En 2021, Daniel Craig rangeait dans un tiroir le smoking et le Walther PPK de James Bond, après un dernier tour de piste dans Mourir peut attendre. Si le film offrait son lot de scènes d'action efficaces et dantesques, son dénouement n'a pas fait l'unanimité auprès de nombreux dans de la licence.
Un dernier acte puissant
Après un affrontement contre le grand méchant Safin, incarné par Rami Malek, l'agent secret, infecté par un virus mortel, se sacrifiait. 007 était pulvérisé par les missiles qui ont détruit l'île servant de repaire au bad guy.
Dans une séquence émouvante, James Bond faisait ses adieux à Madeleine Swann et à sa fille, avant d'attendre son sort funeste, résigné. Pour la première fois depuis la création du personnage en 1953 par Ian Fleming, et après 25 films officiels, l’équipe de Mourir peut attendre a osé faire mourir son héros mythique.
Guillaume Evin, grand spécialiste de l'univers James Bond, a réagi à ce choix audacieux dans les colonnes du Huffington Post. "Jamais on n’avait fait ça ! Il y a eu en tout 6 interprètes dans le costume de James Bond et donc 5 transitions d’acteurs et ça s’est toujours bien déroulé", a affirmé l'auteur du livre James Bond est éternel.
En effet, même Ian Fleming, papa de 007, n'avait jamais tué son super espion. Il y avait songé à un moment "lassé de l’emprise qu’avait son héros de fiction sur sa vie". L'auteur l'avait donc laissé pour mort à la fin de Bons baisers de Russie, "avant de le ressusciter au roman suivant, en lui administrant un antidote, sous la pression de son éditeur."
Tuer Bond, un sacrilège ?
"Ils ont voulu frapper fort, mais ils ont frappé trop fort. Faire mourir James Bond, c’est sacrilège", a martelé Guillaume Evin. "Cette mort de 007, avec une notion sacrificielle, ce n’est vraiment pas possible ! Bond est téméraire, mais pas suicidaire. Ils se sont trop éloignés du personnage, c’est dommage", a déploré le spécialiste de la saga.
Selon Guillaume Evin, lors de sa découverte du film au cinéma, "80 à 90% des gens étaient déçus, scotchés, voire carrément en colère. Je pense que c’est un bon thriller, mais un mauvais Bond. En voulant casser les codes, ils ont un peu cassé le jouet", a conclu l'auteur.
À l'époque de la sortie, de nombreux internautes avaient également fustigé ce dénouement sur les réseaux sociaux, obligeant le réalisateur (Cary Joji Fukunaga) et Daniel Craig à prendre la parole pour apaiser les débats. "Lors de ma première rencontre avec Daniel et les producteurs, ils m’ont dit que c’était comme ça qu’ils voulaient que l’histoire se termine. Ils sentaient que cela devait être une vraie fin", a-t-il indiqué au micro d'Empire.
"Ça ne pouvait pas un truc d’action conventionnelle… ça ne pouvait pas non plus être un truc démoniaque sorti de nulle part, il fallait que ça se raccorde avec le thème central de l’histoire. Je n’ai pas essayé de laisser planer le doute. J’ai voulu être très clair. Mais j’ai aussi voulu faire ça sans mauvais goût", s'est justifié Cary Joji Fukunaga.
"On ne voulait pas faire le même genre de plan que dans Terminator 2, où Sarah Connor se transforme en squelette. Mais on ne voulait pas non plus laisser croire qu’il allait sauter dans une bouche d’égout au dernier moment. Alors on a composé un plan large de l’île qui se fait bombarder, pour mélanger la grande échelle et la petite échelle", a-t-il expliqué.
EON
Une mort prévue depuis le début ?
De son côté, Daniel Craig a révélé que la mort de Bond était prévu depuis quasiment ses prises de fonction dans Casino Royale. "Je vais raconter une histoire ici, que tout le monde s'en souvienne ou non ou soit d'accord avec elle. Mais c'était en 2006. Barbara Broccoli et moi étions assis à l'arrière d'une voiture qui quittait l'avant-première de Casino Royale à Berlin. Tout se passait bien. Les gens aimaient le film. Et il semblait que j'allais avoir la chance de faire au moins un autre film", a-t-il indiqué pour Variety.
"J'ai dit à Barbara : Combien de ces films dois-je faire ? Parce que je ne regarde pas vraiment les contrats ou ce genre de choses. Elle m'a répondu : Quatre, et j'ai fait : Oh, d'accord. Je peux le tuer dans le dernier ? Et elle n'a pas fait de pause. Elle a dit : Oui."
"Alors j'ai passé un accord avec elle à l'époque et j'ai dit : C'est comme ça que j'aimerais que ça se passe. Pour moi, c'était la seule façon de mettre fin à tout ça et de faire en sorte que ce soit mon dernier mandat ; quelqu'un d'autre pourrait venir et prendre la relève", a révélé l’acteur.
Pour le producteur Michael G Wilson, cette fin est aussi logique. "Je pense que c'est la façon appropriée de gérer une situation où une personne risque sa vie tout le temps. Les chances finissent par vous rattraper. Je pense que Fleming le savait, et je suppose que nous avons fini par nous en rendre compte aussi. Il est également très important, sur le plan émotionnel, de comprendre les risques que prennent les gens comme Bond", a ainsi déclaré le producteur historique de la franchise.
Ceci étant dit, l'agent secret de Sa Majesté reviendra sur grand écran bientôt, sous la direction d'un certain Denis Villeneuve. Mais avec quel visage ? Nous le saurons sûrement très bientôt !
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