Présent au cinéma depuis près d’un demi-siècle, Gérard Lanvin s’est imposé dès ses débuts dans L’aile ou la cuisse. Très vite, il incarne une forme de virilité sombre et rugueuse qui marque le cinéma français des années 80.
Son parcours est ensuite récompensé par deux César : celui du Meilleur acteur en 1995 pour Le Fils préféré, puis celui du Meilleur second rôle en 2001 pour Le Goût des autres. Une reconnaissance qui ne change toutefois pas son rapport souvent frontal à l’industrie.
Un franc-parler assumé
L’an dernier, dans un entretien de 17 pages accordé au magazine trimestriel Schnock, Gérard Lanvin est revenu sans filtre sur le récit de sa carrière ainsi que sur son positionnement dans le milieu et les conséquences de son franc-parler : “Le cinéma m’a mis tricard plusieurs fois. Je ne suis pas une grande gueule, mais je dis ce que je pense et je n’ai pas honte à dire ce que je pense.”
Il a poursuivi en décrivant un milieu qu’il juge parfois peu enclin à la franchise : “De ce fait, je n’ai pas la carte de celui qui se met à genoux comme un mouton. Les gens de cinéma aiment les héros sur les écrans, mais pas ceux qui ouvrent leurs bouches.”
Avant de résumer sa vision de manière encore plus tranchée : “Je sais qui je suis et je n’ai pas l’intention de plaire à tout le monde. Un homme sans ennemi est un homme sans valeur.”
Le milieu du cinéma dans le viseur
Au fil de ses confidences, Gérard Lanvin a aussi évoqué certains réalisateurs et acteurs, qu’il considère avec distance, voire méfiance. Sans toujours les nommer immédiatement, il a notamment critiqué les comportements qu’il estime opportunistes : “On les repère vite ceux qui ont la volonté d’exister et d’écraser les gens”.
Parmi les personnalités citées, Claude Lelouch est évoqué sans détour, avec des propos peu agréables.
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Le cas Guillaume Canet : une collaboration avortée
C’est toutefois avec Guillaume Canet que l’acteur est le plus revenu en détail. Lanvin a raconté une période où les deux hommes se croisaient professionnellement, sans que la relation ne survive à un désaccord de casting.
Il se souvient notamment d’un projet refusé et des conséquences qui ont suivi : “Après avoir joué dans Barracuda, comme le film fut un flop, il est resté stationnaire. Je le connaissais un peu et l’avais remarqué. Je l’ai proposé pour jouer dans En plein cœur, dans lequel il y avait aussi Virginie Ledoyen. Au même moment, Canet me parlait déjà d’un film qu'il voulait réaliser et qui s’appelait Mon idole. Il voulait que je joue le rôle, finalement tenu par François Berléand. Je ne pouvais pas interpréter ce genre de personnage. Je le lui ai dit, et il ne m’a plus jamais parlé. J’ai toujours agi avec cœur et honnêteté. Ce n’est pas le même genre de comportement chez Canet. Les mecs sont persuadés d’être quelqu’un. Or on n’est rien d’autre qu’une personne qui fait du cinéma. On les repère vite, ceux qui ont la volonté d’exister et d’écraser les gens quand on arrive d’un autre monde.”
À travers ces souvenirs, l’acteur dresse le portrait d’un univers où les relations humaines peuvent se dégrader rapidement, surtout lorsque les ambitions et les visions artistiques divergent. Une franchise qui, une fois encore, ne laisse pas indifférent et relance les débats autour de sa réputation de “franc-tireur” du cinéma français.
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