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    "Paris je t'aime" par Walter Salles et Isabel Coixet

    A l'occasion de la sortie de "Paris je t'aime" ce 21 juin, les réalisateurs Walter Salles et Isabel Coixet, auteurs de deux segments de ce film collectif événement, ont répondu aux questions d'AlloCiné. Rencontre...

    Allociné : Vous abordiez déjà dans "Ma Vie sans moi" le thème de la maladie, en présentant également une femme atteinte d'un cancer, en phase terminale. Pourquoi ce sujet vous touche t-il autant ?

    Isabel Coixet : Je pense qu'il y a quelque chose d'à la fois émouvant et mystérieux dans la façon dont certaines personnes acceptent leur maladie lorsqu'elles sont en phase terminale mais également dans la manière dont leur entourage change, la façon dont les autres réagissent.

    C'est vraiment ironique, les gens se mettent à reconnaître la valeur de la vie quand ils savent qu'elle est sur le point de s'achever.

    Leonor Watling et Javier Camara apparaissaient déjà dans "The Secret Life of Words". Pourquoi avez-vous décidé de leur confier des seconds rôles dans votre segment de "Paris je t'aime" ?

    Je les adore tous les deux, ils font partie de ma famille. Selon moi, Leonor Watling est l'une des actrices européennes les plus talentueuses de sa génération – et aussi l'une des plus sexy ! Javier est toujours très émouvant, même lorsqu'il n'a qu'un mot à dire, "Désolé" par exemple.

    Pourquoi avoir confier le rôle principal de votre segment à Miranda Richardson ?

    J'ai toujours admiré cette actrice. Elle était parfaite pour ce rôle. A la façon dont elle boit un verre de vin, on devine le genre de femme qu'elle incarne, le genre de vie qu'elle a eu.

    Qu'est ce que le trench rouge représente pour vous ? A t-il une signification particulière ?

    Je suis le genre de personne qui adore la couleur mais qui s'habille toujours en noir. Donc, pour moi, une femme qui porte un trench rouge année après année, est une femme que rien au monde ne peut effrayer. Et Paris est le seul endroit où vous trouverez des femmes qui portent des trenchs rouges !

    Comment avez-vous choisi la brasserie dans laquelle se déroule la scène principale ?

    J'avais l'habitude d'aller très souvent dans cette brasserie, la brasserie du Square Trousseau. Tout y est très bon, sans prétention, et le propriétaire est très aimable. J'adore la façon dont les coquilles Saint Jacques sont préparées !

    Quelle règle imposée par les producteurs a été la plus difficile à respecter ?

    Je n'ai pas trouvé qu'une règle en particulier ait été difficile à respecter. Je me suis beaucoup amusée à tourner cette histoire de 5 minutes en deux jours, j'adore ce genre de challenges.

    Avez-vous choisi de réaliser votre segment de "Paris je t'aime" à la Bastille ou était-ce l'idée des producteurs à laquelle vous avez dû vous plier ?

    Les producteurs m'ont proposé plusieurs arrondissements et parmi eux, j'ai choisi le quartier de la Bastille. J'aime beaucoup ce quartier à cause de l'atmosphère d'éclectisme qu'il dégage. Et j'adore acheter des choses au marché d'Aligre !

    Est-ce qu'il était difficile de saisir l'atmosphère de Paris sans tomber dans le cliché ?

    Et bien, les clichés sont partout, autant dans les films que dans la vie. Il faut juste veiller à les éviter ou alors les intégrer de la façon la plus humaine et la plus élégante possible.

    Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez appris qu'une image extraite de votre segment de "Paris je t'aime" avait été choisie pour figurer sur l'affiche du film ?

    Je me suis sentie très honorée. Mais dans un sens, je trouve que cette image est très représentative de l'esprit émanant de Paris je t'aime : elle est très poétique, très subtile aussi.

    De tous les personnages de "Paris je t'aime", lequel a la vision de l'amour la plus proche de la vôtre ?

    Disons que j'aime l'idée de pouvoir aimer à nouveau quelqu'un qu'on avait cessé d'aimer il y a longtemps. Mais comme je l'ai dit, j'aime cette idée, mais ça ne m'est jamais arrivé ... enfin pas encore !

    Quel segment de "Paris je t'aime" vous a le plus touché ?

    J'ai beaucoup pleuré devant le segment de Nobuhiro Suwa (intitulé " Place des Victoires ", avec Juliette Binoche, ndlr) et aussi devant celui d'Alexander Payne (intitulé "14ème arrondissement", ndlr). J'adore la dernière réplique de Margo Martindale, lorsqu'elle dit avec ce fort accent américain : "Je sentais que j'aime Paris et que Paris m'aime".

    Selon vous, Paris mérite t-il vraiment son statut de ville la plus romantique du monde ?

    Oui, mais en même temps, Caracas et Minsk peuvent être des villes très romantiques si vous êtes dans un certain état d'esprit ...

    Pouvez-vous nous parler de vos prochains projets ?

    Je fais un documentaire pour "Médecins sans frontières" en Bolivie, produit par Javier Bardem, à propos de la maladie de Chagas, qui a tendance à être oubliée. 17 millions de personnes en Afrique du Sud sont frappées par cette maladie. Ce nombre augmente à chaque minute parce que ce virus se développe dans les pays pauvres et que personne n'enquête à ce sujet.

    Propos recueillis par Marine Bergère et Anna Broujean

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