Artus donne la réplique à Franck Dubosc dans cette comédie de cape et d’épée
Juliette Mansart
Juliette Mansart
-Rédactrice cinéma séries
Amatrice de comédies en tout genre, surtout celles qui ne se prennent jamais au sérieux, Juliette passe avec autant de plaisir de l'absurde à la tendresse, avec un attachement particulier pour les répliques que l'on ressort à tous les dîners.

Le réalisateur césarisé Michel Leclerc offre aux spectateurs un drôle de voyage dans la France du XVIIe siècle. Porté par Artus, Franck Dubosc, Doria Tillier et Julia Piaton, Les Caprices de l’Enfant Roi est à découvrir au cinéma dès le 24 juin.

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Des personnages emblématiques portés par une distribution étoilée 

1651. Louis – pas encore XIV – (Niels Hamel-Brochen) est un jeune adolescent. Alors que la Fronde menace, sa mère Anne d’Autriche (Doria Tillier) décide d’exfiltrer son fils pour le mettre à l’abri et le remplace par un sosie. Louis est confié par D'Artagnan (Franck Dubosc) à Cyrano de Bergerac (Artus) qui le cache au sein de la troupe de théâtre de Madeleine Béjart (Julia Piaton) et Molière (Nemo Schiffman). Tandis que Madeleine et Cyrano se découvrent une passion commune pour le jeune Molière, Louis découvre la vie et ses plaisirs, l’art et le travail, le courage et la stratégie, tout ce qui fera de lui le Roi Soleil. 

Le Pacte

Après Le Nom des gens – qui lui valut le César du meilleur scénario original en 2011 – et Le Mélange des genres, Michel Leclerc dévoile un nouveau projet ambitieux, offrant un véritable voyage temporel vers le XVIIe siècle avec Les Caprices de l’Enfant Roi. Cette nouvelle œuvre de cape et d'épée est surtout, pour le réalisateur, un moyen de s’amuser avec l’Histoire, sans respecter fidèlement les événements. “Les films historiques récents me semblaient être frappés d’un certain esprit de sérieux et j’avais envie de renouer avec cette veine de la comédie rebondissante d’aventures. Aussi d’écrire un scénario original plutôt que de faire une énième adaptation de Dumas ou de Hugo”, explique-t-il.

Les Caprices de l’Enfant Roi
Les Caprices de l’Enfant Roi
De Michel Leclerc
Avec Artus, Julia Piaton, Nemo Schiffman
Sortie le 24 juin 2026
Séances (243)

Dès lors, davantage qu’une œuvre historique, c’est une comédie que met en scène le cinéaste, faisant se rencontrer Molière, Cyrano de Bergerac, D’Artagnan ou encore Anne d’Autriche… “Un genre de film ”Avengers”, avec tous nos héros du XVIIe siècle”, précise-t-il avec amusement. Pour mener à bien ce projet, il s’entoure d’une distribution étoilée, parfaitement rodée pour incarner ces personnages devenus emblématiques. Artus, qui s’est hissé au sommet du box-office en 2024 avec le phénomène Un p’tit truc en plus et avait déjà collaboré avec le réalisateur sur Les Goûts et les Couleurs, interprète ici le célèbre Cyrano de Bergerac. Bourru au grand cœur, il se distingue par son empathie et sa capacité à aimer profondément. Personnage de l’ombre, il défend des convictions fortes sans jamais chercher à les imposer. 

Le Pacte

Face à lui, Franck Dubosc, fraîchement récompensé du César du meilleur scénario original pour Un ours dans le jura, prête ses traits au personnage intemporel de D’Artagnan, chargé par la reine d’une mission capitale : cacher et mettre le Dauphin à l’abri, coûte que coûte. Soucieux de l’image qu’il renvoie, il s’efforce d’accomplir sa tâche sans faillir afin de rester dans les bonnes grâces de la reine. 

Pour accompagner ce duo, aussi comique que complémentaire, Julia Piaton s’illustre dans le rôle de Madeleine Béjart, comédienne solaire et animée qui donne la réplique à Nemo Schiffman, prêtant ses traits à un Molière séducteur, espiègle et libertin, prêt à tout pour briller et se faire un nom. À leurs côtés, Doria Tillier incarne à merveille une Anne d’Autriche puissante et intimidante, tandis que Niels Hamel-Brochen s’illustre parfaitement en jeune Dauphin, futur Roi de France. Ainsi se déploie une galerie de personnages hauts en couleur, dont la diversité et la complémentarité participent pleinement à la richesse et à la vitalité du projet. 

Une comédie de sentiments et de troupe 

Derrière les grands mots et les tirades enflammées, c’est bien la comédie qui mène la danse, tout en laissant une large place à l’amour, mais toujours teinté d’un décalage drôle et malicieux. Franck Dubosc le souligne d’ailleurs : “C’est un film d’amour. Tout y est amour. Mais c’est aussi un film d’admiration composé de gens qui s’admirent.” C’est précisément cet amour qui devient une source inépuisable de situations comiques. En effet, D’Artagnan admire la reine, Cyrano et Madeleine se passionnent pour Molière, tandis que Louis affectionne Cyrano.

Dès lors, ces élans croisés nourrissent un véritable jeu de miroirs affectifs, créant une dynamique relationnelle particulièrement riche et drôle, où s’enchaînent quiproquos, élans absurdes et déclarations enflammées. “Dans ce film, l’amour n’arrête pas de rebondir un peu partout. C’est très beau, tous ces personnages qui tombent amoureux les uns des autres, qui adorent être ensemble et qui s’inspirent”, renchérit Julia Piaton. De fait, cette circulation des sentiments donne au récit un rythme vif et enjoué, conférant à l'œuvre une originalité singulière, à la croisée de la comédie et du romanesque où l’humour rencontre l’amour, et où se mêlent subtilement histoire et littérature. 

Le Pacte

Ainsi, loin d’être une comédie classique, Les Caprices de l’Enfant Roi joue avec les registres pour mieux surprendre et faire rire, en proposant également une réflexion sur les liens humains et artistiques. C’est précisément ce mélange qui intéresse le réalisateur et irrigue l’ensemble de son œuvre. En effet, l’hybridation et le croisement des genres occupent une part centrale dans son travail. Cela se manifeste notamment dans la langue, où les personnages passent des déclamations en alexandrins – notamment lorsqu’ils jouent sur scène – à un langage plus moderne. Un grand écart jubilatoire qui devient à lui seul un ressort comique irrésistible, revendiqué par Michel Leclerc : “j’aime mélanger les genres, et je combats la pureté”.  

Mais ce mélange ne s’arrête pas aux mots, il s’incarne aussi dans les personnages eux-mêmes. Des figures historiques et littéraires se croisent, dialoguent et se réinventent au contact les unes des autres. De cette rencontre naît une série de situations aussi improbables que savoureuses, où chacun trouve sa place dans un joyeux désordre organisé. Dès lors, la dimension collective s’impose comme essentielle dans la mise en scène et le groupe devient un véritable moteur narratif et esthétique. La troupe devient ainsi un espace de jeu et de complicités, rappelant les grandes heures des comédies populaires, telles que La Folie des grandeurs, cette aventure historique tonitruante de Gérard OuryLouis de Funès incarne un ministre qui rêve de grandeur et entraîne son valet – Yves Montand – dans sa chute. 

Filmer le collectif semble ainsi au cœur de la démarche du cinéaste, qui explique : “Ce n’est pas la première fois que je fais un film sur un collectif. Je l’ai fait dans Télégaucho et Le Mélange des genres. Et en effet, j’adore filmer les groupes et voir comment cela peut fonctionner.” Cette attention portée au collectif permet de faire émerger une énergie commune, où les individualités s’expriment tout en participant à une harmonie d’ensemble. 

Œuvre de cape et d’épée portée par Artus et Franck Dubosc, où circulent les beaux mots, le désir… et les blagues, Les Caprices de l’Enfant Roi de Michel Leclerc s’inscrit dans la lignée des comédies populaires détonnantes, entre panache historique et joyeuse folie. À découvrir le 24 juin au cinéma. 

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