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    Top 5 all-time des meilleurs films : ce qu'en pensait Roger Ebert...

    Alors que la célèbre plume du Chicago Sun-Times vient de disparaître, nous avons réuni un petit éventail d'extraits de ses critiques, concernant les cinq films qui occupent actuellement la tête du top all-time du site IMDb...

    Ce top 5 (classement complet/top 250 à consulter ici) est donc le résultat des notes quotidiennement attribuées par les internautes sur IMDb. Forcément, il est (très) contestable, mais il fournit un bon prétexte pour livrer quelques extraits des critiques de Roger Ebert, qui en a commis plus de 10 000 au cours de sa carrière... S'offrant même le luxe de se fourvoyer sur Le Parrain 2 (on laissera chacun en juger ci-dessous), ou de revenir avec une belle franchise sur d'anciens articles (voir Le Bon, la brute et le truand). On le re-précise donc pour les étourdis : il ne s'agit pas du top 5 de Roger Ebert.

    N°1 (et oui...) : Les Evadés (1994), avec 9,2/10.

    « […] Les Evadés n’est pas une histoire déprimante, bien que j’ai peut-être pu donner cette impression. Il s’y trouve beaucoup de vie et d’humour, et de la chaleur dans l’amitié qui se développe entre Andy et Red. Il y a même de l’excitation et du suspense, bien que ce ne soit pas quand on s’y attend. Mais surtout, le film est une allégorie de l'attachement à un sens de la dignité personnelle, en dépit des circonstances. S'il est peut-être un peu lent dans ses passages centraux, peut-être cela participe-t-il de l’idée, également, qui consiste à nous faire éprouver le sentiment du pesant passage du temps, avant la gloire de la rédemption finale. »

    N°2 : Le Parrain (1972), avec 9,2/10.

    « Nous savons [...] qu’être un truand professionnel est loin d'être une sinécure, ensoleillée et fleurie. Bien plus souvent, c’est l’ennui de chambres mal aérées et un mauvais régime de plats à emporter, ponctués de brèves, de terribles flambées de violence. C’est exactement le sentiment que suscite Le Parrain, qui congédie le glamour tape-à-l’œil propre au cliché habituel du gangster, et nous donne ce qu’il reste : de féroces loyautés tribales, de mortelles querelles de voisinage à Brooklyn, et une forme de vengeance adaptée à tout affront. »

    N°3 : Le Parrain, 2e partie (1974), avec 9/10.

    « Les flashbacks font éprouver à Coppola les plus grandes difficultés pour maintenir son rythme et sa force narrative. L’histoire de Michael, racontée chronologiquement et sans le reste, aurait vraiment eu un impact conséquent, mais Coppola empêche notre complète implication en rompant la tension. Les flashbacks dans le New York du début des années 1900 ont une tonalité différente, nostalgique, et le public doit continuellement changer de braquet. Des amis ont paraît-il conseillé à Coppola de laisser tomber la partie sur Don Vito pour se concentrer sur Michael, et c’était un bon conseil. »

    N°4 : Pulp Fiction (1994), avec 8,9/10.

    « Quentin Tarantino est le Jerry Lee Lewis du cinéma, un interprète qui martèle [son instrument] et se moque de détruire le piano, du moment que tout le monde danse. […] En voyant son film en mai dernier au Festival de Cannes, je savais que ce serait soit l’un des meilleurs de l’année, soit l’un des pires. Tarantino est trop doué pour faire un film ennuyeux, mais il pourrait éventuellement en faire un mauvais […]. Le scénario, signé par Tarantino et Roger Avary, est si bien écrit, dans une veine débraillée et fanzine, que vous voudriez y faire plonger quelques nez – les nez de ces scénaristes zombies qui prennent des cours d’écriture où on leur enseigne la formule pour faire des "hits". »

    N°5 : Le Bon, la brute et le truand (1966), avec 8,9/10.

    Article paru en 2003, et dans lequel Ebert revenait sur son premier papier :

    « […] Quand le film est sorti aux Etats-Unis à la fin 1967, peu après ses prédécesseurs Pour une poignée de dollars et Et pour quelques dollars de plus, le public savait qu’il aimait ça, mais savait-il pourquoi ? J’ai vu le film au premier rang du balcon de l’Oriental Theatre, dont le vaste écran était idéal pour les compositions opératiques de Leone. J’ai été fortement impressionné, mais n’étant critique de films que depuis moins d’un an, je n’avais pas toujours la sagesse de me fier à l’instinct plutôt qu’à la prudence. En relisant ma critique d’alors, je vois que j’ai décrit un film quatre étoiles [la note maximale] en ne lui en donnant que trois, peut-être parce que c’était un "western spaghetti" et que donc ça ne pouvait pas être de l’art. Mais il s’agit bien d’art […]. »

    Le site de Roger Ebert

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