C'était le 16 septembre 2025. Le cinéaste et comédien Robert Redford nous quittait à l'âge de 89 ans. La star américaine, née le 18 août 1936 à Santa Monica, en Californie, s'est imposée comme une légende du cinéma hollywoodien. Récompensé par deux Oscars, l'un pour son travail en tant que cinéaste sur le drame Des gens comme les autres (1980), l'autre honorifique en 2002, la célébrité laisse derrière lui une filmographie d'exception avec des rôles marquants dans le western Butch Cassidy et le Kid (1969), la fresque romantique Out of Africa (1985), aux côtés de Meryl Streep, mais aussi L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, qu'il a dirigé en 1998.
Cependant, malgré son statut d'icône qu'il a acquis au fur et à mesure des années, tout n'a pas été simple pour Robert Redford. Des difficultés qui ont été à l'origine d'une véritable désillusion concernant Hollywood, davantage guidée par la recherche du profit que par les ambitions artistiques. Cette prise de conscience s'est faite à la fin des années 60. Fort du succès de Butch Cassidy et le Kid et Pieds nus dans le parc avec Jane Fonda, l'acteur tourne dans son premier film indépendant, La Descente infernale (Downhill Racer).
Robert Redford a dû faire "énormément de sacrifices"
Réalisé par Michael Ritchie, ce drame raconte l'histoire de David Chappellet, un jeune fermier du Colorado appelé pour intégrer à la dernière minute l’équipe nationale des États-Unis de ski de descente pour participer à des compétitions internationales dont les Jeux olympiques. "C’est à cette époque que j’ai découvert comment fonctionnait réellement l’industrie cinématographique", déclarait la star dans une interview accordée à la Harvard Business Review en mai 2002. Etant donné que projet ne disposait d'un budget qui s'élevait seulement à 1,8 million de dollars, Robert Redford a expliqué n'avoir "perçu aucun cachet d’acteur ni de producteur pour ce film".
De plus, le partenaire de Scarlett Johansson a dû faire "énormément de sacrifices" : "C’était du véritable cinéma guérilla", se souvenait-il. Mais une fois le film tourné, le distributeur leur a fait faux bond, Michael Ritchie et lui, ne mettant aucun argent sur la table pour en faire la promotion et ne sortant leur travail que dans un nombre limité de salles. "Le studio a tout simplement jeté La Descente infernale à la poubelle, sans même y réfléchir. Cela m’a brisé le cœur", a-t-il fustigé.
"Pour moi, réussir simplement à porter cette idée à l’écran était bien plus important que l’argent"
Avant de poursuivre ses critiques : "Bien sûr, je savais déjà que Hollywood ne faisait pas de l’art sa priorité. Mais je n’avais pas compris que la seule question à laquelle il fallait répondre, lorsqu’on voulait vraiment qu’un film soit produit et distribué, était la suivante : comment votre projet va-t-il rapporter de l’argent ?" Puis de conclure : "Pour moi, réussir simplement à porter cette idée à l’écran était bien plus important que l’argent." Le long-métrage n’a finalement rapporté que 1,9 million de dollars au box-office international, soit à peine plus que son budget. Mais il a bénéficié de retours positifs, le célèbre critique de cinéma Roger Ebert allant jusqu'à le qualifier de "meilleur film jamais réalisé sur le sport".
