Après le succès public et critique phénoménal de la mini-série anglaise Adolescence en 2025, Netflix remet le couvert ce 4 juin avec Sous ses yeux, un thriller britannique en trois épisodes consacré à la tragique histoire vraie d’un enfant de 2 ans témoin du meurtre de sa mère. Si la comparaison entre les deux projets est inévitable, Sous ses yeux est-elle à la hauteur de son indétrônable modèle ? On a vu tous les épisodes et on ne va pas vous mentir…
De quoi ça parle ?
Devenu père célibataire du jour au lendemain après l'assassinat brutal de Rachel Nickell sur Wimbledon Common en 1992, André a mis son propre chagrin de côté et fait de son fils Alex, seul témoin de l'attaque de sa mère, le centre de sa vie. Tentant d'échapper à la fureur médiatique, aux journalistes sans scrupules et à la frénésie des enquêteurs de police, il s'est entièrement dévoué au bien-être de son enfant. Découvrez comment un père et son fils, brisés par une tragédie inimaginable, ont peu à peu réussi à s'extirper des ténèbres.
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Qui est au casting ?
Sous ses yeux est l’occasion pour les spectateurs de retrouver plusieurs acteurs britanniques de très haut niveau mais relativement inconnus du grand public, qui brillent ici dans un registre émouvant auquel ils ne nous avaient pas habitués. Parmi eux, citons Jordan Bolger (Les 100, Le livre de Boba Fett), Neil Maskell (Utopia, Peaky Blinders) ou encore Kevin Eldon (Les Anneaux de pouvoir, Le problème à 3 corps).
Ça vaut le coup d’œil ?
Comme dit l'adage, comparaison n'est pas raison. Là où Adolescence choisissait de placer le spectateur dans l'œil du cyclone en lui faisant suivre une affaire criminelle en temps réel, les arguments de la mini-série Sous ses yeux sont d’une toute autre nature : pour filer la métaphore, le désir de son créateur Rob Williams n’est pas de se concentrer sur la catastrophe, mais sur les ravages causés par la tempête.
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Le meurtre, le cadavre, les photos de la scène de crime… autant de poncifs habituels de la série adaptée d’un fait divers sont ici volontairement absentés, pour mieux focaliser l’intrigue (et donc le point de vue du spectateur) sur le souvenir du meurtre : invisible, mais toujours présent, tel un fantôme condamné à tourmenter les vivants. À l’image de la vie de ses personnages, la série est ainsi elle-même structurée à la manière de ce que la psychiatrie appelle la mémoire traumatique.
Ce choix narratif oblige Sous ses yeux à adopter une mise en scène presque anti-spectaculaire, à l’opposé de la maestria technique des plans-séquences d’Adolescence. Ici, ce sont les émotions des personnages et les performances bouleversantes des comédiens qui sont au centre du plan, et donc de l’histoire.
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Paradoxalement, ce dépouillement esthétique rend la série presque plus difficile à regarder qu’Adolescence, parce qu’il interdit la mise à distance avec ce qui se passe. Lorsqu’un plan est particulièrement beau, le spectateur (qui n’est pas un idiot) le remarque, et comme il y a quelque chose d’autre qui attire son attention, il peut sortir de l’émotion de la scène. À l’inverse, une mise en scène volontairement invisible vient forcer le spectateur à se concentrer uniquement sur l’histoire, et donc sur l’émotion.
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Et de l’émotion, Sous ses yeux en a à revendre, notamment parce qu’elle se conclut sur un message aussi simple que bouleversant : si l’amour seul ne répare pas les blessures, il n’y a qu’avec lui qu’on peut avoir moins mal.
La mini-série Sous ses yeux est disponible sur Netflix.
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