2 mois seulement après Colony, le réalisateur du Dernier train pour Busan est déjà de retour au cinéma, avec un thriller garanti sans zombie
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Révélé au grand public grâce à "Dernier train pour Busan", Yeon Sang-ho est déjà de retour sur nos écrans, deux mois après "Colony", grâce à "The Ugly". Un thriller très différent et plus minimaliste sous forme d'enquête.

Ça parle de quoi ?

Aveugle de naissance, un maître artisan, admiré pour la beauté des sceaux qu’il grave, vit reclus avec son fils unique. Mais cette paix vole en éclats lorsque les ossements de sa femme, disparue quarante ans plus tôt, sont découverts. Son fils entreprend alors de mener l’enquête sur ce passé. Cette quête de vérité va dévoiler de lourds secrets, de ceux qui touchent à la laideur humaine.

The Ugly
The Ugly
Sortie : 29 juillet 2026 | 1h 42min
De Sang-Ho Yeon
Avec Jeong Min Park, Hae-hyo Kwon, Shin Hyon Bin
Presse
3,2
Spectateurs
3,4
Séances (100)

The Ugly Truth

En 2016, Yeon Sang-ho faisait forte impression avec son Dernier train pour Busan, qui revigorait le film de zombies et confirmait la vitalité coréenne en matière de cinéma de genre. Quatre ans plus tard, le cinéaste a remis le couvert et déçu avec Peninsula, puis il s'est tourné vers le petit écran (Jung-E ou la série Hellbound, crée par ses soins), avant de nous séduire de nouveau grâce à Colony il y a quelques mois. Et le revoici dès aujourd'hui avec The Ugly, qui devait initialement sortir avant, au mois de février, avant de privilégier l'été.

Autant être clairs d'entrée de jeu : il n'est pas nécessaire d'avoir vu ces films de zombies, ni même d'apprécier l'horreur en général, pour voir celui-ci, qui n'est "que" un thriller sous forme d'enquête située entre présent et passé, et articulé autour d'une histoire de famille. Celle d'un homme dont les restes de la mère, disparue quatre décennies plus tôt, sont retrouvés, et qui décide d'aller chercher la vérité autour de son sort, quitte à découvrir des secrets longtemps enfouis.

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De fait, le titre renvoie aussi bien à la laideur supposée de la mère d'Im Dong-hwan aux yeux des hommes qui l'entourent, mais également à la noirceur d'âme de ces derniers, Yeon Sang-ho se servant du point de départ de son intrigue et de sa double temporalité pour mêler à son récit policier des éléments sociétaux tels que les apparences ou la condition des femmes, et ainsi dresser un portrait de la Corée des années 70 et 80, qu'il met en parallèle avec le présent.

Une idée classique mais bien exécutée, et renforcée par le fait d'avoir le même acteur, Park Jeong-min, pour jouer le personnage principal et le rôle de son père jeune (la version plus âgée étant quant à elle incarnée par Kwon Hae-hyo). Avec cet opus tourné en treize jours, Yeon Sang-ho s'est donc offert un autre défi qu'avec ses opus horrifiques, où l'urgence était moins sur l'écran qu'en-dehors, et dans lequel il joue avec les époques et la manière de le représenter, tout en faisant progresser son enquête.

"Un film réalisé d’une façon particulière, presque comme faire de l'animation indépendante"

Et le réalisateur ne restera, à nouveau, pas très éloigné des écrans : alors qu'il n'exclut par de faire à suite à Colony, son prochain long métrage est déjà tourné et sera présenté au Festival de Toronto à la rentrée. Intitulé Paradise Lost, "c'est un film réalisé d’une façon particulière, presque comme faire de l'animation indépendante", disait-il à la presse coréenne en mai dernier. "Un projet qui fera se demander aux gens pourquoi on l'a fait." Aujourd'hui, on veut surtout savoir quand on le verra.

Maximilien Pierrette
Maximilien Pierrette
-Rédacteur cinéma
Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.