Swann Arlaud incarne un bureaucrate médiocre qui tente de réussir en rejoignant le régime de Vichy dans Notre salut, présenté cette année en compétition au Festival de Cannes. Construit à partir de l'histoire de l'arrière-grand-père du réalisateur Emmanuel Marre, ce film sur l'Occupation pendant la Seconde Guerre mondiale a été récompensé du prix du scénario.
Le film le mieux noté est...
Longtemps cantonné aux seconds rôles au cinéma comme à la télévision, Swann Arlaud voit sa carrière prendre un tournant en 2015 avec Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore et Les Anarchistes d'Élie Wajeman.
Il remporte en 2018 le César du meilleur acteur pour Petit Paysan, puis obtient à deux reprises celui du meilleur acteur dans un second rôle : en 2020 pour Grâce à Dieu de François Ozon, puis en 2024 pour Anatomie d'une chute de Justine Triet.
Dans le film d'Ozon, sorti en 2019, il incarne l'une des victimes du père Bernard Preynat, auteur d'abus sexuels sur des mineurs au sein de l'Église catholique en France. Inspiré de faits réels, ce long métrage au travail quasi documentaire obtient la même année le Grand prix du jury à la Berlinale.
Avec plus de 5900 notes et près de 490 critiques sur AlloCiné, Grâce à Dieu affiche une note moyenne de 4,2 sur 5, se plaçant en tête de la filmographie de l'acteur.
L'avis des spectateurs
Mat niro (5/5) : "François Ozon signe ici un véritable chef-d'œuvre en dénonçant la pédophilie dans l'Église catholique française. Il s'intéresse aux agressions sexuelles commises par le père Preynat et ne s'interdit rien. Pour incarner ces enfants cabossés par leur enfance, il sait trouver les acteurs justes avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet et surtout Swann Arlaud, qui est une nouvelle fois bouleversant. Les réactions des personnes proches des victimes sont dépeintes de manière subjuguante, entre les non-dits et les soutiens. De tout cela, on retiendra la souffrance des enfants devenus adultes et le récit documenté d'un film nécessaire où François Ozon atteint le sommet de son art. Magnifique malgré la gravité du sujet !"
Floramon (5/5) : "Excellent, un film intelligent et poignant qui reste tout à fait juste, je trouve. Le casting est parfait. Malgré sa longueur, le film est captivant du début à la fin. À voir !"
Mazou31 (5/5) : "Film, ou plutôt dossier, parfaitement réalisé, sans affect pesant, sans parti pris, du moins qu'avec celui qu'on ne peut que ressentir devant l'abjection des faits et surtout la lâche hypocrisie des hommes d'Église. Un film factuel et sobre, mais qui sait essentiellement montrer avec puissance la souffrance et la destruction des victimes, mais aussi les dégâts portés aux proches (épouses, parents, enfants, amis). Une leçon de courage de la part des victimes, une douloureuse interrogation pour les parents – sauf pour quelques intégristes répugnants –, un tableau réaliste de l'abjecte lâcheté des instances catholiques. Un film parfaitement interprété, autant par les acteurs de renom que par les moins connus. Un film fort, émouvant, qu'on n'oublie pas et qui tient ce rôle social qui fait la force du cinéma."
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Christoblog du Club AlloCiné (5/5) : "Mais le plus remarquable dans ce très beau film, c'est la prestation des trois acteurs principaux. Melvil Poupaud, en fervent catholique tenace et un peu naïf, est comme d'habitude parfait. Denis Ménochet trouve dans ce film un rôle qui lui convient à merveille : athée gouailleur et gentiment éruptif, il a un petit quelque chose de Depardieu. Quant à Swann Arlaud, il livre une prestation exceptionnelle, donnant ici le meilleur de lui-même : sensible, écorché et fragile.
Le film est un miracle : il parvient à émouvoir constamment sans accabler les bourreaux, qui paraissent au final faibles et ridicules. Le meilleur film d'Ozon, et probablement un des meilleurs films français de 2019."
Bertie Quincampoix (5/5) : "Tourné dans le plus grand secret car traitant d'un sujet ultra-sensible – la pédophilie dans l'Église catholique et plus précisément les dizaines de cas d'attouchements perpétrés sur de jeunes garçons par le père Bernard Preynat dans la région lyonnaise dans les années 70, 80 et 90 – Grâce à Dieu est d'une puissance incontestable. (...) Porté par des acteurs incroyables (citons Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud, Josiane Balasko, Hélène Vincent et Frédéric Pierrot), ce long métrage à la finesse rare et à la grande intelligence est aussi une réflexion sur la reconstruction de soi, la honte et la difficulté de parler, la relation à la foi et la possibilité de continuer à croire en Dieu. Ce magnifique portrait d'hommes soudés par une même cause mais singuliers dans leur combat intérieur est magnifié par une musique signée des frères Evgueni et Sacha Galperine. Absolument bouleversant."