Warner Bros.
Clint Eastwood
On pourrait dire que Clint Eastwood livre, pour son 12e long métrage en tant que réalisateur, son premier film de guerre avec Le Maître de guerre justement, dans lequel il incarne le sergent vétéran Tom Highway, chargé d'entraîner et former de jeunes recrues plutôt récalcitrants. Eastwood ne montre pourtant dans Le Maître de guerre que peu de scènes de combats. Outre le générique d’ouverture et dix minutes dans le dernier quart d’heure du film lors de l’assaut lancé sur l’île de Grenade, le reste du film se consacre aux relations entre Highway et son entourage et la formation de ses nouvelles recrues.
Reste que ce film d'Eastwood, bien que non dénué d'intérêt, est mineur dans la filmographie du cinéaste. Son "vrai" film de guerre, il le livrera vingt ans plus tard avec Mémoires de nos pères. Ou plutôt avec un diptyque, puisqu'à ce dernier film, qui épouse le point de vue américain de la bataille d'Iwo Jima, répond le somptueux Lettres d'Iwo Jima, qui livre cette fois-ci le point de vue japonais des événements. Eastwood expliquait ainsi ce souci d'impartialité, encore trop rare dans le paysage formaté hollywoodien : "dans la plupart des films de guerre que j'ai vus au cours de ma jeunesse, il y avait les bons d'un côté, les méchants de l'autre. La vie n'est pas aussi simple, et la guerre non plus. Nos deux films ne parlent ni de victoire, ni de défaite. Ils montrent les répercussions de la guerre sur des êtres humains dont beaucoup moururent bien trop jeunes."
Ci-dessous, la bande-annonce de "Mémoires de nos pères"...
Et celle de "Lettres d'Iwo Jima"...