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    Three Girls sur Arte : une mini-série poignante sur le scandale sexuel qui a secoué l'Angleterre
    Par Jean-Maxime RENAULT (@J_M_Renault) — 13 juin 2018 à 19:19

    Arte diffuse ce jeudi soir la mini-série en trois épisodes "Three Girls", adaptée d'un fait divers qui a secoué l'Angleterre... Un coup de cœur qui ne vous laissera pas indifférents !

    De quoi ça parle ?

    Entre 2008 et 2012, neuf hommes ont été condamnés pour avoir violé des jeunes filles mineures dans la ville de Rochdale. Trois d'entre elles racontent leur expérience traumatisante, leur innocence brisée...

    Les 3 épisodes sont diffusés ce jeudi 14 juin sur Arte à partir de 20h55

    Three Girls - saison 1 Bande-annonce VO

     

    Pourquoi la série est importante


    Three Girls, c'est la transposition rigoureuse, minutieuse, quasi journalistique, d'un fait divers réel qui a secoué l'Angleterre en 2012, raconté du point de vue des victimes. Plus encore qu'une "banale" affaire de viol, il s'agit d'un véritable trafic sexuel mis en place dans la communauté pakistanaise d'une petite ville, d'un réseau de prostitution impliquant une douzaine d'adolescentes, lequel a été dévoilé au grand jour puis démantelé non sans difficultés par une poignée de personnes courageuses, issues de la société civile et non des autorités. Celles-ci sont montrées ici comme dépassées, empêchées, pour ne pas dire négligeantes. Pas question de romancer ou de verser dans le sensationnalisme souvent lié à ce type de scandale. Tout est vrai et tout est montré de manière crue, réaliste, un peu à la manière du travail de Ken Loach au cinéma : sans concession.

    Devant la caméra de Philippa Lowthorpe, trois jeunes filles sont mises en avant, trois actrices qui offrent des prestations justes et poignantes : Holly Winshaw (Molly Windsor), Amber Bowen (Ria Zmitrowicz) et Ruby Bowen (Liv Hill). Une supposée amitié naît entre elles et un homme se faisant appeler "Daddy" (Simon Nagra) jusqu'à ce que ce dernier viole Holly. Malgré la plainte déposée par cette dernière, "Daddy" est aussitôt relâché et contraint la jeune fille à se prostituer...

    Le premier épisode nous plonge dans l'horreur de ce que ces filles ont vécu, bien souvent sans même s'en rendre compte sur le moment, montrant bien à quel point l'engrenage est rapide et cruel. L'objectif, c'est évidemment de prévenir les adolescents autant que les parents des dangers. Le second épisode montre bien la détresse de l'une des filles, celle qui a osé libérer la parole, et qui se retrouve face à l'incrédulité de sa famille comme celle de la police, alors que les médias, alertés, commencent à se déchaîner. Le troisième est celui du procès, et de l'illustration des défaillances du système judiciaire. L'ensemble de la série montre aussi une communauté pakistanaise, très importante dans le pays, souvent stigmatisée, où les méfaits de quielques uns ont des conséquences sur tous les autres.

    Diffusée sur la BBC, Three Girls relève de la mission de service public, assurément. A défaut d'avoir des séries françaises militantes, traitant du sujet, ne manquez pas cette mini-série en trois épisodes qui a été récompensée par 5 BAFTA (l'équivalent britannique de nos César) en 2018, ainsi qu'un Prix spécial du jury pour la fiction européenne 2017 au Festival de télévision de La Rochelle.

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    Commentaires
    • Awshit
      C'est courageux de la part d'Arte de diffuser ça, le reste des médias ont tout fait pour ignorer ces milliers de viols
    • pat T.
      la bande annonce et le thème donne envie de voir voir cette mini série
    • Shaigan
      Comme disait Pascal : qui veut faire l'ange fait la bête.
    • tueurnain
      Pour l'anecdote, il y a une telle paranoïa sur le racisme en Angleterre, que la journaliste qui avait dénoncé l'affaire de Stanford à été condamné à suivre un stage sur la diversité, en effet, dans son article elle avait fait remarqué que le membre du gang étaient tous d'origine pakistanaise, cette simple remarque lui avait valut de se faire traitée de raciste…Et donc, sous prétexte de ne pas stigmatiser une communauté, les autorités ont préférée fermer les yeux sur un trafic qui à fait plus de mille victimes...
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