Quel film emporter lorsqu’on a accès à tout le catalogue de Criterion ? Pour Marion Cotillard, la réponse s’est imposée malgré la difficulté de n’en retenir qu’un : Le Dictateur.
De passage à New York en septembre 2025, notamment pour promouvoir The Morning Show, l’actrice a participé au Criterion Closet. Le principe de cette série de vidéos : inviter des artistes à parcourir les réserves de l’éditeur américain, à sélectionner des films et à raconter ce qui les lie à ces œuvres.
Le film qui la bouleverse à chaque visionnage
Face au classique de Charles Chaplin, Marion Cotillard peine à contenir son émotion :
“C’est vraiment mon film préféré, même si je sais qu’il est difficile de choisir ou ne retenir qu’un film. C’est le film le plus humain de tous. C’est le film le plus intelligent et le plus touchant que j’ai jamais vu. Et à chaque fois que je le vois, je suis émue de la même manière, même si je connais l’histoire et les dialogues par cœur. Je pense que la dernière phrase de ce film est ‘Ecoutez’. A chaque fois, rien que d’en parler, ça me fait pleurer. C’est LE chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre.”
United Artists
Des souvenirs d’enfance aux découvertes de cinéma
Sa visite chez Criterion ne s’est pas limitée à Chaplin. L’actrice s’est aussi arrêtée sur Fanfan la tulipe, le film de Christian-Jaque avec Gérard Philipe et Gina Lollobrigida. Un choix qui la ramène aux séances partagées en famille : “Je ne sais même pas combien de fois j’ai vu ce film avec mes deux frères”, confie-t-elle, avant d’ajouter : “C’est le film de mon enfance [...] Je suis tombée amoureuse de Gérard Philippe quand j’étais petite.”
Elle a également choisi une anthologie consacrée à Agnès Varda, ainsi que Hedwig & the Angry Inch, qu’elle avait découvert au Festival du cinéma américain de Deauville alors qu’elle faisait partie du jury.
Pourquoi Le Dictateur garde une telle force
Lorsque Chaplin commence à écrire Le Dictateur en 1938, il s’engage dans un projet différent de ses précédents films sonores, Les Lumières de la ville et Les Temps modernes : ce sera son premier long-métrage véritablement parlant, construit autour de dialogues. Le tournage débute le 9 septembre 1939, quelques jours après l’invasion de la Pologne et l’entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni.
À l’écran, le cinéaste tourne en dérision Hitler et son entourage. Henry Daniell incarne Garbitsch, inspiré de Goebbels, Billy Gilbert joue Herring, une caricature de Göring, et Jack Oakie prête ses traits à Benzino Napaloni, personnage évoquant Mussolini. Chaplin passe du burlesque, comme dans la célèbre scène du globe, à un appel final à la liberté et à la tolérance. Une alliance d’humour et d’humanité qui, pour Marion Cotillard, conserve toute sa puissance.
Pour découvrir ou revoir le film préféré de Marion Cotillard, Le Dictateur est disponible en VOD.