Jann Gallois est danseuse et chorégraphe. Son corps est son outil de travail. Toujours à la recherche du mouvement juste, elle le tord, le plie, le tend, le casse. Mais des souvenirs ressurgissent et la mémoire du corps, trop sollicité, réveille d’anciennes blessures. Comment cette danseuse, qui se dit “traversée par les autres et par soi-même” vit avec son corps ?
Au début des années soixante, Loan, une jeune Vietnamienne, et Pierre, son mari, un Eurasien de nationalité française, arrivent en France pour la première fois et sont accueillis dans un petit village d’Auvergne, dans le cadre d’un programme de rapatriement des Français·es d’Indochine. Loan est convaincue que leur situation est provisoire et qu’elle repartira rapidement au Vietnam.
Le musicien Franco Melis, sonneur de launeddas (clarinette polyphonique sarde traditionnelle), est filmé dans des lieux liés à la pratique de son instrument et de sa transmission, en des plans qui s’enchaînent comme les phrases musicales d’une sonate.
Toute la féerie de Casse-Noisette de Tchaïkovski transposée à l’écran dans une adaptation de 1962. À Noël, au cours d’une nuit magique, la jeune Clara voit soudain les jouets s’animer dans le salon. La magie du ballet, chorégraphié par Léonide Massine, et la splendide scénographie de cet univers enchanté sont à la hauteur de l’œuvre originale.
De sa voiture qui parcourt Beyrouth, une femme – la mère de la cinéaste, qui lui dédie son film – parle sans arrêt au téléphone. Elle appelle la banque. Elle appelle ceux qui lui doivent de l’argent. Elle appelle ceux qui lui prêtent et ceux qui lui empruntent.
Un homme dans les sous-bois, perplexe. Une tronçonneuse récalcitrante, piégée dans un tronc. Les machines peuvent nous perdre, les mots aussi. La colère a beau faire, il n’y a que le vent pour faire bouger les arbres.
Chantal Akerman raconte son rapport à l’écriture des synopsis de ses films, le paradoxe de la nécessité d’écrire pour communiquer ses projets, à l’encontre de son envie de silence et d’improvisation. Battement incestueux entre écriture et film, qui fait d’elle, en ce début des années 1990, un écrivain de cinéma.
Compositeur pour la scène, le cinéma (Johann van der Keuken), et sa propre formation, Willem Breuker invente de nouvelles formes musicales depuis près de 25 ans et a enregistré une centaine de disques. Le Willem Breuker Kollektief ne joue pas seulement de la musique, il joue avec la musique. Si ses concerts échappent à toute définition et à toute catégorie, ils produisent chez le spectateur une expérience unique et inoubliable. Le film est l’occasion de revenir sur 25 ans de jazz, de provocations et de réflexions sur la musique d’aujourd’hui.
Dans le décor kitsch d’un plateau de télévision des années 80 en Bulgarie, une jeune journaliste pose des questions philosophiques : lesquels de nos rêves sont les plus importants, les accomplis ou les déçus ? Nous sommes en 1989, le Mur de Berlin vient de tomber. Puisant dans les VHS des émissions de télévision de sa mère, la réalisatrice livre une chronique à la fois pop et profonde de la révolution de 1989, dans un film fait d’archives politiques et de textes personnels.
“J’ai fait un rêve, je suis sûr qu’il signifie quelque chose que j’ignore.” Le réalisateur Amidou Sogodogo part à la rencontre des éléments de son rêve. Le film est une quête, une succession de rencontres. Il interroge l’exil de la communauté d’origine malienne à Saint-Louis du Sénégal depuis quatre générations.
Angelika a probablement vu trop de choses pour une enfant de 7 ans. Pourtant, sans jamais se plaindre, elle avance déterminée et courageuse. Entre le foyer où elle vit désormais et le chenil où elle va rendre visite au chien de la famille, elle marche la tête haute et le cœur gros.
L’argument de ce film est constitué par le registre, lu en voix-off, du garde forestier, chef de secteur de la forêt de Bercé, décrivant le travail quotidien pendant un an : martelage, griffage, débroussaillage, inventaire, émondage, constitution d’une pépinière, balisage de sentiers pédestres et construction d’abris pour touristes. Parallèlement dans le registre, sont évoqués des éléments de la vie locale à travers des cérémonies diverses. On suit aussi des fragments de la vie d’Édouard l’émondeur dont le métier est en voie de disparition : vie de famille, travaux pour la forêt privée pendant la saison creuse.
“Chronique dessinée pour le petit peuple” fait le portrait du caricaturiste nigérien Abdoul Karim Nabassoua. À l’aide de son crayon, c’est la dérision des élites politiques que propose le dessinateur, désamorçant ainsi le ressentiment social. Ses esquisses égaient et apportent un brin d’humour dans le quotidien des nigériens, qui en raffolent. En suivant le dessinateur et ses croquis dans les quartiers populaires, le réalisateur Idi Nouhou nous propose : “une chronique distancée et amusée de la vie politique de mon pays…”
Antoine Bonfanti, l’un des chefs opérateurs du son les plus engagés de sa génération, a travaillé avec les plus grands cinéastes. Professeur à l’INSAS à Bruxelles, il a aussi formé plusieurs générations d’ingénieurs du son à travers le monde, de Cuba à l’Angola en passant par tous les pays où faire du cinéma relève d’un combat.
En fuyant son pays, David a dû laisser derrière lui l’homme qu’il aime. Il repense à lui, à leur vie là-bas, à la société qui les forçait à mener une vie clandestine. Pour obtenir le statut de réfugié, il va maintenant devoir parler pour la première fois de cette différence qu’il avait jusqu’ici toujours gardée en lui.
AvecClementine Amouroux,
Ivry Gitlis,
Claude Talpaert
Jeanne vient d’hériter d’un hôtel dont sa mère était propriétaire. Elle reprend le flambeau, jusqu’à ce qu’un inconnu se présente à elle comme cohéritier. Elle veut garder l’hôtel, lui veut le vendre. Mais l’émergence progressive de troublants sentiments leur fait oublier quelqu'un : le vieux maître d’hôtel.
Alger, 2015. Adlan et Terroriste naviguent dans le quartier du Sacré Cœur à la recherche de quelques dinars. Entre petits trafics et leur service de parking informel, ils attendent le week-end et le match du Mouloudia d’Alger afin de tuer le vide de leur quotidien, de chanter leur amour du club et de rêver au bateau qui leur permettra de fuir un pays qui ne leur donne pas leur chance.
L’atelier de Vladimir, artiste-graveur à Kiev en Ukraine, semble un lieu hermétique. Le temps y est suspendu, concentré. Pourtant le monde extérieur se fait entendre jusqu’ici: nous sommes en 2013, “la révolution orange” est entamée. Toute l’histoire et la culture du pays tiennent dans ce lieu clos de l’artiste. Qu’attend Vladimir de la révolution ?
Le jour de l’élection présidentielle de 2018 au Brésil, une journaliste est interviewée dans la rue. Elle exprime son inquiétude face à la polarisation extrême du discours politique. Elle est alors très rapidement prise à partie par les partisans de Bolsonaro qui passent aux alentours.
Un voyage à la rencontre de quelqu’un qui n’appartient à aucune terre. Un retour impossible. Après avoir passé onze ans en ville, José António Baptista retrouve son village natal pour se consacrer à la littérature.
AvecRaymond Gérome,
Genevieve Casile,
Michel Beaune
On connaît Don Juan, on connaît Faust : mais c’est Grabbe qui, le premier, eut l’idée de les réunir dans une pièce saugrenue où les deux vils surhommes se disputent l’amour d’une femme. Jusqu’où pousseront-ils l’infamie pour réaliser leurs desseins et, surtout, lequel du séducteur invétéré ou du savant damné aura finalement le dernier mot ?
Hiver 2018, Amsterdam, constellation du Chien. Je parcours dix-sept kilomètres d’archives à la recherche des bêtes. Six-cent-vingt-trois fragments de films muets, d’images anonymes rassemblés par l’Institut du film EYE sous le titre Bits and Pieces : morceaux et pièces. Mais pour moi ce sont les miettes, de notre festin des bêtes.
Au travers d’une sélection d’extraits de musique, de film et de littérature, “Beyond the One” ouvre une conversation qui croise le labyrinthe de la violence domestique et de la douleur causée par des idéaux ou des circonstances. Pas un film sur la famille, le couple, la communauté, ni le polyamour. Plutôt les traces d’un acte d’existence. De la pellicule comme des fragments de fossiles. Des sons qui suggèrent des rencontres, des moments.
En espérant découvrir les talents de demain, celui qui fait les stars et les vedettes de cinéma, Marc Allegret, organise un banc d'essai pour jeunes artistes. Pendants les essais filmés, une jeune actrice très prometteuse donne la réplique à Claude Dauphin. Il s’agit de Brigitte Bardot. Quelle autre perle se cache dans ce concours ?
Une journée de récolte de litchis à Mangarivotra, un petit village malgache. Une journée différente de la plupart des autres jours de l’année, car après le travail et la vente de la cueillette, vient le temps de la fête.