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    La Bande à Picsou (Disney+) : pourquoi la série animée a tout changé
    16 juin 2020 à 18:30
    Maximilien Pierrette
    Maximilien Pierrette
    -Journaliste cinéma
    Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, il fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans l’émission FanZone.

    Alors que la saison 1 vient d'arriver sur Disney+, revenons sur la création de "La Bande à Picsou" de 1987, et son impact sur les séries animées produites par le studio par la suite.

    The Walt Disney Television Animation

    "C'est le plus grand boss de toute la ville, Picsou", chante le générique de cette série animée que le public hexagonal découvre le 2 janvier 1988 dans l'émission Le Disney Channel, diffusée sur FR3 en première partie de soirée, avant de faire les belles heures du Disney Club de TF1 le dimanche matin à partir du 7 janvier 1990. Alors que la saison 1 vient enfin d'arriver sur Disney+, la plateforme possède désormais l'intégralité de La Bande à Picsou originale, et c'est l'occasion de revenir sur sa création et son impact.

    IL ÉTAIT UNE FOIS… DE CANARD

    Tout commence donc pendant la première moitié du XXe siècle, après les naissances de Donald Duck (le 9 juin 1934) et du trio Riri, Fifi et Loulou (le 17 octobre 1937), un canard écossais apapraît dans le court métrage animé The Spirit of '43, et le scénariste Carl Barks s'en sert pour donner vie, en décembre 1947, à Scrooge McDuck, personnage dont le niveau de richesse égale celui de son avarice, et dont le prénom renvoie à Ebenezer Scrooge, héros du célèbre "Chant de Noël" de Charles Dickens qu'il incarnera littéralement dans Le Noël de Mickey en 1983. Contrairement à son neveu Donald, il change de nom en traversant l'Atlantique, et il a fallu plusieurs essais pour en arriver à celui que nous connaissons aujourd'hui : c'est sous l'identité de M. Harpagon (en hommage à "L'Avare" de Molière) qu'il fait ses débuts en France en 1949, avant de se faire appeler Oncle Edgar dans plusieurs bandes-dessinées du début des années 50 (ou Oncle Jérémie McDuck en Belgique), Omer Picsou puis, enfin, Balthazar Picsou, grâce à une histoire publiée dans le Journal de Mickey du 21 décembre 1952, sur une idée de son rédacteur en chef.

    Un an après, Carl Barks créé le célèbre sou fétiche, le premier de l'immense fortune du personnage, qui attirera notamment l'attention de la sorcière Miss Tick, l'une des ennemies les plus retorses de Picsou. Lequel affronte également les Rapetou, les Biskerville ou encore sa némésis Archibald Gripsou au cours de ses nombreuses aventures… sur papier. Car sur petit et grand écran, c'est une autre histoire, puisqu'il n'apparaît que très rarement. Héros de Piscou banquier en 1967, il faut ensuite attendre Le Noël de Mickey en 1983 pour le voir s'animer de nouveau, mais c'est au cours de cette décennie que tout change pour lui. Et les studios Disney, qui connaissent alors quelques secousses, et envisagent de mettre la clé sous la porte après l'échec en salles de Taram et le chaudron magique. Il n'en sera rien et c'est notamment grâce à la télévision et au canard vu dans Fou de foot en 1986 qu'ils remontent la pente.

    Crée en 1984 pour produire des séries animées destinées au petit écran, suite à la réorganisation du groupe causée par l'arrivée du nouveau PDG Michael Eisner, la Walt Disney Television Animation présente son premier bébé l'année suivante : Les Wuzzles. Soit l'histoire de créatures hybrides composées à partir de deux animaux chacune, qui n'ira pas au-delà de treize épisodes, concurrencée par les ours anthropomorphiques des Gummi, production signée Walt Disney Animation Japan lancée au même moment, et qui rencontre un plus gros succès. Mais ça n'est que partie remise pour cette nouvelle branche du studio, qui se tourne vers des valeurs sûres de son catalogue et l'univers de Donald Duck… qui n'est pas le héros du show, intitulé DuckTales aux États-Unis, et qui s'accorde avec le côté aventurier de Picsou, pour emmener ce dernier aux quatre coins du monde, à la recherche de trésors avec Riri, Fifi et Loulou. Quand il ne lui faut pas protéger sa propre fortune.

    Avec un générique qui reste en tête :

    Le générique de "La Bande à Picsou"

    Rebaptisée La Bande à Picsou en France, la série débute le 18 septembre 1987 aux États-Unis, avec un téléfilm de deux heures découpé en cinq parties, "Treasure of the Golden Suns", et les épisodes suivants sont diffusés à un rythme hebdomadaire à partir du 21 septembre. Avec des titres originaux qui parodient ceux de films et pièces de théâtre, ou des expressions anglo-saxonnes ("Top Duck", "Raiders of the Lost Harp", "Duck to the Future"…). On y retrouve donc le canard le plus riche du monde ainsi que ses petits neveux, qui lui ont été confiés par Donald lorsque ce dernier est parti effectuer son service militaire sur un porte-avions, et d'autres personnages issus des bandes-dessinées de Carl Barks : l'inventeur Géo Trouvetou (apparu en 1952) et sa créature Filament, la canard veinard Gontran Bonheur (né en 1948) ou la chercheuse d'or Goldie O'Gilt, crée en 1953 et liée au passé de Picsou.

    Quelques méchants iconiques sont eux aussi de la partie, avec des petits changements à la clé : Miss Tick s'offre un léger accent allemand pour ses débuts sur les écrans ; les Rapetou ne ressemblent plus à des clones mais ont des gabarits et caractères différents, et une mère qui apparaît pour la première fois alors qu'elle n'était qu'évoquée avant ; et Gripsou arbore désormais un kilt qui lui confère des origines écosaisses et non plus sud-africaines, afin d'éloigner au maximum la série de l'actualité de l'Apartheid. Une base déjà solide de personnages à laquelle vient s'ajoutent rapidement une poignée de nouveaux, dont Zaza, nièce adoptive de Picsou qui, contrairement à ce que l'on pourrait croire, n'a aucun lien de parenté avec Daisy Duck. Sa grand-mère, Mamie Baba, est elle aussi crée et travaille comme intendante dans le manoir du héros, avec le majordome et chauffeur Arsène. On y découvre aussi le comptable Gérard Mentor (Fenton Crackshell en VO), alter ego civil du justicier Robotik. Et, bien sûr, l'inénarrable Flagada Jones.

    DE PICSOU A MYSTER MASK… A PICSOU !

    Créé pour les besoins de La Bande à Picsou, cet aviateur casse-cou que le nom français transforme en parodie d'Indiana Jones (plus que le Launchpad McQuack original) est présent dès le pilote où il fait admirer sa maladresse de compétition et son aptitude à ne jamais réussir à poser un avion correctement, et il devient rapidement l'une des stars de la série. Et au-delà. Car le succès du show lui permet de passer la seconde, avec d'autres nouveaux personnages, pendant que Walt Disney Television Animation lance plusieurs titres tels que Tic & Tac les Rangers du risqueSuper Baloo ou encore Myster Mask, réponse comique et animée au Batman de Warner et DC Comics dans laquelle on croise un certain… Flagada Jones. Des séries auxquelles s'ajoutent également la plus sombre Gargoyles, ainsi que La Bande à Dingo ou Couacs en vrac, avec Rifi, Fifi et Loulou devenus adolescents, dans une histoire qui fait office de suite de leur précédente aventure, qui s'est achevée au cinéma, avec le film Le Trésor de la lampe perdue, sorti en 1990.

    Avec cent épisodes répartis sur trois saisons, La Bande à Picsou a été un succès incontestable, dont la réussite a profité à cette branche animée des studios Disney, pour offrir aux enfants des années 80 et 90 quelques-unes de leurs plus belles heures de télévision. Premier show animé du studio diffusé en syndication outre-Atlantique (avec des droits vendus à plusieurs chaînes), il a créé un système économique vertueux pour la société, qui a ensuite développé des suites de longs métrages (dont Le Retour de Jafar), ou des séries dérivées de ces mêmes films, en plus de mettre ses héros sur le devant de la scène. A commencer par Balthazar Picsou, qui occupe depuis une place plus importante dans la pop culture et voit son histoire sur papier reprise en main par Don Rosa, qui nous raconte sa jeunesse dans un récit publié entre 1991 et 1993. On le retrouve également, sur petit écran, dans Tous en boîte ou les nouvelles aventures de Mickey Mouse, avant qu'un reboot des siennes ne soit annoncé le 25 février 2015.

    Destiné à la chaîne Disney XD, celui-ci débute avec un double-épisode en guise de pilote, le 12 août 2017, et sa diffusion se poursuit à partir du 23 septembre de la même année, avec un succès plus important encore que celui de son modèle, puisque la série touche aussi bien les nostalgiques de l'originale que les générations suivantes, avec un récit plus feuilletonnant, des personnages mieux définis et un sens de l'aventure encore plus poussé. Avec une troisième saison en cours de diffusion aux États-Unis (seule la première est pour le moment disponible sur Disney+), elle a déjà fait aussi bien que son modèle en matière de longévité. Reste maintenant à voir si son impact au sein du studio sera aussi important que celui de La Bande à Picsou de 1987. En générant des reboots de Super Baloo ou Myster Mask peut-être, histoire de nous rappeler qu'il est, toujours, le plus grand boss de toute la ville, Picsou.

    Le générique français dans la nouvelle "Bande à Picsou" :

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    Commentaires
    • Quackerjack
      Tennant est fantastique, je m'y attendais tellement pas
    • Lccf
      Aaaaah toute mon enfance ...
    • 8 Infinity 8
      Je préfère d'ailleurs largement la nouvelle dont les intrigues sont moins superficielles que pas mal de l'originale, mais surtout parce qu'on a enfin des persos plus travaillés. Les triplés ont chacun une personnalité différente. On a plus le même personnage 3 fois. Webby est 10 fois plus sympa et le doublage est très bon, Tennant en tête. Les enjeux autour de la famille peuvent même être émouvants et Miss Tik est plus menaçante que ridicule cette fois.
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