Voilà un documentaire qui va faire du bruit et que les télévisions vont s'arracher. Réalisé par Paul Joyce en collaboration avec Christiane Kubrick, la veuve de Stanley Kubrick, ce documentaire, commandé par la chaîne anglaise Channel 4, présentera des archives uniques et inédites sur la vie du réalisateur de Eyes Wide Shut.
Au programme donc : des interviews de Nicole Kidman et Tom Cruise, mais aussi de Sydney Pollack et d'un ancien cadre de la Warner, Terry Semel, ami intime du maître. Mais ce documentaire a l'avantage aussi de lever le voile sur le scandale en Angleterre d'Orange mécanique.
Ce film en effet n'est jamais ressorti au cinéma dans ce pays depuis sa première sortie, c'est-à-dire en 1971. Tiré d'un livre d'Anthony Burgess, ce film narre les mésaventures d'Alex DeLarge (incarné de façon inoubliable par Malcom McDowell), un voyou ultra violent obligé de subir un programme de "reconditionnement" de la personnalité. Outre la violence des scènes et des idées montrées, ce film avait fait scandale car on a rapproché certaines scènes avec des crimes violents qui ont suivi sa date de sortie, et plus précisément le viol d'une jeune fille.
Mais l'on apprend aussi que Kubrick n'a pas daigné défendre son film contre ces attaques. Bien au contraire il a lui-même demandé que l'on retire les bobines du marché, ce que la Warner a accepté. Il achevait ainsi la légende d'un film qui restera 20 ans sous le manteau, que tout le monde connaissait mais que peu de gens avaient vu.
Certes Christiane Kubrick révèle les menaces de mort reçues par le réalisateur de 2001 jusqu'au retrait du film ; mais ce ne devait pas être les premières qu'il recevait, étant donné la provocation inhérente à ses films. Il suffit de se rappeler Docteur Folamour...
Outre ces révélations, le documentaire nous confirme que Kubrick avait encore un autre film en projet, du nom d'Artificial Intelligence. Ce projet étant bien avancé, des rumeurs circulent quant à une possible reprise en main de ce dernier script par Spielberg lui-même.
Kubrick est mort, vive Spielberg ! A. D.