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    Scène choquante : pourquoi la fin de Men justifie son interdiction aux moins de 12 ans avec avertissement
    11 juin 2022 à 09:00
    Mégane Choquet
    Mégane Choquet
    -Journaliste
    Journaliste spécialisée dans l'offre ciné et séries sur les plateformes quel que soit le genre. Ce qui ne l'empêche pas de rester fidèle à la petite lucarne et au grand écran.

    Personne ne pouvait s'attendre à la dernière séquence de Men, le nouveau film choc et visionnaire d'Alex Garland (Ex Machina, Annihilation). Retour sur la dernière scène du long-métrage horrifique et ce qu'elle implique. Attention, spoilers.

    Attention, spoilers. Les paragraphes suivants révèlent des éléments d'intrigue de la fin du film Men. Si vous ne voulez rien savoir, ne lisez pas ce qui suit.

    Après Ex Machina et Annihilation, le réalisateur Alex Garland revient avec un nouveau film choc porté par Jessie Buckley et Rory Kinnear. Actuellement au cinéma, Men suit l'expérience traumatisante d'Harper, une femme partie s’isoler dans la campagne anglaise afin de se reconstruire après un drame personnel.

    Mais une présence étrange la traque dans ce petit village paisible et les souvenirs violents d'Harper (Jessie Buckley) remontent à la surface et transforment ce qui devait être un temps de paix et de résilience en véritable cauchemar.

    Men
    Men
    Sortie : 8 juin 2022 | 1h 40min
    De Alex Garland
    Avec Jessie Buckley, Rory Kinnear, Paapa Essiedu, Gayle Rankin, Sarah Twomey
    Presse
    3,5
    Spectateurs
    2,4
    Séances (4)

    Avec Men, Alex Garland offre une nouvelle expérience cinématographique choc et visionnaire, entre le body horror et le drame psychologique, en convoquant symboles, métaphores et légendes mêlées à l’horreur et le fantastique pour décortiquer les rapports de violence entre les hommes et les femmes.

    Tour à tour, le film passe du fantastique à l'humour et au drame jusqu'à un dernier acte dingue auquel personne ne pouvait s'attendre et qui explique l'interdiction aux moins de 12 ans avec avertissement au cinéma. En effet, après avoir été harcelée et attaquée par plusieurs hommes ou archétypes d'hommes au même visage (Rory Kinnear), Harper assiste à une scène ahurissante et visuellement impactante.

    Metropolitan FilmExport
    Le mâle engendre le mal

    Elle voit l'Homme Vert, le tout premier Homme venu de la forêt qui l'a harcelée, essayer de s'introduire dans la maison, le tout en prenant ses différentes formes menacantes (le policier, l'enfant ou encore le prêtre). Mais Harper réussit à se défendre et à attaquer et blesser son assaillant.

    C'est alors que l'Homme affaibli finit par tomber au sol et à donner naissance à un autre Homme comme lui. Qui engendre lui aussi un autre Homme à la même apparence. Et ainsi de suite, et ce par des ouvertures vaginales improbables parfois. Chaque nouvel Homme qui naît est plus faible, méchant, grotesque.

    Jusqu'à ce que le dernier né soit en fait James (Paapa Essiedu), l'ex-mari d'Harper qui était un époux abusif avec elle et qui s'est suicidé après une violente dispute conjugale. Lorsqu'Harper lui demande ce qu'il veut vraiment d'elle, il répond simplement "Ton amour".

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    Une demande infantile et pathétique qui ne répond qu'à son seul besoin, sans prendre en compte le consentement ou les besoins et envies de sa partenaire qu'il objectifie comme une mère et une nourricière, qui devrait lui apporter un amour inconditionnel, ce que cherchaient également les Hommes qui la pourchassaient.

    Et cette représentation de la misogynie, qui se décline dans ces différents types de l'Homme à travers des symboliques et autres figures bibliques, semble être un moyen pour Alex Garland de renverser les codes et présupposés établis selon lesquels le péché originel viendrait de la Femme. L'idée que toutes les femmes porteraient en elle les péchés d'Eve (avec l'image de la pomme que l'on voit dans le film) est ainsi critiquée avec une toute autre lecture.

    Les hommes porteraient alors en eux leurs propres péchés de violence et de misogynie, relents d'une société patriarcale. Et que ces traits seraient inhérents à leur être puisqu'ils ne cessent de se reproduire par la naissance dans le film. Le mâle engendrerait le mal. Un mal aussi terrifiant que pathétique auquel fait face Harper.

    Même si on ne sait pas quelle est l'issue de ce dernier échange entre Harper et James, on la retrouve ensuite dans la scène post-générique seule, en paix avec elle-même et libérée du poids de cette ancienne relation toxique.

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    Après le carton titre "MEN", Harper est rejoint par son amie Riley (Gayle Rankin), avec qui elle communiquait auparavant par téléphone. Lorsque Riley débarque, elle ne peut que constater les dégâts et les litres de sang au sol. Cela confirme que tous les évènements traumatisants subis par Harper sont bel et bien réels et qu'elle est une survivante.

    Si l'on en croit Alex Garland, cette scène post-générique devait à l'origine contenir un dialogue mais il l'a finalement coupé. Le réalisateur l'a révélé lors d'un séance de questions-réponses à New York (via Polygon) : "Le dialogue semblait redondant à côté du sourire."

    Dans tous les cas, Alex Garland se refuse à trop de commentaires sur son film pour ne pas gâcher l'expérience du public : "Tout cela devient un peu psychanalytique si j'en parle trop. Je pense que cela pourrait gêner [la lecture du spectateur]. Dans ce film en particulier, je voulais surtout prendre du recul parce que l'idée même du film est d'ouvrir à différentes interprétations."

    La bande-annonce de Men, au cinéma le 8 juin :

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