Exclu. Festival de la Fiction de La Rochelle : "On m'a proposé un truc un peu dingue, drôle, déjanté", que prépare Clémentine Célarié après Le Diplôme ?
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À l'occasion du Festival de la Fiction de La Rochelle, dont elle est la présidente du jury, AlloCiné a rencontré Clémentine Célarié afin de discuter de son rapport à la télévision et aux séries.

Denis Guignebourg / Bestimage
Par Jennifer Radier

Ce mardi 15 septembre a marqué l’ouverture du Festival de la Fiction de La Rochelle. Après Virginie Grimaldi l’an dernier, c’est désormais au tour de Clémentine Célarié d’endosser le rôle de présidente du jury pour cette nouvelle édition.

Lors d’un entretien avec AlloCiné, Clémentine Célarié nous a parlé de son rôle de présidente, de son attachement à la fiction française et de la manière dont elle appréhende les œuvres en compétition. La comédienne, qui avait remporté l’an dernier le prix de la meilleure interprétation féminine pour Le Diplôme, est également revenue sur ce moment particulier et sur ses nombreux projets à venir.

AlloCiné : Qu'est-ce que cela vous fait d'être la présidente du jury du Festival de la fiction de La Rochelle ?

Clémentine Célarié : Je suis très heureuse. Je suis très pour le collectif, je ne suis pas du tout pour la hiérarchie. Je suis très contente d'être passée du 'je' au 'nous'. C'est génial de découvrir les sensibilités de chacun, de voir la façon dont chacun reçoit les œuvres, ce qu'il ressent. Je sens que chacun a son univers, ses attentes. C'est passionnant. On va découvrir de belles choses, de nouvelles créations. C'est un véritable cadeau et je le prends avec bonheur.

Est-ce que vous avez des genres de prédilection ?

Moi, ce que j'aime, c'est être retournée. J'aime être complètement emportée, dézinguée par quelque chose, avoir la tête retournée. Il faut que tout soit très crédible pour que je puisse vraiment être emportée. Je suis évidemment plus sensible aux émotions qu'à la froideur. La froideur, j'ai beaucoup de mal. Pour moi, l'émotion, c'est l'humanité, c'est la base de tout. Donc, que ce soit dans un drame, une comédie ou quelque chose de complètement dingue, j'aime être emportée parce que c'est très fort et que c'est très bien fait.

Les fictions françaises osent davantage chaque année et certaines ont à cœur de s'intéresser à des sujets de société forts. Est-ce important pour vous qu'on parle de ces choses-là ?

C'est la base ! C'est très important de traiter des sujets vécus par tous, qu'ils soient quelquefois graves ou quelquefois drôles, de façon artistique, parce que ça transcende. Et puis ça brise les tabous. C'est le reflet de notre société mais avec une patte artistique, de la créativité. Et c'est ça qui est intéressant.

L'an dernier, vous avez remporté le prix de la meilleure interprétation féminine lors du Festival de la Fiction de La Rochelle pour votre performance dans Le Diplôme. Comment avez-vous vécu ce moment ?

Je l'ai vécu merveilleusement bien ! J'étais très heureuse de pouvoir partager ce prix avec toutes les femmes qui sont victimes de violences conjugales. Il y en a énormément, bien plus qu'on ne le croit. Moi-même, je l'ai vécu.

J'étais donc très heureuse de pouvoir parler de ça, d'avoir aussi revécu artistiquement cette chose avec Charles Berling, qui est un acteur exceptionnel et extrêmement généreux. C'est très bien fait, c'est très bien joué et c'est essentiel de parler de ça.

Il y a des femmes qui me disent encore à l'oreille "Merci". Pourquoi elles me le disent à l'oreille ? Parce qu'on a honte, parce qu'on n'est pas comprises, parce que les gens nous jugent.

Le problème, c'est l'amour. C'est qu'on aime la personne qui nous fait du mal. Et même si ça fait mal, on l'aime, parce qu'on l'aime, et on se dit que ce n'est pas possible. C'est tout un marasme abyssal. C'est très important de parler de ça donc j'étais très heureuse.

Comment choisissez-vous vos rôles ?

Récemment, on m'a proposé un truc un peu dingue, drôle, complètement déjanté. Ça, ça me plaît. J'aime les choses fortes, extrêmes. C'est éclatant de faire ça.

Et puis, dans les choses dramatiques, j'aime aussi les choses très fortes. Plus ça va, plus j'aime ça et plus j'ai envie de l'assumer. La maturité, c'est vraiment libérateur pour moi.

Évidemment, il faut que ça ait un sens, mais ce n'est pas pour racoler. Je ne pense jamais à ce que les gens vont penser de moi. J'ai besoin d'être prise par l'histoire, de me dire : 'Ah oui, put**n !'. Il faut que ça me fasse quelque chose, que ça me donne vraiment envie.

Avez-vous des projets à venir dont vous pouvez parler ?

Je viens de tourner dans Ensemble pour Arte. J'ai aussi joué dans un long-métrage qui s'appelle Claude, de Clément Michel, avec André Dussollier, Valérie Donzelli et Kyan Khojandi. C'est très chouette, ça sort à la fin de l'année.

J'ai également joué dans La Guerre des beaux-pères, avec Arnaud Ducret, Émilie Caen et Romain Lancry. Et d'ici la fin de l'année, je vais faire un film pour la télévision que j'aime beaucoup, avec un univers fort.

Et puis, entre-temps, j'écris. J'ai fait une pièce à Avignon qui s'appelle Mon Cowboy. Je veux que ce soit un film, donc je suis en train d'en écrire le scénario. Je suis aussi en train de terminer mon roman.

L'année prochaine, j'ai la tournée de Potiche. J'ai vraiment beaucoup de chance !

Jennifer Radier
Jennifer Radier
-Journaliste séries
Adepte de la zapette depuis toute petite, elle a vécu mille et une vies devant sa télévision et décortique avec passion tout ce qui passe sur le petit écran.
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