Le très grand public l'a découvert avec les cheveux longs lorsqu'il est revenu sous les traits du Soldat de l'Hiver face à Steve Rogers dans le Marvel Cinematic Universe, rôle qu'il a récemment retrouvé pour les besoins d'Avengers Doomsday. Mais Sebastian Stan a pris l'habitude de se transformer ces dernières années, au moment de passer d'un projet à l'autre, entre le maquillage et les prothèses pour devenir Tommy Lee dans la mini-série autour de son couple avec Pamela Anderson, le masque qui lui donne l'apparence d'Adam Pearson dans quelques scènes de A Different Man, ou sa prestation en Donald Trump dans The Apprentice.
Aujourd'hui, l'acteur américain d'origine roumaine poursuit sur sa lancée avec Fjord, Palme d'Or du Festival de Cannes 2026 signée Cristian Mungiu (déjà sacré pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours en 2007), qui nous avait interpellé dès sa première photo révélant que Sebastian Stan s'était rasé le crâne pour jouer ce père de famille très conservateur et dont les valeurs et l'éducation vont être pointées du doigt le jour où sa fille arrive à l'école de leur nouveau village avec des bleus.
"C'est un hasard si cela s'est produit sur mes derniers projets", nous répond le principal intéressé lorsque nous lui demandons à quel point le look de son personnage et la possibilité d'une transformation sont importants dans son approche. "Mais j'aime ce processus, car il offre la liberté de ne pas se voir soi-même, et j'y ai toujours été sensible. Même lorsqu'il s'agit d'un costume ou de lunettes, car cela influe sur votre façon de bouger, et vous devez intégrer ces lunettes dans votre jeu. Vous vous comportez d'une autre manière qu'au quotidien. Dans le cas de Fjord, c'est Cristian qui a eu l'idée de cette apparence, à la dernière minute."
"Je savais qu'il était ouvert à faire ce genre de chose", nous confirme le réalisateur. "Pour moi, il était important de ne pas avoir la version 'macho man' de Sebastian, celle qui impressionne les filles, et il y a une attitude que le comédien doit chercher. Donc quand tu parles avec lui pour essayer de comprendre le personnage, ce changement physique l'aide beaucoup. Et après avoir fait beaucoup d'essais avec l'intelligence artificielle, je me suis dit que j'aimais beaucoup cette idée, parce qu'elle correspondait beaucoup plus à un père de famille et sortait du côté sex symbol."
"Ce processus offre la liberté de ne pas se voir soi-même"
"Comment, alors, transformer Sebastian Stan, l'ami de Captain America, en un père de famille que tu ne reconnais pas ? Nous avons fait des essais, puis trouvé un fan et sosie de Sebastian en Norvège : il est venu et a accepté qu'on lui rase la tête pour faire un essai, et permettre à Sebastian de comprendre que nous n'allions pas le tuer (rires) Une fois qu'il a accepté, nous avons trouvé la bonne personne pour lui raser la tête chaque jour sur le tournage, puis j'ai laissé à Sebastian le temps de trouver l'attitude du personnage."
"Il y a quelque chose qui est en décalage avec les gens autour, mais cela vient aussi de l'éducation que l'on reçoit dans un pays où l'on n'a pas tous les droits. Cela fait partie de ces sociétés traditionnelles dans lesquelles tu ne sais jamais ce que à quoi tu as droit, car c'est Dieu que te parle. Mais tu dois lutter pour tes droits."
Nouvelle transformations à Gotham City ?
Maintenant, peut-on s'attendre à une autre transformation dans le film que Sebastian Stan tourne actuellement, The Batman II, et où il n'a pas encore été confirmé qu'il incarnerait Harvey Dent face à Robert Pattinson : "Il y a des toujours des transformations, externes ou internes, quand on joue un personnage", répond-il en bottant en touche. Au moins on aura essayé.
Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Cannes les 18 et 19 mai 2026