Le Sénat américain pourrait lancer une vaste enquête sur le déclin de la culture américaine. Cette initiative est motivée par les tueries qui ont eu lieu aux Etats-Unis dernièrement. Des événements qui ont relancé le débat sur la libre circulation des armes, l'influence de la violence au cinéma, à la télévision et dans la musique.
Rappels. 12 étudiants et un professeur tués dans le lycée de Columbine à Littleton (avril), un spéculateur boursier abat 12 personnes à Atlanta (juillet), le centre juif de North Valley à Los Angeles est la cible d'un Blanc raciste (août)...
Certains ont voulu faire porter la responsabilité de ces drames à des films comme Basketball Diaries ou Matrix où les armes à feu sont très présentes. Côté musique, Marilyn Manson s'est défendu dans Rolling Stone en expliquant que la provocation était une chose et l'incitation à la violence une autre.
Le porte-parole du sénateur qui a demandé cette enquête explique que malgré la prospérité dont jouit le pays, de nombreux citoyens pensent que la culture américaine est devenue "plus violente et plus vulgaire". La cause ne serait ni d'ordre "économique, politique ou diplomatique, mais de nature culturelle". Il poursuit en imputant à ce déclin des valeurs comme l'éclatement de la cellule familiale, l'échec scolaire, la criminalité des jeunes et la multiplication des rapports sexuels des adolescents avant le mariage.
Pendant un an, cette Commission spéciale du Sénat sur la culture américaine composée de sept membres, Républicains et Démocrates, rassemblerait des éléments de réponse. Son travail pourrait déboucher sur des propositions législatives menées à bien part d'autres commissions. Elle se pencherait de plus près sur le cas de l'industrie cinématographique. Elle dresserait un état de la famille aux Etats-Unis en passant en revue les effets du divorce ou des naissances hors mariage et tiendrait compte de la participation des citoyens à la vie associative.
Ce projet est soutenu par le dirigeant de la majorité républicaine, Trent Lott. Mais ce souci est exprimé depuis des années par le sénateur démocrate Daniel Moynihan. C.R. avec AFP