Ce soir à la télé : noté 4 sur 5, c'est l'un des plus grands chefs-d'œuvre du western
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Chaque jour, AlloCiné vous recommande un film à (re)voir à la télé. Ce soir : qui viendra à bout du sanguinaire Liberty Valance ? Quand John Ford revisite la légende de la conquête de l'Ouest, il réalise un chef-d'œuvre du western, à voir sur Arte.

Réalisateur prolifique avec plus de cent films à son actif, totem absolu du cinéma américain et même du cinéma tout court, toujours vénéré par quantité de cinéastes (dont Martin Scorsese, bien entendu, ou Steven Spielberg), John Ford est à juste titre considéré comme l'un des cinéastes les plus influents dans l'Histoire du cinéma.

Il fut l'incarnation même d'une certaine Amérique, refaçonnant à son compte les mythes fondateurs des Etats-Unis et ses figures pionnières, notamment dans ses westerns, imprimant profondément la mémoire collective des Américains.

Ford fut un cinéaste aussi respecté qu'il était notoirement d'un tempérament très difficile, pour ne pas dire tyrannique, sur les plateaux de tournage, ne se privant pas de malmener et d'agresser verbalement ses acteurs. Parmi eux, sa collaboration avec John Wayne est largement passée à la postérité. En 1962, elle accouche encore une fois d'un classique, et qui sera d'ailleurs l'ultime film tourné en noir et blanc par le cinéaste : L'homme qui tua Liberty Valance.

L'Homme qui tua Liberty Valance
L'Homme qui tua Liberty Valance
De John Ford
Avec John Wayne, James Stewart, Lee Marvin
Sortie le 3 octobre 1962
Presse
4,9
Spectateurs
4,0
Voir sur Arte

L'histoire ? Un homme politique reconnu, Ransom Stoddad, assiste à l'enterrement de son ami Tom Doniphon avec sa femme. C'est pour lui l'occasion de revenir avec un journaliste sur les moments importants de sa vie, notamment son arrivée dans l'Ouest, l'arrestation de sa diligance par le célèbre bandit Liberty Valance, sa volonté de se venger de celui-ci. Jadis, Doniphon était devenu son allié...

Vous avez demandé un chef-d'oeuvre absolu ? Bonne pioche ! La mise en scène magistrale de Ford dans L'homme qui tua Liberty Valance fascine à chaque plan (cf. l'écran de fumée qui annonce le flash-back au début du film) et dévoile un visage totalement désenchanté, à mille lieues de l'optimisme qui innervait Vers sa destinée ou L'Homme tranquille.

Les Etats-Unis vomissent le mensonge et la trahison, or Ford suggère que la démocratie américaine est justement née... d'un mensonge et d'une trahison. De là l'une des répliques les plus célèbres de l'Histoire du cinéma : "Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende". Et quelle idée de génie d'avoir fait du gentil James Stewart l'incarnation de cette trahison ! Vous connaissiez le rêve américain, Ford vous propose le plus douloureux des réveils.

Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.
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