Et Soudain, le plus beau rôle de Virginie Efira ! L'actrice illumine le film fleuve de ce très grand réalisateur oscarisé
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"Soudain" de Ryūsuke Hamaguchi qui a valu un prix d'interprétation ex-aequo pour ses deux interprètes principales arrive au cinéma ce mercredi, Virginie Efira et Tao Okamoto. Le plus beau rôle de la carrière de Virginie Efira ?

De quoi ça parle ?

Directrice d'un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d'y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l'écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire. En nouant une amitié profonde, les deux femmes engagent ensemble un combat pour “rendre possible l’impossible”.

Soudain
Soudain
Sortie : 12 août 2026 | 3h 15min
De Ryūsuke Hamaguchi
Avec Virginie Efira, Tao Okamoto, Kodai Kurosaki
Presse
4,2
Spectateurs
3,9
Séances (437)

Et si Soudain était le plus beau rôle de toute la carrière de Virginie Efira ? L'actrice, qui vient tout juste de recevoir un nouveau prix honorifique au prestigieux Festival de Locarno, a été récompensée de la plus haute distinction de toute sa carrière, en mai dernier, pour ce film : le prix d'interprétation du Festival de Cannes. Un trophée partagé avec Tao Okamoto, sa partenaire sur ce projet hors normes.

Soudain est un film fleuve, de plus de 3 heures, centré sur de longs échanges entre les deux personnages principaux. C'est sans doute le projet qui a nécessité la préparation la plus complexe pour l'actrice, puisqu'elle a dû apprendre le japonais afin de pouvoir le parler lors des longues séquences d'échanges avec Tao Okamoto.

L'adaptation d'une correspondance entre deux femmes

Ce nouveau film du cinéaste japonais est l'adaptation d'un livre de Makiko Miyano et Maho Isono, intitulé en anglais "You and I – The Illness Suddenly Get Worse".

Ce livre repose sur une correspondance réelle entre deux femmes. Dans ces lettres, toutes deux échangent des réflexions, notamment sur la question du hasard et du risque. Leur relation épistolaire (qui prend la forme d'échanges réels dans le film) va prendre un tour plus personnel lorsque la santé de l'une d'elle va se dégrader brutalement.

Dans le film coécrit par Ryūsuke Hamaguchi et Léa Le Dina, l'histoire du livre est transposée en grande partie en France. L'une est une infirmière française, l'autre directrice de théâtre japonaise (Tao Okamaoto).

Une préparation particulière pour parler japonais

Mais comment a-t-elle appris le japonais ? Elle nous répond dans cet extrait de notre émission Grand Ecran *.

"D’abord, il m'a demandé d'apprendre à lire. Je me suis dit : "Attends, est-ce qu'on va avoir le temps de tout ça ?" Comme c'est quelqu'un à qui je dis oui quand il demande quelque chose... Il faut rentrer à l'intérieur, donc il faut apprendre les sons.

J'avais un professeur, j'avais même deux professeurs de japonais. Il fallait à la fois apprendre tout en connaissant, comprenant ce que les mots voulaient dire. Mais les mots ne sont pas mis dans le même ordre, donc c'est une autre grammaire. La grammaire influe sur une manière de penser, parfois sur l'émotion, elle n'est pas dite de la même manière.

Il y a quelque chose dans cette culture qui est plus pudique aussi. (...) Et après, j'ai demandé à Ryūsuke de m'enregistrer sa voix, parce que d'abord, j’apprenais aussi moi-même, presque avec des moyens mnémotechniques, quoi."

Je me souviens un moment d'ailleurs... J'étais en plein apprentissage. Je suis à un dîner, il y a Jonathan Cohen qui est mon ami que j'adore, qui est là. Je dis : "Non mais le japonais, franchement c'est génial !" et je commence à à dire un peu de mon texte. Et il me dit : "Virginie, on dirait du hongrois." Je fais : "Oh p*****, il m'avait démoralisée !" [rire] Vraiment ! Donc j'étais beaucoup trop jeune pour essayer de le faire à quelqu'un d'autre. Mais qu'il aille voir le film, il verra !"

L'intégralité de l'émission Grand Ecran :

"On aura vécu ça"

Virginie Efira a livré un discours très touchant lors de la cérémonie de clôture du Festival de Cannes. Un discours reflétant bien l'expérience à part qu'a représentée ce film.

"C’était une joie et un honneur à chaque instant. Beaucoup de gens passés ici ont souligné le fait que cette aventure était collective, et c’est vraiment ce que nous avons tous vécu. Je pense aux membres de l’équipe qui n’arrêtent pas de me répéter : "On aura vécu ça".

À chaque moment sur le tournage, c’est peut-être la fois où j’ai le plus ressenti cette collectivité, tout le temps. Ryūsuke nous a fait vivre une aventure — ou plutôt non, "aventure" est un mot trop petit — il nous a fait vivre une expérience de vie qui restera gravée à jamais.

Nous avons parlé de choses difficiles, et ce qui est réussi et relève pour moi d’un courage inouï, c’est qu’on peut penser deux choses contradictoires à la fois : la situation est certes désespérée, mais il ne faut pas renoncer à la changer. C’est cela que Ryūsuke regarde tout le temps : il regarde la meilleure partie de nous, et elle se met alors davantage à exister. Merci infiniment pour cela."

Le discours de Tao Okamoto

"En fait, moi, une simple actrice japonaise, si je suis ici aujourd'hui, c'est grâce à notre réalisateur absolument incroyable. À son écriture, sa direction, son soutien...Ma collègue a tout dit, mais il y avait cet amour, ce respect, non seulement pour nous deux, mais pour toute l'équipe et tous les acteurs du film.

Ressentir cet amour sur le plateau au quotidien, c'était magnifique, et cela nous donne le courage de poursuivre dans cette voie. Merci infiniment de nous avoir reconnus en tant que "couple", en quelque sorte. C'était incroyable. Il n'y a pas beaucoup de films où deux femmes se rencontrent comme nous nous sommes rencontrées. Donc, cela va bien au-delà de toutes mes espérances. Merci infiniment."

* Entretien mené par Emilie Papatheodorou. La version longue de cette émission sera disponible prochainement

Soudain de Ryūsuke Hamaguchi est au cinéma ce mercredi 12 août 2026.

Brigitte Baronnet
Brigitte Baronnet
-Journaliste cinéma
Passionnée par le cinéma français, adorant arpenter les festivals, elle est journaliste pour AlloCiné depuis 15 ans.
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