Un an après la sortie de La Petite Dernière, qu’elle a réalisée, Hafsia Herzi revient devant la caméra. Après Histoires de la nuit de Léa Mysius, sorti en septembre, la voici en tête d’affiche de Quelques mots d’amour, de Rudi Rosenberg. Ce deuxième long métrage du réalisateur, après Le Nouveau (2015), a été présenté en mai dernier dans la sélection Un certain regard du Festival de Cannes.
Sarcelles, 1995. Erika élève seule ses deux enfants. Sa fille Abigaëlle se persuade que son père, qu’elle n’a jamais connu, l’aime en silence quelque part. Lorsqu’elle se met en tête de le retrouver, Erika se sent obligée de l’aider, tout en cherchant à la protéger. En grandissant, la quête d’Abigaëlle se transforme en obsession, entraînant avec elle sa mère, sa meilleure amie, et tous ceux qui comptent.
Qu'ont pensé les spectateurs de ce film présenté au Festival de Cannes 2026 ? Sur AlloCiné, le film obtient actuellement une moyenne de 4,1 sur 5, basée sur 164 notes et 52 critiques.
Bouleversant et d’une rare sensibilité
Les spectateurs saluent un film qui fait rire et pleurer, porté par de jeunes acteurs qui crèvent l’écran et une Hafsia Herzi au sommet. Ce récit sensible sur la famille et la recherche de soi renouvelle un thème pourtant très travaillé.
Pedro Miguel Pauleta (5/5) : “Un très grand film d’une sensibilité rare. Des visages que l’on découvre, qui nous font rire et pleurer. Il y a, dans le simple et la répétition, le souffle d’un récit bouleversant sur la famille et la recherche de soi.”
ForEverAmber (5/5) : “Ce film est une pépite, un trésor comme on aime en découvrir lorsqu’on s’installe dans une salle de cinéma. Les émotions sont présentes, les acteurs sont formidables, professionnels et non professionnels, et donnent lieu à des scènes cocasses dignes du burlesque. L’histoire est sublime. Du cinéma comme ça, j’en redemande !”
Soso92 (5/5) : “Le meilleur film de l’année !! Des pleurs, des rires, des jeunes acteurs qui crèvent l’écran et Hafsia Herzi au sommet. À ne pas manquer.”
Copyright Chi Fou Mi Productions
Justine Mathieu (4,5/5) : “Il y a quelque chose d’insaisissable et de magnifique dans ce personnage qui résiste jusqu’au bout contre sa peine, la peine abyssale de l’abandon. C’est un film sur la responsabilité de l’abandon que porte l’abandonné, des années pour s’en défaire, et peut-être espérer s’en détacher. Très beau film.”
Gregory S (4/5) : “Le thème ne m’attirait pas et j’ai eu tort. La thématique de la famille est vue et archi-revue, mais là, c’est traité d’une façon originale, avec uniquement des acteurs amateurs (sauf Hafsia), et il y a une force solaire qui nous questionne intelligemment sur ce qu’est la famille et notamment les liens familiaux : l’ADN ou l’éducation ?”
Un film touchant mais parfois sans rythme
Les spectateurs regrettent en revanche quelques points faibles. Le personnage d’Abigaëlle, qui pousse sans cesse son entourage dans ses obsessions, finit par agacer. Plusieurs thèmes sont à peine effleurés : présentés longuement, puis oubliés jusqu’à la fin, ils n’ont pas le temps de s’installer.
Cinéphiles 44 du Club Allociné (3,5/5) : "(…) Hafsia Herzi est remarquable dans ce rôle de mère épuisée mais infiniment patiente. Elle joue constamment dans la retenue, laissant deviner derrière chaque sourire une immense tristesse liée à ce passé qu’elle tente désespérément de garder enfoui. Le film fonctionne aussi grâce aux enfants, dont les échanges sont souvent drôles et naturels. Mais la jeune actrice incarnant Abigaëlle finit parfois par devenir franchement agaçante, tant son personnage pousse constamment tout le monde dans ses obsessions. Heureusement, le changement de casting avec l’évolution du temps apporte un vrai souffle au récit. Le film s’amuse également avec plusieurs références aux années 90 et 2000 : Star Academy, la comédie musicale Les Dix Commandements, ou encore Michel Drucker participent à cette ambiance nostalgique jamais trop appuyée. Derrière son apparente légèreté nostalgique, le film raconte surtout le poids du silence chez une mère obligée de protéger ses enfants tout en étouffant sa propre souffrance."
Traversay1 du Club Allociné (3/5) : "(…) La trame est réaliste, mais il y manque malgré tout des détails sur la vie professionnelle de la mère, que l’on ne voit presque jamais sans ses deux enfants, et c’est un peu dommage de se priver du talent de Hafsia Herzi, comme toujours impeccable. La bonne surprise vient de l’interprétation de ses enfants du film, à deux âges différents, totalement convaincants et malicieux. Enfin, si la Palm Dog du Festival de Cannes 2026 a échappé au cabot de Quelques mots d’amour, ce n’est pas faute d’y avoir mis toute son énergie."
Copyright Chi Fou Mi Productions
Sarah ! (3/5) : "Cette fresque familiale suit le quotidien, pas toujours facile, d’une mère solo et de ses deux enfants, de deux pères différents dont l’un n’a pas reconnu son enfant. L’histoire se concentre quasi exclusivement sur la recherche du père de la première enfant, entre déceptions et espoirs, amour et haine. Cette partie est prenante, on a envie de savoir si elle retrouvera son père, on est happé. C’est aussi l’occasion de découvrir comment réagissent les différentes parties prenantes lors d’une telle quête (aspect hyper intéressant) : les amies, la famille, la mère, la fille, le frère. Le film est à la fois drôle et émouvant, un parfait mélange.
Cependant, gros bémol sur les autres thèmes abordés qui, selon moi, n’apportent rien à l’histoire, car ils n’ont pas le temps d’être mis en valeur. On nous les présente pendant 10 minutes, et puis après, on y revient 30 secondes à la fin du film… Bref, le cœur de l’histoire est pas mal, mais la façon dont sont construits les personnages et dont est rythmé le film ne m’a pas totalement convaincu. Malgré ça, le film vaut évidemment le coup d’œil."
En résumé
Les spectateurs pointent quelques défauts : des thèmes à peine effleurés, un rythme inégal, une mère dont on voit peu la vie professionnelle. Mais l’émotion l’emporte. Hafsia Herzi est remarquable de retenue, et les enfants sont naturels et malicieux. Ce récit d’une mère qui protège les siens au prix de sa propre souffrance émeut beaucoup. Drôle et touchant, le film séduit.
Quelques mots d'amour est actuellement en salles.