Entre "chef d'œuvre" et "arnaque" : 9 ans après sa sortie, cette Palme d'or quitte bientôt Netflix !
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Il ne vous reste que quelques jours pour visionner pas moins de 3 films signés Ruben Östlund avant qu'ils ne quittent Netflix. L’occasion de revenir sur la première Palme d’or du réalisateur, qui continue de diviser encore aujourd’hui !

Par Clément Schmidt

Nous sommes en 2017, et le Festival de Cannes fête ses 75 ans. La compétition bat son plein et les pronostics pour la future Palme d’or sont difficiles : Okja, 120 Battements par Minute, Mise à Mort du Cerf Sacré, A Beautiful Day… Les films de très grande qualité se bousculent au portillon. Mais le soir de la cérémonie de clôture, c’est finalement un outsider suédois que personne n’avait vu venir qui rafle la mise !

The Square
The Square
Sortie : 18 octobre 2017 | 2h 22min
De Ruben Östlund
Avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West
Presse
3,2
Spectateurs
3,3
Streaming

Il faut dire que dès sa présentation sur la Croisette, The Square de Ruben Östlund avait violemment divisé, scindant les spectateurs en deux camps presque irréconciliables. Entre “chef d'œuvre” et “arnaque”, les qualificatifs fusaient pour qualifier le 3e long-métrage du réalisateur. 9 ans plus tard, et alors qu’il quitte bientôt Netflix, on a hâte de voir dans quel camp vous allez vous situer !

De quoi ça parle ?

Christian est un père divorcé qui aime consacrer du temps à ses enfants. Conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain, il fait aussi partie de ces gens qui roulent en voiture électrique et soutiennent les grandes causes humanitaires.

Il prépare sa prochaine exposition, intitulée "The Square", autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leurs prochains. Mais il est parfois difficile de vivre en accord avec ses valeurs : quand Christian se fait voler son téléphone portable, sa réaction ne l’honore guère…

Bac Films

Un film (très) méchant

Ce qui frappe d’abord avec The Square, c’est que c’est un film (vraiment) méchant, qui s’attaque frontalement à la petite bourgeoisie intellectuelle dont Ruben Östlund est lui-même issu. La raison ? Une hypocrisie générale qui insupporte le réalisateur, celle de gens qui se permettent de prôner la tolérance et le partage depuis leurs luxueux appartements où ils n’invitent que ceux qui leur ressemblent.

Toute la démarche du film se résume ainsi à pousser les personnages à sortir de ce mensonge, en les plaçant dans des situations où ils devront assumer ce qu’ils sont vraiment : de sacrés hypocrites. Difficile de s’étonner que certains spectateurs aient mal pris le message.

Subtil ou lourdingue ?

Au-delà du message, c’est la façon dont Östlund le met en scène qui a aussi beaucoup divisé. Le film est-il une analyse subtile de l’hypocrisie sociale (que nous pratiquons toutes et tous) ou une comédie bête et méchante persuadée d’être du Shakespeare ?

Bac Films

Il faut dire que certaines scènes sont poussées très loin, jusqu’à frôler carrément le burlesque, et on imagine bien le sourire en coin d’Östlund lorsqu’il filme ses comédiens se débattre avec des situations carrément loufoques. Mais sont-elles irréalistes pour autant ?

Un grand film ?

Puisqu’il faut bien choisir un camp, assumons d’être de ceux qui pensent que The Square est bel et bien un grand film. Tout simplement parce qu’Östlund est un grand metteur en scène. En poussant tout à l’extrême, en faisant durer les scènes au-delà du raisonnable (10 minutes en moyenne, ce qui est énorme), c’est comme si tous ces moments devenaient des films à l’intérieur du film : un vrai kaléidoscope de cinéma.

Comme si le film sur le musée devient lui-même un musée, et chaque scène une œuvre à part entière qui étonne, émeut, fait rire, angoisse même parfois. Un coffre au trésor de cinéma, qui n’a pas volé sa Palme d’or ! Voilà c’est dit !

The Square, Snow Therapy et Sans Filtre de Ruben Östlund, quitteront Netflix le 28 septembre.

Clément Schmidt
Clément Schmidt
Horreur, thriller, docu, romance... En séries comme en films, Clément ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît.
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