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    Un sac de billes, Au revoir les enfants, La Traversée de Paris... Portrait de la France en guerre en 9 films
    17 janv. 2017 à 19:00
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    La défaite, l'Occupation, la Collaboration, la Résistance, survivre au quotidien... Portrait de la France à travers huit thèmes et neuf films, à l'heure où "Un sac de billes" sort sur nos écrans.

    Mars Distribution

    Indigènes

    L'histoire du film

    En 1943, alors que la France tente de se libérer de la domination nazie, le parcours de quatre "indigènes", soldats oubliés de la première armée française recrutée en Afrique. Abdelkader, Saïd, Messaoud et Yassin, réputés pour leur courage, sont envoyés en première ligne. Argent, amour pour la France ou pour l'armée française, foi en la liberté et l'égalité, leurs motivations divergent pour un même combat, libérer la France, les armes à la main.

    De la fiction à la réalité

    Le tribut versé vers les soldats d'origine maghrébine, incorporés dans l'Armée française de la Libération, fut lourd. Les pertes globales de l'Armée française fournis par le Service historique de la défense sont de 5 187 tués (dont 3 458 Maghrébins) de novembre 1942 à mai 1943 en Tunisie, de 6 255 tués (dont 4 000 Maghrébins) en Italie de novembre 1943 à juin 1944 et de 10 461 tués (dont 3 716 Maghrébins) en France et en Allemagne du 15 août 1944 au 8 mai 1945 soit au total environ 22 000 tués (dont 11 000 Maghrébins). Au début des années 60, alors que la décolonisation se termine, la France gèle, à leur niveau de 1959, les retraites et les pensions d'invalidité versées aux anciens combattants de son ex-Empire colonial. Il en résulte une situation très inégalitaire vécue avec amertume par les anciens combattants du Maghreb et d'Afrique noire, dont les pensions peuvent être jusqu'à dix fois moins élévées que celles des anciens combattants français.

    Depuis 2001, et l'arrêt du Conseil d'Etat qui donne raison à Amadou Diop (un ancien tirailleur) à titre posthume afin que l'Etat français lui verse la totalité de sa retraite, les gouvernements successifs se sont engagés à verser aux 80000 anciens combattants de l'ex-Empire colonial français. Le montant total de la somme qui leurs est due est de 1,85 milliards d'euros. Le 13 août 2004, un communiqué du ministère français délégué aux anciens combattants annonce qu'une somme de 120 millions d'euros est prévue pour les dédommagements.

    Les hommages se multiplient, notamment celui de Jacques Chirac le 15 août 2004, lors de la commémoration du débarquement en Provence, mais la question de la "cristallisation" des pensions n'est toujours pas réglée. Le président de la République, ému et touché lors de la projection privée du 5 septembre du film Indigènes, a décidé d'abolir les discriminations entre les anciens combattants. Il avait d'ailleurs rappelé lors de son discours du 14 juillet qu'il "[fallait] poursuivre" le dégel des pensions. La décision d'abolir les discriminations entre les tirailleurs et les soldats français a été annoncée officiellement par le ministre délégué aux anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, mercredi 27 septembre 2006 à la sortie du Conseil des ministres. Désormais, il n'y aura plus de différences entre les pensions militaires d'invalidité et les retraites des tirailleurs originaires des ex-colonies françaises et celles des anciens combattants nés dans l'Hexagone. Cette annonce a coïncidé avec la sortie du film dans les salles françaises.

    La bande-annonce d'Indigènes :

     

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