Il y a des tournages qui laissent une empreinte durable chez leurs créateurs. Pour Alexandre Astier, Kaamelott fait clairement partie de ceux-là, notamment grâce à certaines rencontres marquantes. Parmi elles, celle avec Pierre Mondy, qu’il avait choisi pour incarner César, figure de mentor du jeune Arthur.
Lors d’une conférence donnée au Comic Con Paris en 2012, le réalisateur est revenu avec émotion et admiration sur cette collaboration singulière, qu’il considère comme un moment fort de la série.
Un monologue complexe confié au dernier moment
Le souvenir raconté par Astier concerne une scène particulièrement exigeante : un long monologue d’environ quatre pages, à tourner en plan séquence. Autrement dit, sans interruption possible, sans coupe – et donc sans droit à l’erreur.
Le problème ? Pierre Mondy ne découvre le texte que le matin même. Astier, conscient de la difficulté, envisage alors de modifier le tournage.
C’est à ce moment-là que l’acteur vétéran, avec une simplicité désarmante, le rassure en posant une main sur son épaule et en lui lançant : “T’inquiète pas, p’tit.”
Deux prises, une précision impressionnante
Malgré les conditions, le tournage se déroule de façon presque irréelle. Astier raconte que deux prises suffisent, toutes les deux exécutées avec une précision remarquable.
Même à un âge avancé, Pierre Mondy impressionne par sa maîtrise du texte et du jeu. Une performance que le réalisateur résume avec admiration en rappelant simplement : 83 ans.
Le dernier jour de tournage de Pierre Mondy sur Kaamelott est marqué par les applaudissements traditionnels de l’équipe. Face à cet hommage, ce dernier réagit avec une forme d’humour discret en déclarant : “Les gars, j’ai vingt ans de moins.”
Un moment à la fois simple et touchant, qui renforce encore le respect de l’équipe pour lui.
Voici la scène iconique :
Les propos cash d’Alexandre Astier sur sa carrière télévisée
Dans la même conférence, Alexandre Astier a tenu des propos très fermes sur le traitement réservé selon lui à Pierre Mondy dans certaines productions télévisées. Il s’est notamment emporté contre des choix de mise en scène et de rôle qu’il juge peu adaptés à l’ampleur du comédien.
Il a notamment déclaré : “Ça veut dire qu’il a fallu un connard comme moi pour qu’il ait un texte qui lui plaise depuis 20 ans. Donc je vais dire un truc. Ça ne se dit pas, mais je vais le dire quand même. Les mecs de TF1 qui l’ont mis dans une série où il se faisait lui-même chier, je les emmerde. Je ne vise personne en particulier, mais quand on a un mec comme ça (...), quand un mec joue comme ça, quand il sait faire ce qu’il fait, quand il a cette culture, quand il vient de là où il vient (...), on ne va pas à 30 km/h avec une Ferrari, c’est blasphème.”
CALT
Un recul plus nuancé avec le temps
Des années plus tard, Alexandre Astier est revenu sur ces propos avec davantage de distance et de nuance. En 2024, dans le podcast LEGEND, il a reconnu que son jugement était excessif.
“C’était un peu con ce que j’avais dit à l’époque”, a-t-il déclaré, nuançant ensuite sa pensée en expliquant que la série dans laquelle jouait Pierre Mondy lui permettait malgré tout de continuer à travailler et d’être visible du public, même si le rôle ne lui semblait pas à la hauteur de son talent.
Pierre Mondy, une figure majeure du théâtre et du cinéma français
Décédé en 2012, Pierre Mondy a laissé derrière lui une carrière riche et populaire. Acteur de théâtre avant tout, il s’est notamment illustré dans la pièce Oscar, où il a été le premier à interpréter le rôle-titre sur scène, avant de collaborer avec Louis de Funès en mise en scène.
Il apparaît au cinéma dès la fin des années 1940, obtenant des rôles marquants dans les décennies suivantes, notamment dans Austerlitz d’Abel Gance. Mais c’est aussi le grand public qui le découvrira ensuite dans la comédie culte Mais où est donc passée la septième compagnie ? en 1973, suivie de ses suites à succès.
À la télévision, il deviendra un visage familier grâce à son rôle dans Les Cordier, juge et flic, puis avec la série Commissaire Cordier, qui prolongera sa popularité jusqu’à la fin des années 2000.
Un héritage ravivé par Kaamelott
Au-delà de la simple anecdote de tournage, la participation de Pierre Mondy à Kaamelott a contribué à remettre en lumière l’ampleur de son talent auprès d’un public plus jeune. Les propos d’Alexandre Astier, largement relayés en ligne depuis des années, ont également participé à entretenir cette redécouverte.
Une chose reste certaine : cette rencontre entre un acteur légendaire et un créateur exigeant a donné naissance à un souvenir de plateau devenu presque mythique.
Kaamelott, la série, est aujourd’hui à retrouver sur M6+, ou bien en VOD.
AlloCiné, c’est tous les jours plus de 40 articles traitant de l’actualité du cinéma et des séries, des interviews, des recommandations streaming, des anecdotes insolites et cinéphiles sur vos films et vos séries préférés. Vous abonner à AlloCiné sur Google Discover, c’est l’assurance d’explorer au quotidien les richesses d’un site conçu par des passionnés pour des passionnés.