Le Centre Pompidou remplit d'étoiles

Du 9 février au 2 octobre 2000, le Centre Pompidou fête le nouveau millénaire en remplissant son ciel d'étoiles féminines du 7ème art.

L'an 2000 est l'occasion pour le Centre Pompidou de rouvrir ses portes aux publics. Pour célébrer ces deux événements le musée a choisi de décliner le rêve à travers les figures féminines du 7ème art. Elles seront toutes présentes de Mary Pickford "la petite fiancée de l'Amérique" à la Chinoise Gong Li.

Les rêves et les paillettes formeront quatre grands chapitres : les stars américaines, les vedettes européennes, les stars d'auteur et les étoiles lointaines. Le projet a été conçu en collaboration avec la Cinecita de Bologne en Italie. Cette manifestation s'ouvrira sur Hollywood, des années 1920 aux années 1960 avec la mort de Marilyn Monroe.

Avant que le système hollywoodien ne se mette en marche, les stars étaient surnommées les "Vitagraph Girl" ou les "Biograph Girl" en écho au nom du studio ou de la compagnie qui les employait. Puis Hollywood inventa la star, la vamp dont les images nous marquent encore. Naquirent alors des perles comme Theda Bara et plus tard Elizabeth Taylor et Marilyn Monroe.

Au cours des années 1920 les grands studios consolident chacun leur écurie de stars. Cet engrenage est l'ancêtre du "star-system". L'âge d'or des mécènes hollywoodiens des années 1940 et 1950 voit apparaître Rita Hayworth, Lauren Bacall, Ginger Rogers, Ingrid Bergman, Lana Turner. Le star-system fabrique des actrices sorties de nulle part.

Les studios lâchent dans les rues des villes et des villages des chasseurs de têtes dont le travail consiste en un minutieux repérage des beautés potentielles. Une fois la belle entre les mains du studio elle est remodelée, ré-habillée, refaçonnée, change de nom et doit suivre des cours de diction. Elle sont nombreuses à subir le rouleau compresseur de la machine à faire des rêves, malheureusement toutes n'arrivent pas au sommet.

Le star-system s'entretient grâce à l'isolement dans lequel il place ses victimes idolâtrées par la terre entière. Aucune interview, aucun documentaire ne permettent aux adorateurs de rentrer dans l'intimité de leurs déesses laissant libre cours à la presse à scandales et à ses accusations diffamatoires. La plus célèbre victime de Hollywood reste Marilyn Monroe, anciennement Norma Jean Baker, dont la mort n'a toujours pas trouvé d'explication.

Son décès scelle le destin du star-system et s'il existe, aujourd'hui encore, des stars elles ne bénéficient plus de ce statut ambigu de déesse du septième art. Cette parenthèse sur les vedettes du cinéma américain se refermera le 30 avril pour laisser la place au cycle des étoiles européennes.

Ce nouveau chapitre nous emmènera au coeur de Cinecita à Bologne qui a tenté de rivaliser avec Hollywood en faisant naître des Claudia Cardinale, des Gina Lollobrigida et l'inimitable Sophia Loren. Le 13 juillet, le rêve redessinera les contours des stars d'auteur dont le cinéma français reste florissant.

Souvent liées à l'univers d'un cinéaste on compte parmi leurs rangs Anna Karina avec Jean-Luc Godard, Jeanne Moreau avec François Truffaut et Louis Malle, Catherine Deneuve avec Jacques Demy et Luis Bunuel. Dans un style plus moderne on peut penser à Luc Besson et ses égéries ou Hitchcock avec Grace Kelly ou Tippi Hedren.

Puis, pour clore ce voyage au pays des sirènes du septième art, on s'envolera avec les "étoiles lointaines" de l'Inde, de l'Egypte, du Japon, du Mexique et de la Chine.

A.L.

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