Sort en octobre 2024, L'Amour Ouf est devenu un véritable phénomène, réunissant 5 millions de spectateurs ! Porté par Adèle Exarchopoulos, François Civil, Alain Chabat, Vincent Lacoste, Mallory Wanecque, Malik Frikah ou Benoît Poelvoorde, le film continue de passionner le public.
Pour mémoire, le récit nous emmène dans le nord de la France des années 80. Gilles Lellouche dresse le portrait volcanique d'une passion absolue et destructrice. Jacqueline, lycéenne issue d'une famille bourgeoise, s'éprend de Clotaire, adolescent rebelle des quartiers populaires qui dérive vers la petite délinquance.
Deux destins intimement liés
À travers le destin tragique de ces deux "âmes soeurs", le réalisateur signe une fresque adolescente incandescente, croisant la romance passionnelle et le film de gangsters rétro. Condamné à 12 ans de prison après un braquage sanglant, Clotaire purge sa peine sans jamais cesser de penser à son premier amour.
À sa sortie, alors que Jacqueline tente de mener une vie rangée, leurs trajectoires se croisent de nouveau, ravivant un feu que le temps et les épreuves n'ont pu éteindre. Porté par la ferveur de François Civil et Adèle Exarchopoulos, ce mélo ultra-stylisé explore la fureur de s'aimer envers et contre tout, quitte à tout brûler sur son passage.
De passage dans le studio de notre émission Grand Ecran, Gilles Lellouche est revenu sur l'accueil critique glacial que son long-métrage avait obtenu à Cannes, quelques mois avant sa sortie officielle en salles.
"Je me souviens très bien des critiques cannoises. Je n'ai jamais fait mes films en me projetant à Cannes ou pour Cannes. Et pour être honnête, et sans langue de bois du tout, je pensais que j'allais faire un film qui s'adresserait ni aux jeunes, ni aux vieux", a expliqué le cinéaste.
Le chaud et le froid
"Pour les vieux, ça serait une bluette de jeunesse, et pour les jeunes, ça serait un film de vieux, avec les cabines téléphoniques. On projette L'Amour Ouf, et là, c'est 17 minutes de standing ovation. C'est un carton absolu. C'est long 17 minutes, on ne sait pas quoi foutre de sa vie", a plaisanté Gilles Lellouche.
J'en prends plein la gueule. Je suis passé de la gloire à l'anéantissement en l'espace de 20 minutes.
"Bref, je rentre dans ma chambre d'hôtel assez tôt car le lendemain il y avait la conférence de presse. Et là, j'ouvre les critiques. Et effectivement, j'en prends plein la gueule. Je suis passé de la gloire à l'anéantissement en l'espace de 20 minutes", a déploré le metteur en scène.
"Je lis toutes les critiques. Parfois, elles résonnent de façon très frontale sur certains défauts que mon film a et dont je suis conscient. Faut se dire, elle le pense, lui aussi, moi aussi, et ça se recoupe, donc je vais travailler là-dessus."
"Et en fait, on a présenté une version de 3 heures de L'Amour Ouf à Cannes, et ça m'a permis de remonter mon film. Non sans douleur, je dis pas que c'est agréable. Mais en tout cas, ça a une vertu objective de qualité sur le film", a conclu Gilles Lellouche.
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