Vous avez aimé The Raid ? The Furious s’inscrit clairement dans cette filiation : un cinéma de combat sec, physique, qui remet les corps au centre de l’action. Présenté notamment au Festival de Toronto 2025, le film de Kenji Tanigaki enchaîne les scènes d'action.
Interdit en salles aux moins de 12 ans, The Furious suit Wang Wei, un père déterminé à retrouver sa fille enlevée par un réseau criminel. Face à l’inaction de la police, il se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié, Navin, un journaliste dont la femme a mystérieusement disparu. Unis par un même désir de vengeance, ces deux hommes que tout oppose affrontent les ravisseurs dans un face-à-face explosif mêlant arts martiaux et justice sans merci.
Porté par Xie Miao (Ip Man) et Joe Taslim (Mortal Kombat), The Furious voit également Yayan Ruhian - déjà au casting de The Raid et de sa suite - affronter les deux héros.
Relancer le cinéma d'arts martiaux hongkongais
The Furious ne cherche jamais à se distinguer par son scénario, son ambition est ailleurs : dans la matière même de l’action. En se lançant dans le projet, le producteur Bill Kong, à qui l'on doit notamment Tigre et Dragon, souhaitait réaliser "le film d’arts martiaux ultime" comme il le précise dans le dossier de presse. Pour autant, The Furious ne vise pas à recréer le passé ni à revivre les gloires d’antan. Il est même tourné vers l’avenir puisqu'il fait émerger une nouvelle génération de stars des arts martiaux.
Edko Films
Mais The Furious s'impose surtout comme une tentative de relancer le cinéma d'arts martiaux hongkongais sur la scène internationale. Le producteur part d'un constat simple : le film d'arts martiaux est devenu une espèce rare.
Dans le dossier de presse, il explique être frappé par le fait que plus de dix ans se sont écoulés depuis qu'un film de combat a véritablement marqué le public mondial, citant The Raid comme le dernier grand choc du genre. Son ambition avec The Furious est donc claire : prouver que "Hong Kong a toujours quelque chose à offrir" et secouer à nouveau le monde avec un authentique film d'arts martiaux.
Un réalisateur habitué du genre
Et c'est le cinéaste d'origine japonaise, Kenji Tanigaki qui met en scène le long métrage. Figure incontournable du cinéma d'action hongkongais depuis des décennies, ce dernier a notamment travaillé aux côtés de Donnie Yen et contribué à façonner son style mêlant arts martiaux chinois et MMA. Son approche repose sur un retour à l'essence même du cinéma de combat : la performance physique.
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Le cinéaste déclare d'ailleurs : "En collaborant avec des talents de classe mondiale tels que Xie Miao, Joe Taslim, Brian Le, Yayan Ruhian, Joey Iwanaga, Jija Yanin et notre équipe de cascadeurs, chaque journée de tournage donnait l’impression de marcher sur le fil du rasoir, repoussant les limites physiques du possible.
Ce fut une expérience intense, créative et profondément enrichissante. Ce processus m’a rappelé une vérité intemporelle : à l’ère des technologies de pointe, l’action la plus puissante reste la plus primitive. En 2025, cela semble plus sincère, plus précieux et plus vivant que jamais. Ce n’est pas seulement un film d’action. C’est un film d’émotions où l’action et l’âme s’entrechoquent."
Toutes les scènes de combat du long métrage ont en effet été tournées sans aucun effet numérique.
Des combats réalistes
Le coordinateur des combats Kensuke Sonomura impose une vision du combat réaliste. Connu pour son approche frontale de l’action, le chorégraphe japonais construit ses scènes comme de véritables récits où chaque coup porte un poids et une intention.
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Il conçoit ses combats comme des récits structurés. Inspiré par la dramaturgie japonaise en quatre temps : introduction, développement, tournant, conclusion. L’objectif est d’éviter toute égalité monotone entre les combattants. Un combat doit évoluer. Il affirme d'ailleurs dans le dossier de presse : "Si deux personnes s’échangent des coups à égalité, le public s’ennuie."
Cette ambition narrative est renforcée par un choix formel déterminant : le recours à de longs plans-séquences. En supprimant les coupes, Sonomura oblige les acteurs à maintenir une intensité constante et une précision absolue. L’action ne peut pas être fragmentée ni réajustée en montage : elle doit exister dans sa continuité physique. L’acteur Xie Miao souligne cette exigence : "Nous avons traité chaque répétition comme une prise en direct". L’entraînement devenant ainsi une forme de tournage anticipé, où la vitesse réelle et la puissance totale sont intégrées dès la préparation.
The Furious est à découvrir au cinéma.
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