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    Cannes 2015 : Trois souvenirs de ma jeunesse "emporte tout sur son passage" selon la presse
    Par Thomas Destouches et Mathilde Degorce — 15 mai 2015 à 21:00

    Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, "Trois souvenirs de ma jeunesse" a enchanté la presse qui salue, entre autres, la sublime interprétation. Focus sur le nouveau film d'Arnaud Desplechin.

    En bref

    De quoi ça parle ?

    Paul Dédalus va quitter le Tadjikistan. Il se souvient… De son enfance à Roubaix… Des crises de folie de sa mère… Du lien qui l’unissait à son frère Ivan, enfant pieux et violent…Il se souvient… De ses seize ans… De son père, veuf inconsolable… De ce voyage en URSS où une mission clandestine l’avait conduit à offrir sa propre identité à un jeune homme russe… Il se souvient de ses dix-neuf ans, de sa sœur Delphine, de son cousin Bob, des soirées d’alors avec Pénélope, Mehdi et Kovalki, l’ami qui devait le trahir… De ses études à Paris, de sa rencontre avec le docteur Behanzin, de sa vocation naissante pour l’anthropologie… Et surtout, Paul se souvient d’Esther. Elle fut le cœur de sa vie. Doucement, "un cœur fanatique".

    La revue de presse

    • Isabelle Regnier / Le Monde : "Malgré quelques saillies qui réactivent la cruauté qui a toujours innervé son cinéma, Desplechin signe ici son film le plus apaisé. La croyance sereine qu’il affirme dans un art ouvert sur le monde, et une humanité qui serait à la fois jouet du destin et libre d’y écrire sa propre histoire, s’enracine dans une époque engloutie. Cette continuité revendiquée entre hier et aujourd’hui est justement ce qui donne tant envie de s’y accrocher." Voir la critique complète
    • Renan Cros / Cinema Teaser : "Mutant selon les genres, du teen movie au mélodrame, le récit serpente et chaloupe entre les formes et les fantômes, emportant tout sur son passage. Habitée par une jeune génération d’acteurs tous absolument parfaits et bluffants, cette « Recherche du temps perdu » par Desplechin a l’élégance de n’être jamais passéiste. Juste fascinée, entre fièvre, naïveté et grandiloquence, par les histoires qui font de nous ce que nous sommes." Voir la critique complète
    • Gaël Golhen / Première : "Comme Ulysse chez le Cyclope, ce que dit Desplechin, c’est que son alter ego est « Personne » ; et qu’il doit entendre sa propre histoire de la bouche d’un autre pour reconquérir son identité, comme le cinéaste doit emprunter les genres (l’espionnage, le roman épistolaire, le film d’horreur) pour créer son film. C’est ce doute existentiel, cette idée moderne de la reconquête qui, dans un geste d’amour-haine, lui fait réécrire l’histoire de sa famille et de la civilisation". Voir la critique complète
    • Boyd van Hoeij / The Hollywood Reporter : "Qu'il s'agisse de Mathieu Amalric - qui est en déjà à sa 6e collaboration avec Desplechin - ou des jeunes comédiens débutants, tous les acteurs du film prennent totalement possession de leurs personnages. Même le vétéran André Dussolier, qui joue ici un haut-fonctionnaire du gouvernement français, est complètement investi. Mais les véritables stars du film, ce sont sans aucun doute Lou Roy-Lecollinet et son partenaire Quentin Dolmaire." Voir la critique complète
    • Justin Chang / Variety : "Si le résultat ne possède pas l'éloquence folle de "Comment je me suis disputé" ou l'audace des expérimentations récentes du cinéaste, la mise en scène est d'une fluidité rare, traversée de résonances émotionnelles sans précédent dans l'œuvre de Desplechin. "Trois souvenirs de ma jeunesse" devrait être chaleureusement accueilli par les adeptes du cinéaste et par la critique internationale." Voir la critique complète

    Les bonnes raisons de voir le film selon la Rédac' !

    • Film somme et proposition de cinéma inédite, Trois souvenirs fait partie des meilleurs films d'Arnaud Desplechin. Tout simplement.
    • Censé raconter la jeunesse de Paul Dédalus et la genèse de son histoire d'amour avec Esther (deux personnages apparus précédemment dans Comment je me suis disputé), ce film est pourtant un exemple parfait de "faux prequel" !
    • Pour découvrir les deux jeunes comédiens Quentin Dolmaire et Lou Roy Lecollinet. Désarmants de naturel cinématographique, flamboyants, charmants, subtils et d'une précision de jeu ahurissante, ils sont deux révélations de cette quinzaine.
    • Parce que Paul Dédalus, entité fétiche du duo Desplechin / Amalric, devient plus mystérieux encore et, surtout, confirme qu'il est un vrai personnage de cinéma.
    • Pour la fulgurance troublante de l'écriture de Desplechin. Certains dialogues et quelques passages de la voix off sont d'une beauté indescriptible.
    • Parce que de ce film se dégage une sensation - non fabriquée - d'intense jeunesse. L'énergie, l'extravagance et les excès de cet âge y sont imprimés sur l'écran. Et il donne envie d'aimer. Follement.
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    Commentaires
    • lexcalvin
      Sans ce cinéma obligatoire, il meurt parce qu'il n'a pas de public ... il incarne à la perfection ce cinéma.
    • Dedalus27
      Tu as raison vois tu, mais je ne vois aucunement Desplechin dans ceux que tu vises parce qu'il n'en fait pas partis.
    • lexcalvin
      Un cinéma qui perd progressivement de sa force et de sa qualité, parce qu'il ne correspond plus au désir de plaire à autrui, seulement à soi même, sans compte à rendre sur ses échecs financiers, et avec une indulgence constante vis à vis de ses échecs.Un cinéma sans prise avec le reel puisque après un échec, on continue à faire travailler les mêmes tocards, sous prétexte de film d'auteur. Hors on peut faire des films d'auteurs rentables, et surtout en fonds privés, Scorsese est toujours là, ça va bien pour lui merci.Donc l'argument fallacieux de la qualité n'est qu'un moyen de masquer l'escroquerie permanente des ces gens indéboulonnables, comme de vielles idoles en fer d'une obscure dictature d'asie.Dés lors qu'on a plus d'obligation parce qu'on est fonctionnaire et non plus artiste, est on au mieux de ses capacités créatives ?
    • Dedalus27
      Pourquoi est ce décadent ?
    • lexcalvin
      Ils sont médiocres, nous sommes d'accord, 60 millions € pour un Asterix 4, c'est une honte, Asterix 4 (et le 3, et le 2 et le 1) c'est une honte et avec l'argent public (oui, encore).Mais la qualité est encore une fois un débat sans fin.Et avec 140 films français d'auteurs par an, on arriverait encore à proposer 2 films français par semaine, c'est encore plus que ce que le spectateur moyen va voir.14 films par semaine, même les critiques ne suivent plus ... J'adore les films mais quand ça devient une corvée d'aller les voir, stop.
    • Cyphre14
      Le seul point où je suis d'accord avec toi c'est sur le trop grand nombre de films produits. Il est évident que 270 c'est beaucoup trop. Mais moi c'est plutôt les divertissements populaires pourris qu'on se tape, qui bénéficient de soutiens publics, et qui sont vraiment médiocres pour le coup.
    • lexcalvin
      Je laisse surtout entendre que les films à 50 000 entrées financés par les taxes sont un scandale, et sont légions.Desplechin n'est pas plus rentable à 500 000, les films à 50 000 sont des cas sociaux, mais les films à 500 000 sont tous des échecs.On a pas le réservoir de public pour la quantité de films, c'est aussi simple que ça. 270 films français par an, c'est trop, surtout pour répéter les états d'âmes de prout prout de salon. On continue à faire travailler des danseuses pour dire qu'on fait du cinema, mais au fond les conditions d'attributions, et les conditions fiscales attribuées aux producteurs sont une escroquerie permanente. Si le public comprenait le fonctionnement réel des sofica, par exemple, ce serait un écœurement général.Bref on a pas le divertissement populaire qu'on mérite, ni les films d'auteurs dont on a besoin.
    • Cyphre14
      Bon, tu restes arrimé à une logique strictement comptable sans comprendre la spécificité du mode de financement du cinéma français qui ne recourt pas uniquement aux fonds publics. Le cinéma français n'est pas parfait mais comparé à d'autres pays c'est loin d'être une situation de crise. Ce système permet de produire des films de qualité sans être un poids excessif pour l'Etat (très loin de là, je t'invite à t'intéresser de plus prêt à la structuration de la dette de l'Etat) et donc les contribuables.Je n'ai d'ailleurs pas dit que les films de Desplechin ou Kechice étaient rentables mais qu'ils n'attiraient pas aussi que 50 000 spectateurs comme tu le laissais entendre.
    • lexcalvin
      Ces films sont en déficit en salles françaises, ou alors tu fais semblant de connaitre ton sujet.Kubrick produisait des films rentables de temps en temps, lui.Burton aussi, et même Kurosama, et dés son 1er film la légende du grand judo donc de quoi parle t on ?Scorsese est rentable comme pas mal d'autres du cinema ricain si ne résume pas à des blockbusters comme ta réplique facile le laissait penser au départ.En fait il n'y a qu'en France où on produit des films à 4 000 000 € quand le public visé se limite à 500 000 personnes ... La part qui revient à la prod c'est 3.50 € en moyenne sur chaque ticket donc avec tes 500 000 entrées par film tu es bien loin du compte.Le cinéma français EST en crise ! Il a besoin de syphonner les fonds publics pour exister, donc il n'est pas viable, contrairement au cinema US d'auteur.
    • lexcalvin
      Hélas si, et ce cinéma obligatoire doit mourir ... assez de décadence.
    • Cyphre14
      Mon post a disparu pour une raison que je ne m'explique pas.Je reprends. Rois et reines et Conte de Noël ont chacun fait 500 000 entrées, la vie d'Adèle de Kéchiche (que tu dois ranger dans la même catégorie que Despelchin je suppose) a fait plus d'un million d'entrées, ce n'est pas ce que j'appelle faire "salle vide". Ensuite, à supposer que Desplechin ne filme que des histoires de bourges parisiens, je ne vois pas en quoi c'est moins la réalité que des ouvriers dans le Nord de la France. Il y a autant de réel dans l'un que dans l'autre. Quoiqu'il en soit je ne savais pas que le cinéma devait être "réaliste", quelle drôle d'idée. Il faudrait dans ce cas jeter à la poubelle les films de Kubrick, Kurosawa, Tarkovski, Lynch et Burton. En outre, comparer les films de Desplechin à des téléfilms c'est être soit de mauvaise foi, soit ne rien connaître au cinéma. Enfin, tu refuses de comprendre que le cinéma n'est pas QU'une industrie mais aussi un art. Oui la France se distingue par un soutien important à la culture, effectivement financé par des impôts mais qui sont indolores pour chaque citoyen (tu ne paierais pas moins d'impôts si on supprimait les subventions octroyées au cinéma français). C'est ce qui permet au cinéma français à ne pas être en crise, contrairement à tous les autres cinémas européens.
    • Dedalus27
      Mais tu ne l'as même pas vu ?? Et je suis sûre que tu n'as jamais un seul film de Desplechin !
    • Dedalus27
      Ca sent l'ouverture d'esprit!
    • lexcalvin
      Pas du tout : tes 44% d'entrées sont le fait de quelques films, et surtout des comédies baveuses (style Clavier/ Bélier) qui ne sont en rien les films vus à Cannes, pour rester dans l'actu.Les beaufs qui n'ont aucun rapport avec la réalité, ça c'est vraiment vulgaire, et c'est cela le cinéma français : un cinéma sale mais qui veut briller.Forcément il va falloir rajouter de la poudre et du parfum pour masquer la crasse. Un cinéma d'ancien régime en somme.Enfin quand tu cumules l'avance du recette, le cnc et france tv/arte, ça représente en fait une sacrée marge dans le budget, tout ça pour que le réalisateur aille faire des repérages avec sa famille pendant 1 semaine à new york, pour un film qui se passe dans le 6eme arrt...Encore une fois, que les films de Desplechin et cie existent, fort bien et c'est formidable, mais pas avec l'argent public, et pas un circuit consanguin de subventions.Au final ça donne cette sensation de tvfilms déguisés, et c'est pour ça que le public boude ces danseuses.Dans n'importe quelle autre industrie, on aurait réduit le financement devant un taux d'échec de 93%, mais là tout va bien : des salles vides pour des films blindés de fausses factures.
    • Cyphre14
      Je n'ai pas dit "jaloux" mais aigri car tes posts transpirent l'aigreur, la haine du cinéma français avec le fameux argument beauf du "cinéma de bourge de parisien qui se filme le nombril". Tu n'as pas encore parlé de bobo mais ça ne devrait pas tarder je suppose.On n'évalue pas la qualité d'un cinéma à sa rentabilité économique, ça n'a aucun sens. Si la rentabilité devait être l'unique critère alors le cinéma ne serait plus un art mais seulement une industrie, mais c'est peut-être ta vision des choses en fait. Mais je te rappellerai quand même que les films français ont représenté 44% des entrées l'année dernière, ce qui est mieux que la plupart des autres pays européens où la part du marché domestique est beaucoup plus faible. Le cinéma français s'exporte aussi plutôt bien puisqu'il arrive en troisième position en termes d'entrées dans tous les pays. Enfin, rassure-toi, une très très faible partie de tes impôts sert à financer la culture.
    • lexcalvin
      Et hop, il lui a fallu 3 messages avant de sortir l'excuse des faibles " aigri jaloux etc "Je viens de te citer un auteur, wes anderson, qui remplit les salles, lui ... donc aucune aigreur.Mais le concept de film rentable est totalement inconnu en France, pour les films d'auteurs comme pour les films commerciaux.Et Desplechin rapporte 0.3 € pour 1 € dépensé dans ses films, qui coûtent 10 fois trop chers pour le public ciblé.Quand un film coûte 3 500 000 €, il doit faire 1 000 000 d'entrées en salles françaises pour être seulement rentable (il faut espérer ensuite à l'international pour faire du profit). Hors tous savent qu'ils n'atteindront jamais ce nombre, donc se goinfrent sur le budget de départ ... c'est du détournement de fonds organisé." je facture 10 en sachant que ça vaut à peine 5 "Ce n'est pas propre à ce cineaste, c'est tout le cinéma français qui est basé sur ce modèle : mes impôts servent à engraisser des petits bourges parisiens occupés à filmer leur nombril.Donc un cinéma malade des subventions qui produit 269 échecs chaque année sur 270 films, ce n'est pas ce que j'appelle "s'en sortir par rapport aux autres pays".Il serait temps de couper des branches mortes. La culture rapporte, mais pas le cinéma français.
    • loicboissier
      Oui mm celui-ci qui est sans doute néanmoins le moins convaincant ! Il n'arrive pas totalement à se défaire du côté thétral de l'entreprise et Bond c'est pas Shakespeare...mais c'est kan mm trés beau, tendu, et Bouajila j'adore !Desplechin est kan un réalisateur qui aligne "la sentinelle", "comment je me suis disputé", "Esther Khan", "Rois et reine", "un conte de Noël", "Jimmy P." ...et ce dernier film a des critiques plus qu'élogieuses....c'est une filmo des plus remarquables !
    • Cyphre14
      Sauf que les films de Desplechin ne font pas 50 000 entrées. Tout le monde n'est pas aussi aigri que toi quant à la qualité du cinéma français qui a ses défauts mais qui s'en sort plutôt bien par rapport au cinéma d'autres pays.
    • lexcalvin
      Ces gens là ne payant pas pour voir des films, tu vois ...Je parle du public ... tu sais les gens dans les files d'attente.
    • Cyphre14
      Oui c'est tellement formaté pour quelques parisiens que même la critique américaine encense le film en question....Quant au reste de tes propos, ils sont bien trop généraux pour présenter un réel intérêt.
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