En 1977, le grand public découvre l'oeuvre fondatrice d'une immense saga de science-fiction créée par George Lucas : Star Wars Un Nouvel espoir. Et si ce film a eu autant de succès, ce n'est pas uniquement grâce à son univers passionnant et se personnages fascinants !
Un musicien de génie
En effet, si Star Wars a aujourd'hui une identité particulièrement puissante, c'est en grande partie grâce à la musique composée par le maestro John Williams ! Evidemment, il y a le thème principal, qui est majestueux, mais nous allons parler ici d'une autre mélodie, qui a marqué des millions de fans : La Marche impériale !
Quand ses premières notes retentissent dans L'Empire contre-attaque en 1980, on sent tout de suite qu'elle est construite pour évoquer immédiatement la puissance, la menace et l’autorité. Cette musique est tellement parfaite pour accompagner les apparitions de Dark Vador, grand méchant de la saga intergalactique.
John Williams lui a donné volontairement une couleur grave, menaçante et dramatique, avec une tonalité martiale prononcée. Le morceau repose ainsi sur un rythme très régulier, presque militaire, avec des temps fortement accentués. On a vraiment la sensation d'une armée qui avance.
A noter que les cuivres sont omniprésents, avec trompettes, trombones et cors, jouant un rôle majeur. Leur son massif et éclatant donne au thème son caractère impérial et autoritaire.
Cette fameuse musique est donc immédiatement très reconnaissable : la célèbre cellule initiale, avec ses notes répétées et ses grands intervalles, est extrêmement simple mais très efficace. Elle donne une impression de menace qui s'affirme.
Une mélopée magistrale
De plus, les timbales et les autres percussions puissantes renforcent les accents et donnent au morceau son côté monumental. On sent une orchestration massive, John Williams faisant alterner et superposer les familles de l'orchestre. Les cordes, notamment, apportent du mouvement sous les cuivres, tandis que les bois peuvent ajouter des éléments plus rapides et nerveux.
Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que la musique ne se contente pas d'être triste ou menaçante ; elle est volontairement grandiose. Le morceau donne presque une dimension héroïque à l'Empire, et c'est précisément ce paradoxe qui fonctionne si bien. Musicalement, on entend quelque chose qui pourrait accompagner un héros victorieux, mais le contexte nous dit que cette grandeur appartient au camp ennemi.
Grâce à tout cela, le cerveau associe naturellement cette musique à la rigueur militaire, à l'organisation, à la force collective. Et surtout, le rythme est difficile à ignorer car il impose sa présence, tout comme le fait Dark Vador.
John Williams a réussi l'exploit de mélanger peur et grandeur dans ses notes, et c'est probablement l'un des coups de génie du célèbre compositeur. La musique est menaçante, mais elle est également magnifique et majestueuse. L'Empire n'est donc pas présenté musicalement comme une bande de méchants ridicules. Il est présenté comme immense, puissant, organisé, presque mythologique.
Lucasfilm
Indissociable de Dark Vador
La première fois qu'on entend ce thème associé à Dark Vador, la musique et le personnage se soudent dans la mémoire. Après plusieurs répétitions, la relation devient presque automatique : Marche impériale signifie Empire, Dark Vador, et une menace mortelle.
Et inversement, même si tu entends la musique sans voir le film, ton imagination peut immédiatement faire apparaître Dark Vador. La musique est devenue une sorte de langage.
Et il y a peut-être une chose encore plus intéressante ! La Marche impériale est devenue plus grande que la saga. Aujourd'hui, quelqu'un qui n'a jamais vu Star Wars peut entendre ces quelques notes et comprendre instinctivement : méchant puissant, armée, autorité, menace.
C'est le sommet de ce qu'on peut appeler un leitmotiv culturel : une mélodie finit par représenter une idée dans l'imaginaire collectif. C'est pour ça que les premières notes sont si impressionnantes. Elles ne font pas que rappeler une musique, mais incarnent tout un univers.
Lors d'un entretien pour Music Web International en 1999, il a été demandé à John Williams s'il pensait, en composant Star Wars, à créer des thèmes facilement mémorisables. Sa réponse est très révélatrice.
Une musique "simple et directe"
Pour lui, la musique de film doit être simple et directe, parce que le spectateur ne lui accorde pas toute son attention. Il entend en même temps les dialogues, les effets sonores et regarde l'image. Il faut donc que la musique puisse être comprise note après note.
Et le plus beau, c'est que George Lucas n'a pas composé la Marche impériale, et John Williams n'a pas créé Vador. Pourtant, les deux ont créé ensemble un personnage qui possède presque une identité musicale aussi forte que son identité visuelle.
Fun fact : quand le réalisateur a décidé de revenir sur l'enfance et le parcours d'Anakin Skywalker, avant qu'il ne devienne Dark Vador, il a offert un très beau défi à John Williams : raconter Anakin en musique avant le Seigneur Sith.
Le musicien a donc pris des intervalles de la Marche impériale, les a inversés ou réorganisés, puis les a transformés harmoniquement pour créer le thème d'Anakin. C'est particulièrement cohérent avec l'idée de Lucas d'une tragédie mythologique.
Lucasfilm
Le créateur de la franchise avait donc compris quelque chose de fondamental. La puissance de Star Wars vient beaucoup du fait que l'image et la musique racontent parfois la même chose à deux niveaux différents.
L'image dit : Voici Dark Vador, et la musique dit : Voici ce que Dark Vador représente. Et après suffisamment de répétitions, le symbole devient tellement puissant que les spectateur n'a même plus besoin de l'image. Du génie, tout simplement.
La saga Star Wars est disponible sur Disney+.