Mon compte
    Les Aventures du jeune Voltaire sur France 2 : "Sa vie était un combat permanent" pour le créateur de la série
    Par Julia Fernandez — 14 févr. 2021 à 10:00

    Rencontre avec Alain Tasma, le créateur des "Aventures du jeune Voltaire". Il revient notamment sur la genèse de cette série historique ambitieuse, ainsi que sur son caractère contemporain et profondément authentique.

    Pourquoi avoir eu envie de raconter Les Aventures du Jeune Voltaire aujourd'hui, sur une chaîne du service public ?

    Alain Tasma, créateur et réalisateur : Je pense que notre époque a besoin de référents comme Voltaire. Les combats qu’il a mené pour la tolérance, contre le fanatisme religieux, font partie de notre quotidien. Notre but, avec Georges-Marc Benamou, c’était d’abord de s’adresser à la jeunesse et de raconter qu’avant d’être un monument, Voltaire est un homme comme les autres pour qui rien n’est acquis. Malgré son talent, il a traversé de nombreuses épreuves. Mais il n’a jamais lâché. La série est une leçon, ludique je l’espère, sur le courage, qui me paraît être une qualité essentielle aujourd’hui.

    Dans la série, Voltaire est pour le moins surprenant : à la fois ambitieux, orgueilleux, fier… Comment avez-vous construit ce personnage ?

    Ce qui est formidable c'est que tout est vrai. Il était comme ça. Georges-Marc et moi avons découvert qu’il avait réellement eu une vie aventureuse. Le titre de la série n’est pas du tout formulé pour appâter le spectateur, il s’avère que sa vie était un combat permanent. Grâce à la BNF, j’ai eu accès à des correspondances, des papiers… je me suis appuyé sur les biographies - et il y en a eu de très nombreuses sur Voltaire - qui parlent de son caractère, de ses qualités et de son orgueil indéniables.

    Avec toute la matière que vous avez trouvé durant vos recherches, pourquoi avoir choisi de faire une série de quatre épisodes ? Pourquoi ne pas avoir écrit un format plus long, voire un unitaire ?

    Pour un unitaire, il aurait fallu choisir une période particulière de la vie de Voltaire et pour le coup, on trouvait cela dommage. En fait, notre première proposition était d’écrire 8 épisodes de 52 minutes. Au début, quand Georges-Marc m’a approché pour ce projet, j’envisageais de raconter l’intégralité de sa vie, qui est, jusqu’à la fin, absolument incroyable. Ensuite, la chaîne nous a donné un cadre, dans lequel nous nous sommes inscrits.

    Les Aventures du jeune Voltaire
    Les Aventures du jeune Voltaire
    Sortie le 8 février 2021 | 52min
    Série : Les Aventures du jeune Voltaire
    Avec Thomas Solivérès, Victor Meutelet, Christa Théret, Maud Wyler, Eric Caravaca
    Presse
    3,5
    Spectateurs
    3,7
    Voir sur Salto

    Le choix de Thomas Solivérès était-il évident au moment du casting ?

    Son énergie a été le déclencheur. J’ai vu beaucoup de gens avant lui donc il n’a pas été un premier choix. Mais en entrant dans la pièce, il a poussé la porte d’une manière différente des autres. C’est aussi simple que cela ! Je l’ai fait revenir le lendemain, je l’ai un peu torturé pour être sûr qu’il allait tenir car la série repose sur lui. Et durant les quelques heures de travail que nous avons eu ensemble, il a montré toutes les qualités dont la série avait besoin.

    La série met aussi l'accent sur les femmes qui ont partagé la vie de Voltaire, que ce soit ses amantes ou les femmes qui l'ont aidé à s'insérer dans la haute société. Etait-ce une volonté de votre part ?

    Absolument. Même si la série s’arrête avant sa rencontre fondamentale avec Émilie du Châtelet, le grand amour de sa vie qui l’a rendu définitivement philosophe, je me suis rendu compte, très vite, combien les femmes ont été importantes pour lui. Olympe, son premier amour, a existé, la marquise de Bernières a existé, Adrienne Lecouvreur a existé… J’ai lu les lettres d’amour sidérantes que Voltaire a écrites à Olympe. J’ai lu une autre lettre, magnifique, dans laquelle il raconte qu’il partageait Suzanne de Livry avec son ami Génonville… La sensualité et la séduction étaient une part très importante de la vie de ce jeune Voltaire. Elles ne sont pas inventées. Et puis, son rapport aux femmes est assez féministe. A une époque où une femme qui étudie est considérée comme une précieuse ridicule, Voltaire, lui, ne les méprise pas.

    Il s'est notamment battu pour qu'Adrienne Lecouvreur ait une sépulture, ce qui était interdit aux acteurs et aux actrices à l'époque...

    Exactement. Malgré son égoïsme et son ambition, il est capable de se mettre en danger au nom d’une idée, d’une affection, d'une amitié, d'une tendresse... Ce qui est magnifique.

    Après ces quatre épisodes qui se concentrent sur la jeunesse de Voltaire, envisagez-vous une suite sur l'âge adulte ou s’agit-il d’une mini-série bouclée ?

    Nous ne fermons pas la porte. A la fin des quatre épisodes, Voltaire part vers de nouvelles aventures. La fin de sa vie est moins trépidante et plus connue, d’autant qu’il y a déjà eu des films sur l’affaire Calas ou sur l’affaire de La Barre. Mais sa relation avec Émilie du Châtelet et son séjour en Prusse auprès de Frédéric II sont des évènements exceptionnels susceptibles d’alimenter une suite. Nous verrons. Cela va dépendre de la chaîne, de l’audience, du désir des gens.

    Avez-vous d’autres projets en développement ?

    Oui, j’ai proposé à France Télévisions une histoire qui se situe cette fois au XVIIème siècle dont le rôle principal serait une femme. Le hasard a fait que je me suis intéressé au personnage de la duchesse de Chevreuse, une femme fatale considérée comme la plus grande intrigante de l’Histoire de France…

    Propos recueillis le 11 février 2020. Retranscription Lucie Peronne.

     

    FBwhatsapp facebook Tweet
    Sur le même sujet
    Commentaires
    • meiyo
      Je me demande s'ils parleront de sa position très permissive sur l'esclavage.
    Voir les commentaires
    Back to Top