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    Lou Ye censuré en Chine

    La censure chinoise a fait une nouvelle victime en bannissant, ce lundi 4 septembre, le réalisateur Lou Ye du pays en réponse à la présentation de son "Palais d'Eté" au dernier Festival de Cannes.

    Palais d'été censuré ! Le réalisateur asiatique Lou Ye a été banni pour cinq ans par la censure chinoise pour avoir présenté, sans l'autorisation du gouvernement, son dernier film Palais d'été en compétition officielle dans le cadre du 59e Festival de Cannes. Lou Ye faisait déjà partie de la "liste noire" à l'issue de la victoire de Suzhou River au Festival du Film de Rotterdam en 2000. Palais d'été raconte les amours très tourmentées d'un couple d'étudiants, tout en évoquant le mouvement universitaire en faveur de la démocratie, place Tiananmen à Pékin, qui a été réprimé dans un bain de sang en juin 1989. C'est de tous les sujets celui qui reste le plus tabou en Chine.

    Une censure omniprésente

    Alors que les autorités chinoises se disent depuis ces deux dernières années plus tolérantes à l'égard de la nouvelle génération de réalisateurs familiers des tournages quasi-clandestins, la mésaventure de Lou Ye confirme le fait que la censure chinoise existe belle et bien, et qu'elle est encore loin de laisser une totale liberté aux cinéastes. D'autant que le réalisateur de Palais d'été n'est pas le seul à avoir dû affronter le courroux du gouvernement : Zhang Yuan s'était en effet retrouvé bloqué en Chine durant un an à la suite de la présentation, à Cannes en 1997 dans la sélection Un Certain Regard, de East Palace, West Palace, traitant de l'homosexualité. Plus récemment, Yu Lik Wai a été accusé en 2003, avec la sortie de All tomorrow's parties, d'avoir réalisé un pamphlet contre le Parti Communiste : il a ainsi écopé d'une interdiction de travail. Hormis pour certains films tournés dès le départ sans aucune autorisation du gouvernement, l'accord final de la censure doit être négocié point par point, au risque de voir la liberté artistique largement amoindrie.

    Emilie Lefort avec The Hollywood Reporter et AFP

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