Gérard Philipe, l'ange foudroyé

Il y a 40 ans, le comédien français Gérard Philipe disparaissait en pleine gloire.

Le public français ne s'est pas trompé en voyant en Gérard Philipe un homme exceptionnel. Dans cette période d'après-guerre, il incarne la pureté, la générosité, le talent et la beauté. Sa mort à 37 ans a fait de lui un mythe.

Emporté par un cancer, il y a quarante ans aujourd'hui, Gérard Philipe reste éternellement jeune et séduisant dans la mémoire de tous. Né en 1922, ce fils d'hôtelier de Grasse (Alpes-Maritme) monte à Paris pour jouer la comédie. Son premier rôle est celui de l'ange dans la pièce de Giraudoux, Sodome et Gomorrhe.

Puis il rencontre Jean Vilar (1912-1971) qui dirige le Théâtre National Populaire (TNP) à Chaillot. Maria Casarès, Jeanne Moreau, Philippe Noiret, Michel Bouquet, Silvia Monfort sont quelques-unes des figures emblématiques de la maison.

En 1951, Gérard Philipe rejoint le fondateur du Festival d'Avignon créé en 1947 et dont il marque à jamais l'histoire. Il est inoubliable dans Le Cid de Corneille et Le prince de Hombourg de Kleist. Le cinéma français l'adopte aussi vite.

Il tourne avec les plus grands : René Clair dans La beauté du Diable aux côtés de Michel Simon, Claude Autant-Lara pour Le Diable au corps et Le rouge et le noir, René Clément pour Monsieur Ripois ou Roger Vadim avec Les liaisons dangereuses où il retrouve Jeanne Moreau.

Il s'essaie à la réalisation avec Les aventures de Till l'espiègle (1956) mais devant l'indifférence du public, il ne renouvellera pas l'expérience.

L'acteur épouse Nicole Fourcade, qu'il rebaptise Anne et lui fait deux enfants, Olivier et Anne-Marie, comédienne qui intègrera la compagnie Renaud-Barrault. Ils vivent près de St. Tropez, à Ramatuelle où repose son corps. Mais c'est dans le Val d'Oise qu'il découvre la propriété où il passe les derniers jours de sa vie.

En 1953, Anne et Gérard acquièrent à Cergy une grande demeure, avec un parc de 5 hectares et la Seine toute proche. Sa veuve décrit leur première visite dans cet maison "d'un romantisme sublime" dans son livre publié en 1969, Le temps d'un soupir. Cet endroit appartient maintenant à l'Etat qui en a fait un lieu de mémoire, de rencontres et d'expositions.

Cinémas, théâtres, collèges et lycées ont repris le nom du comédien pour un dernier hommage à celui dont Aragon disait : "Il demeure éternellement la preuve de la jeunesse du monde". C.R.

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