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    Aïlo : une odyssée en Laponie, 10 photos commentées par le réalisateur
    Par Yoann Sardet, propos recueillis à Paris le 5 mars 2019 — 12 mars 2019 à 22:00

    Le réalisateur Guillaume Maidatchevsky nous entraîne dans les forêts enneigées de Laponie, sur les traces d'un petit renne sauvage et d'une nature époustouflante. Pour AlloCiné, il revient sur l'album-photo du long métrage, en salles cette semaine.

    Il était une fois un petit renne, lancé dans la grande aventure de la vie dans les forêts scandinaves, où se croisent loups, putois, renards polaires, hermines et autres écureuils. Avec Aïlo : une odyssée en Laponie, le réalisateur Guillaume Maidatchevsky nous propose un conte enneigé aux images aussi impressionnantes que magiques, porté par la voix et le verbe d'Aldebert, qui trouve un équilibre parfait entre naïveté et modernité. Séquence évasion... 

     

    "Ce jour là, je me suis dit qu’on était dans un conte…"

    "Cette scène fait partie des moments suspendus de notre aventure aux côtés d’Aïlo. Le décor naturel semble tout droit sorti d’un conte : chaque arbre recouvert de neige prend des allures de créatures mystiques. Ce jour là, je me suis dit qu’on était dans un conte… Et qu’on était à la bonne place. Aïlo quant à lui semblait totalement désorienté. C’était aussi une première fois pour lui. Première fois qu’il arrivait avec son troupeau dans ce décor. Il n’arrêtait pas de passer sous des ponts de neige. On l’aurait cru dans Stargate, la porte des étoiles." Guillaume Maidatchevsky, réalisateur de Aïlo : une odyssée en Laponie

    "Une vraie immersion dans son monde"

    "Lorsqu’un animal se couche devant votre caméra, ça signifie que vous avez réussi à avoir sa confiance. Il ne vous voit pas comme un intrus ni un membre de la famille mais plutôt une pièce rapportée. C’est grâce à cette confiance qu’on a pu le suivre d’aussi près. Il vivait sa vie sans s’occuper de notre présence. Une vraie immersion dans son monde." Guillaume Maidatchevsky, réalisateur de Aïlo : une odyssée en Laponie

    "On peut lire dans son regard."

    "Ce petit renard polaire, son regard. Je pense que je ne l’oublierai jamais. Je l’ai filmé au début du tournage. C’est ce regard qui m’a fait comprendre que je voulais raconter l’histoire de personnages et non d’une espèce. Dans le film, il n’y a pas eu plusieurs petits Aïlo ou plusieurs petits renards polaires ou plusieurs hermines…Chaque individu était unique de par son caractère. Pour l’hermine par exemple, on a l’impression que celle-là est sous l’emprise d’une substance illégale…C’est un comportement unique. Et ce petit renard polaire. On peut lire dans son regard. Finalement, l’homme n’a pas l’exclusivité des sentiments. Ce petit renard, son combat pour trouver l’âme soeur m’ont profondément marqué." Guillaume Maidatchevsky, réalisateur de Aïlo : une odyssée en Laponie

    "Lui et l'hermine, ce sont mes Scrat"

    "Lui et l'hermine, ce sont mes Scrat dans L'Âge de Glace. Je suis fan des films Blue Sky, Pixar ou Dreamworks. Dans mes films, j’aime avoir des personnages 'satellites', des personnages qui vivent leurs aventures en parallèle des personnages principaux de l’histoire. Ce petit écureuil est, au début de l’aventure d’Aïlo, un personnage qui fait le lien entre le spectateur et le héros de l’histoire. Que pense-t-il ? Je n’apporte pas forcément des réponses mais je veux faire comprendre que derrière un regard, il y a une pensée, une réflexion…Après, chacun l’interprète comme il le ressent. Ce petit écureuil, comme l’hermine d’ailleurs, ne parle pas…Tout est dans leurs expressions, leur façon de se comporter…Et pourtant on comprend tout de son combat. C’est l’essence même pour moi du cinéma, le non-dit. Chacun de nous peut s’identifier à des personnages de Aïlo. Quoi qu’on essaie de faire, qu’on réussisse ou pas..." Guillaume Maidatchevsky, réalisateur de Aïlo : une odyssée en Laponie

    "Ce qui était drôle au début est très vite devenu un cauchemar"

    "Les frères putois, c’est la bande qu’on n'a pas envie de croiser à la récréation. Ils sont à la fois curieux et énervants…Surtout pour nous, l’équipe. La première fois qu’on les a rencontrés, ils sont très vite venus vers nous…Pourquoi ? Pour chercher un endroit qui pouvait potentiellement leur servir de cabane bien chaude…Et quoi de mieux que nos pantalons, dans nos vestes ? Ce qui était drôle au début est très vite devenu un cauchemar car ça mord très fort. Et quand ils ne sont pas contents, quand on bouge trop...ils le font savoir..." Guillaume Maidatchevsky , réalisateur de Aïlo : une odyssée en Laponie

    "Une scène de chasse extraordinaire"

    "La chasse des loups est un moment fort du film. J’ai l’habitude de dire qu’il faut beaucoup préparer pour pouvoir improviser. Au moment du tournage de cette scène, rien ne s’est vraiment passé comme prévu mais à la fin de la journée, nous avons tous eu le sentiment d’avoir été les témoins privilégiés d’une scène de chasse extraordinaire comme il en existe pourtant ici au quotidien. Cette scène se passe de narration pendant presque 5 min. L’image et la bande son suffisent." Guillaume Maidatchevsky, réalisateur de Aïlo : une odyssée en Laponie

    "Ce décor est irréel"

    "Ce décor est irréel. Lorsque nous avons découvert ces monstres recouverts de neige, il était 6h du matin et venions de marcher plusieurs heures par -30°C. Mais quelle récompense ! J’ai beaucoup voyagé mais je croyais ce paysage réservé aux contes de fées." Guillaume Maidatchevsky, réalisateur de Aïlo : une odyssée en Laponie

    "On a vraiment eu l’impression qu’elle aussi trouvait ce moment magique"

    "Cette mère qui regarde le jour se lever, c’est une scène qui a ému toute l’équipe. Elle l’a fixé pendant plusieurs secondes sans bouger le moindre membre. Sans faire aucun anthropomorphisme, on a vraiment eu l’impression qu’elle aussi trouvait ce moment magique. En tout cas, c’est l’émotion que j’ai ressenti sur l’instant." Guillaume Maidatchevsky, réalisateur de Aïlo : une odyssée en Laponie

    "Je voulais que la caméra soit le point de vue d’un animal sur un autre animal"

    "Aïlo, c’est le point du vue d’animaux sur d’autres animaux. Aussi, je voulais que la caméra soit le point de vue d’un animal sur un autre animal. En fonction de l’animal que je voulais filmer tel ou tel jour, chaque cameraman devenait un animal filmant un autre animal. Parfois la caméra était une hermine observant un renard polaire, parfois elle était Aïlo poursuivi par des loups. Voilà pourquoi on utilisait pratiquement jamais de trépied, trop fixe, trop rigide pour représenter le regard d’un animal. J’ai l’impression d’être un robot sur cette photo. C’est incroyable qu’on doive être aussi lourdement équipé pour simuler le comportement d’un animal." Guillaume Maidatchevsky, réalisateur de Aïlo : une odyssée en Laponie

    "Pour Aldebert, c’était une première. "

    "Aldebert, c’est le personnage 'narrateur' du film. J’aurais pu prendre un acteur ou actrice rodés aux voix-off de film. Pour Aldebert, c’était une première. Mais je voulais que le personnage 'narrateur' parle au plus grand nombre. Les paroles d’Aldebert ont différents niveaux de lectures. Petits et grands peuvent y trouver leur compte. C’est exactement ce que je voulais pour Aïlo. Que ce film parle aux enfants comme aux adultes. Qu’à la fin, il y ait une discussion entre toute la famille. C’est ça pour moi aussi le cinéma, créer des émotions universelles." Guillaume Maidatchevsky, réalisateur de Aïlo : une odyssée en Laponie

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