor ne se trouve pas sur une planète inconnue. Il est sur la Terre, dans un futur où l'humanité a disparu et où les singes dominent.
Un choc absolument foudroyant
Cette révélation fait l'effet d'un coup de tonnerre, qui reçoit ce choc aussi violemment que le personnage principal. Pendant tout le film, on partage les hypothèses de Taylor. Quand il reconnaît la statue à moitié engloutie, on comprend en même temps que lui ce qui s'est passé.
Ainsi, la révélation finale recontextualise tout le film. Les ruines de la Zone interdite, les avertissements de Zaïus, les connaissances perdues et même la peur des singes envers les humains prennent soudain un autre sens. Taylor comprend alors qu'il est arrivé trop tard. Il ne peut ni retourner dans son époque ni réparer ce qui s'est produit. Sa civilisation est définitivement morte. Le choc est absolument saisissant.
Le récit inverse ainsi les rapports entre humains et primates. Au début, Taylor considère les singes comme une civilisation primitive qui a pris sa place. À la fin, il découvre que ce sont les humains qui ont détruit leur propre civilisation et laissé la planète à une autre espèce.
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De plus, la mise en scène de Franklin J. Schaffner laisse le spectateur avec une image puissante plutôt qu'avec une explication. La statue, la plage, Taylor à genoux : il n'y a vraiment rien à ajouter. Le décor suffit à faire comprendre l'ampleur de la catastrophe.
Et surtout, la fin est particulièrement efficace car elle ne constitue pas seulement une surprise scénaristique, mais transforme le film en tragédie. Pendant près de 2 heures, Taylor cherche à savoir où il est. Dans les dernières secondes, il découvre que la vraie question était ce qui est arrivé à son monde.
Ce retournement final transforme un film d'anticipation en un avertissement sombre sur la folie destructrice de l'humanité. Ce twist est donc particulièrement cruel et glaçant, l'un des plus percutants de tous les temps.
La Planète des singes est disponible sur la plateforme Disney+.