Kyma : comment est née la créature de ce film de science-fiction français ?
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Deuxième long métrage produit par Parasomnia, après "37 : l'ombre et la proie", "Kyma, l'onde mystérieuse" joue la carte de la science-fiction et de l'hommage au cinéma des années 80 (Amblin en tête), et fait preuve de créativité avec sa créature.

Ça parle de quoi ?

Tony, adolescent solitaire passionné par les animaux, voit son existence bouleversée lorsqu’il rencontre dans son petit village une créature mystérieuse : la Kyma, onde sonore vivante capable de briser la matière. Tony l’apprivoise, sans réaliser le danger qu’elle représente…

Kyma, l’onde mystérieuse
Kyma, l’onde mystérieuse
Sortie : 5 août 2026 | 1h 29min
De Romain Daudet-Jahan
Avec Jules Lefebvre, Lucy Loste Berset, Mamadou Haïdara
Presse
2,9
Spectateurs
3,2
Séances (143)

Amblin ou en mal

Sorti en novembre 2024, 37 : l'ombre et la proie n'était pas seulement un thriller français sur les tourments d'un chauffeur-routier aux côtés de la passagère qu'il a prise en stop, mais également le tout premier long métrage produit par Parasomnia, studio affilié à Sony et destiné à faire naître des films de genre dans l'Hexagone, avec des budgets réduits, en suivant le modèle de l'Américain Blumhouse, le stars qui acceptent un cachet minime au profit d'un intéressement sur les recettes en moins. Pour le moment.

Un et demi après, leur second bébé s'appelle Kyma, l'onde mystérieuse, et il joue la carte de la science-fiction avec un groupe d'adolescents dont la vie et celle de leur village est bouleversée par l'apparition d'une créature dont les manifestations sont avant tout sonores. Si, à la lecture de ces lignes et du synopsis, vous pensez à Stranger Things, c'est tout à fait compréhensible, car le réalisateur Romain Daudet-Jahan, dont il s'agit du premier long métrage, partage avec les frères Duffer le cinéma des années 80 et 90, et surtout celui de Steven Spielberg et de sa boîte de production Amblin, comme référence principale.

Sony Pictures Releasing France

Dire de Kyma qu'il est le Stranger Things français serait cependant erroné, car les deux oeuvres ne partagent pas le même budget, et se déroulent à des époques différentes. L'action du film sorti ce mercredi 5 août dans nos salles se passe en effet de nos jours, et le metteur en scène y redouble d'inventivité pour représenter sa créature, à la fois invisible mais bien vibrante : "J'ai toujours voulu qu'on ne l'envisage pas comme un objet, mais vraiment comme un personnage avec des émotions, dont les fréquences changent en fonction de son état", dit-il dans le dossier de presse pour expliquer son approche, loin de ces extra-terrestres anthropomorphes dont il dit être lassé.

À l'aide de matériel sportif, d'un souffleur de feuilles ou d'un moteur de chantier, le chef accessoiriste a ainsi aider à rendre la Kyma tangible, aussi bien sur le tournage qu'à l'écran, en créant une série de vibrations, alors que le cinéaste s'est appuyé sur le phénomène réel des figures de Chladni, motifs géométriques formés par une poudre sur une plaque vibrante, nommées ainsi en l'honneur du savant allemand Ernst Chladni, pour représenter cette entité intra-terrestre.

"Un personnage avec des émotions, dont les fréquences changent en fonction de son état"

Tourné dans le Grand-Est, où l'ambition était de filmer un quotidien banal pour y insuffler une dimension d'inquiétante étrangeté, en s'inspirant aussi bien des productions Amblin que des récits de Jules Verne, Kyma, l'onde mystérieuse parvient ainsi à aller au-delà des contraintes de son budget (un petit million d'euros) pour rendre hommage à tout un pan de la pop culture, sans sacrifier son identité, et en rappelant que le cinéma de genre a bel et bien un avenir dans l'Hexagone.

Maximilien Pierrette
Maximilien Pierrette
-Rédacteur cinéma
Happé par la galaxie lointaine de Star Wars à la vitesse lumière, estomaqué par Matrix, envoûté par 2001, captivé par les batailles de la Terre du Milieu, effrayé par les dinos de Jurassic Park… Il doit quelques-unes de ses plus belles claques à ces univers qui l’ont fait voyager en restant assis.