C’est l'une des scènes d'ouverture les plus transgressives du cinéma : 30 ans après, elle continue de fasciner
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Il y a déjà un peu plus de 30 ans, monsieur Danny Boyle nous mettait une gigantesque baffe avec une oeuvre choc, dont la scène d'ouverture a marqué des millions de spectateurs !

En 1996, un certain Danny Boyle nous offrait une oeuvre coup de poing qui allait marquer des générations entières de spectateurs : Trainspotting ! Emmené par un tout jeune Ewan McGregor âgé de 25 ans, le film nous transporte à Edimbourg, aux côtés de Mark Renton.

Trainspotting
Trainspotting
De Danny Boyle
Avec Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller
Sortie le 19 juin 1996
Presse
3,4
Spectateurs
4,1
Disponible sur HBO MAX

Des jeunes marginaux

Ce dernier tente de trouver sa place dans une jeunesse marquée par l’ennui, les excès et la recherche de sensations fortes. Entouré d’un groupe d’amis aussi attachants qu’imprévisibles, il navigue entre soirées, combines et consommation de drogues.

Renton est partagé entre son désir de s’affranchir de cette vie et l’attraction qu’elle continue d’exercer sur lui. Ses amis, chacun avec sa personnalité et ses propres failles, rendent cette échappée particulièrement difficile.

Entre humour noir, violence et moments de lucidité, le film dépeint une jeunesse en marge de la société. La drogue devient à la fois un refuge, une obsession et un moyen de fuir un quotidien sans perspective. Mais Renton commence à se demander s’il existe une autre façon de vivre.

Le groupe est confronté aux conséquences de ses choix et aux tensions qui fragilisent leurs relations. À travers leur quotidien chaotique, Trainspotting explore la dépendance, l’amitié, l’aliénation et le désir de changer. Un film aussi provocateur que drôle, qui pose une question simple : que signifie vraiment : "choisir sa vie" ?

Et cette interrogation marque avec panache et dynamisme la mythique scène d'ouverture, avec ce monologue devenue célèbre, scandé par Mark Renton, alias Ewan McGregor.

Universal

Un monologue grinçant

"Choisir la vie, choisir un boulot, choisir une carrière, choisir une famille, choisir une putain de télé à la con, choisir des machines à laver, des bagnoles, des platines laser, des ouvre-boîtes électroniques. Choisir la santé, un faible taux de cholestérol et une bonne mutuelle, choisir les prêts à taux fixes, choisir son petit pavillon, choisir ses amis."

"Choisir son survêt' et le sac qui va avec, choisir son canapé avec les deux fauteuils, le tout à crédit, avec un choix de tissu de merde, choisir de bricoler le dimanche matin en s'interrogeant sur le sens de sa vie, choisir de s'affaler sur ce putain de canapé et se lobotomiser aux jeux télé en se bourrant de McDo."

"Choisir de pourrir à l'hospice et de finir en se pissant dessus dans la misère, en réalisant qu'on fait honte aux enfants niqués de la tête qu'on a pondus pour qu'ils prennent le relais."

"Choisir son avenir, choisir la vie. Pourquoi je ferais une chose pareille ? J'ai choisi de ne pas choisir la vie, j'ai choisi autre chose. Les raisons ? Y a pas de raison. On n'a pas besoin de raison quand on a l'héroïne."

Une scène d'ouverture radicale

En 2 minutes, cette scène résume presque tout le film, sans avoir besoin de l’expliquer. Ce monologue détourne de façon jubilatoire le discours classique sur la réussite : travail, famille, maison, consommation… Mark Renton présente tout cela comme une forme de prison. C’est à la fois drôle, provocateur et profondément nihiliste.

Danny Boyle installe immédiatement un contraste entre les paroles et les images, ce qui est essentiel pour son récit. Renton parle du choix de la vie tandis qu’on voit des personnages courir, fuir, consommer de la drogue et vivre en marge. Par ailleurs, la course dans la rue donne immédiatement au film une énergie folle. La caméra, le montage et la musique donnent l’impression d’être propulsé dans leur monde plutôt que de simplement l’observer.

De plus, le langage est brutal et très oral, autant en VO qu'en VF (avec un génial Damien Witecka sur Renton), et on se laisse prendre dans ce tourbillon. Les insultes et les expressions familières donnent une impression d’authenticité et installent immédiatement la personnalité de Renton. La scène présente une philosophie, pas seulement des personnages.

Si cette séquence d'ouverture, aussi puissante qu'énergique, a autant marqué les esprits, c'est aussi pour son refus de juger immédiatement ses protagonistes. Le propos est provocateur, mais aussi suffisamment lucide pour qu’on comprenne pourquoi cette vie peut leur sembler préférable à celle qu’on leur propose.

En résumé, l’ouverture fonctionne comme un manifeste : elle donne le ton, présente la vision du monde de Renton et annonce le conflit central du film entre la liberté, l’autodestruction et la pression de mener une vie normale. A l'époque, au milieu des années 90, Trainspotting a mis un véritable un coup de pied dans la fourmilière, et sa scène d'ouverture a marqué à jamais des millions de gens !

Et si vous voulez (re)voir ce chef-d'oeuvre, sachez qu'il est disponible sur la plateforme HBO Max.

Vincent Formica
Vincent Formica
-Journaliste cinéma
Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.