Interview : Adrien Brody

À l'occasion de la sortie du "Pianiste" ce mercredi 25 septembre, Palme d'Or à Cannes, retrouvez les interviews d'Adrien Brody.

S'évader par la musique

Adrien Brody : Le sentiment d'être privé de musique, sujet abordé dans le film, est un message très actuel. La musique joue un rôle capital pour l'âme.

Apprendre à jouer

Oui, j'ai appris à jouer du Chopin pour le film. J'ai appris une grande partie de la Ballade n°1, ainsi que la Nocturne posthume. Ça a été pour moi une expérience merveilleuse. Il m'a fallu des heures de travail. Mais quelle sensation magnifique que de se sentir lié à la musique !

Se préparer pour le rôle

Je ne sais pas si j'avais la discipline suffisante pour le rôle. En tout cas, j'ai cherché à la développer parce qu'il n'y avait pas d'autre solution pour arriver à mes fins. Je cultive une véritable passion pour la musique. J'écris ma propre musique : séquence, hip-hop... Je crée, en grande partie, de la musique plutôt sombre et obsédante. Or, il y avait de nombreux éléments qui ne m'étaient pas innés. Il fallait donc que je les ‘absorbe', que je les invente. Ce personnage est très différent de moi, mis à part ma passion pour la musique.

Un personnage marquant

Je vois désormais ma vie sous un jour différent. Je me rends compte que j'ai eu de la chance de naître dans la société d'aujourd'hui et de ne pas avoir connu de réelle souffrance dans ma vie. D'avoir l'opportunité, la chance d'interpréter ce personnage historique dans un film aussi sérieux a opéré de nombreux changements en moi, des changements pour le meilleur.

J'ai changé physiquement, émotionnellement et mentalement. J'ai dû me réajuster à la vie. À mon retour chez moi, le choc culturel a été énorme. Il est vrai que pendant six mois, j'ai mené une existence en grande partie isolée. Il m'a fallu du temps. Et, au niveau professionnel également, il m'a été difficile de trouver un film sur lequel j'aimerais travailler après une telle expérience. À l'heure actuelle, je suis en train de tourner un film intitulé The Singing detective, qui est l'antithèse du Pianiste. C'est un film très léger, très amusant. Je chante, je danse. Ça me permet de m'amuser, sans pour autant enchaîner avec un film superficiel. Ce n'est pas un film superficiel. D'avoir jouer dans Le Pianiste a rendu en quelque sorte mes choix plus difficiles.

S'éloigner du sensationnel

Je trouve que Roman Polanski a très bien réussi à raconter cette histoire sans tomber dans le piège du sentimentalisme. C'est quelque chose de très difficile à accomplir... et à interpréter. C'est à mon avis l'approche adéquate pour aborder ce genre de sujet. Je trouve cela important que les gens voient les films... En tant qu'artiste, je cherche à communiquer et à susciter chez les gens un sentiment de conscience et de compassion. C'est un véritable privilège que d'avoir pu prendre part à un film aussi sérieux, film qui fait appel au meilleur de l'humanité.

Propos traduits par Camille Joubert

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