L’atelier de Vladimir, artiste-graveur à Kiev en Ukraine, semble un lieu hermétique. Le temps y est suspendu, concentré. Pourtant le monde extérieur se fait entendre jusqu’ici: nous sommes en 2013, “la révolution orange” est entamée. Toute l’histoire et la culture du pays tiennent dans ce lieu clos de l’artiste. Qu’attend Vladimir de la révolution ?
Le jour de l’élection présidentielle de 2018 au Brésil, une journaliste est interviewée dans la rue. Elle exprime son inquiétude face à la polarisation extrême du discours politique. Elle est alors très rapidement prise à partie par les partisans de Bolsonaro qui passent aux alentours.
Un voyage à la rencontre de quelqu’un qui n’appartient à aucune terre. Un retour impossible. Après avoir passé onze ans en ville, José António Baptista retrouve son village natal pour se consacrer à la littérature.
AvecRaymond Gérome,
Genevieve Casile,
Michel Beaune
On connaît Don Juan, on connaît Faust : mais c’est Grabbe qui, le premier, eut l’idée de les réunir dans une pièce saugrenue où les deux vils surhommes se disputent l’amour d’une femme. Jusqu’où pousseront-ils l’infamie pour réaliser leurs desseins et, surtout, lequel du séducteur invétéré ou du savant damné aura finalement le dernier mot ?
Hiver 2018, Amsterdam, constellation du Chien. Je parcours dix-sept kilomètres d’archives à la recherche des bêtes. Six-cent-vingt-trois fragments de films muets, d’images anonymes rassemblés par l’Institut du film EYE sous le titre Bits and Pieces : morceaux et pièces. Mais pour moi ce sont les miettes, de notre festin des bêtes.
Au travers d’une sélection d’extraits de musique, de film et de littérature, “Beyond the One” ouvre une conversation qui croise le labyrinthe de la violence domestique et de la douleur causée par des idéaux ou des circonstances. Pas un film sur la famille, le couple, la communauté, ni le polyamour. Plutôt les traces d’un acte d’existence. De la pellicule comme des fragments de fossiles. Des sons qui suggèrent des rencontres, des moments.
En espérant découvrir les talents de demain, celui qui fait les stars et les vedettes de cinéma, Marc Allegret, organise un banc d'essai pour jeunes artistes. Pendants les essais filmés, une jeune actrice très prometteuse donne la réplique à Claude Dauphin. Il s’agit de Brigitte Bardot. Quelle autre perle se cache dans ce concours ?
Une journée de récolte de litchis à Mangarivotra, un petit village malgache. Une journée différente de la plupart des autres jours de l’année, car après le travail et la vente de la cueillette, vient le temps de la fête.
Ils ont passé leur vie sous terre, ou s’apprêtent à y entrer. Chaque semaine, le chœur des mineurs de Lubin se réunit pour chanter loin des galeries et des machines assourdissantes. Portrait de ces voix qui font résonner les profondeurs et qui craignent la fermeture de la plus grande mine de cuivre de Pologne.
Avoir la nostalgie d’un pays que nous n’avons pas connu… La grand-mère de la réalisatrice a quitté la Tunisie en 1967. Cinquante-ans après, Cléo Cohen décide de s’y rendre et le lui annonce. Juive ? Arabe ? Française ? Comment s’aimer sans s’accorder sur ce qui nous constitue ?
Près de Charleroi, Colin vit seul avec sa mère dans une maison insalubre, qui s’effondre chaque jour, un peu plus. Face à la misère, il écrit avec ses potes dans sa chambre, devenue pour l’occasion, une “maison de jeunes” improvisée. Du rap comme exutoire et comme nécessité. La seule manière qu’ils ont trouvée pour faire parler de cette pauvreté au cœur de l’Europe, et qu’on ne regarde plus. Même à travers nos téléviseurs. Tant que cette maison résiste, ils ne traîneront pas dehors. Tant qu’ils écrivent, ensemble, ils ne tomberont pas. “Avant que les murs tombent” évoque une jeunesse de laissés-pour-compte, au bord la chute.
Depuis le début des années 2010, de nombreuses villes américaines équipent leurs officiers de police de caméras corporelles, petits appareils d’enregistrement qui se fixent sur la poitrine. Les agents portant une caméra ont le devoir de l’allumer au début de chacune de leurs interventions. Crissements de pneus. Coups de feu. Sirènes. La caméra comme pièce à convictions. Le regard soumis a l’objectif de la bodycam, le spectateur devient témoin malgré lui… Mais où regarde la caméra quand celui qui filme, c’est celui qui tue ?
À l’heure de l’emballement des dérèglements climatiques d’origine anthropique et de la sixième extinction, “Climatic Species” interroge l’évolution du vivant : animal, humain et végétal. Pour tenter de projeter un avenir avec les non-humains, différents acteurs entremêlent leurs points de vue : une ourse de Slovénie, une ourse polaire hybride, un aulne, un cèdre du Liban, un céphalopode et deux chercheurs scientifiques.
Depuis son installation dans la cité phocéenne, Homo sapiens se gratte. Des grottes paléolithiques à la cité Air-Bel, un monstre terrorise ses nuits et ruine ses matins. Retour sur une cohabitation forcée aux airs de fléau qui s’éternise, au-delà des frontières et des époques.
Boy met en parallèle l’histoire de Farahnaz, 13 ans, élevée comme “Bacha Posh” à Mazar-e-Sharif en Afghanistan et celle d’une jeune chanteuse afghane, qui vit aujourd’hui à Londres et a été également éduquée selon cette tradition où des enfants considérés comme des filles sont habillés en garçons dès leur plus jeune âge puis élevés avec les libertés et les devoirs des hommes dans cette société fortement patriarcale.
Décédé brutalement du sida en juin 1984, Michel Foucault l'un des intellectuels les plus lus et commentés dans le monde. Mais loin du penseur dans sa tour d'ivoire, le philosophe fut également un homme engagé, bien ancré dans son siècle. Du mai 68 tunisien jusqu'au prestigieux Collège de France, des parvis des prisons françaises jusqu'au soleil de la Californie psychédélique des années 70, retour sur la vie et l'oeuvre de Foucault, marquée par des métamorphoses successives, à travers la puissance d'évocation de l'archive et grâce au pouvoir de transfiguration de l'animation.
L’Université de Tamatave est censée former les futurs cadres de Madagascar, pourtant le quotidien des étudiants rime avec désordre, indiscipline, insalubrité, voire insécurité. La fatalité politique y règne déjà et les étudiants et l’administration se renvoient la faute continuellement. Le campus B5 est le reflet de ce pays qui va mal.
Sous l’occupation allemande en France en 1944, Raymond Lévy, dix-neuf ans, est arrêté pour faits de résistance. Avec d’autres déportés, il est mis dans un wagon de marchandises à destination d’un camp de concentration en Allemagne. Avec quelques camarades, il essaie de mettre au point ce qui paraît impossible : s’évader de ce wagon avant le passage de la frontière. A plus de quatre-vingt ans, il raconte…
Membre de la famille d’Alain Cavalier, Michel Alliot raconte son évasion d’un train qui l’emmenait vers les camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale.
Une nuit, dans l’une de ces bodegas de Barcelone où le vin coule encore du tonneau, un vieil homme, Diego, regarde des photos jaunies. Il nous transmet un peu de ce qui l’a fait vivre, de ce qui nous fait vivre, la croyance en la possibilité d’un monde meilleur.
Nostalgie au crépuscule de la vie. Un vieil homme replonge dans ses jeunes années en écoutant les bandes magnétiques qu'il avait enregistrées. Un journal intime d'un autre genre. Anecdotes et moments forts de sa vie, il se remémore, parfois avec douleur, ses souvenirs. Les récits audio, souvent poétiques, l'entraînent dans de fortes émotions.
“Pendant trois jours, l’historien Philippe Artières m’accueille dans sa maison perdue dans la forêt pour y rencontrer ceux qui peuplent ses livres, criminels, invertis et autres anonymes de l’histoire. À l’écart, le temps d’une expérience partagée, se dessinent un autre rapport à la parole savante et une manière très personnelle de vivre le passé.”
Au Palais de Tokyo, grand centre d’art contemporain à Paris, les agents de sécurité surveillent les œuvres, fouillent et filtrent le public. Qu’observent-ils ? Que pensent-ils ?
Serge Daney a été collaborateur des “Cahiers du cinéma”, avant d’en devenir le rédacteur en chef dans les années 1970, puis responsable des pages cinéma et éditorialiste à “Libération”. Il fut enfin l’un des fondateurs de la revue de cinéma “Trafic”. En 1992, dans ces entretiens avec Régis Debray pour l’émission Océaniques, celui qui se définit comme un “ciné-fils”, fait défiler sa vie et les films qui l’ont vu grandir. En racontant le cinéma américain (Hawks, Hitchcock…), la “Qualité française”, la Nouvelle vague, Mai 68 et la politisation de la cinéphilie, l’irruption de la télévision et de ses codes spectaculaires, il nous lègue non seulement une mémoire mais surtout une morale de l’image.
Cinq hommes de 20 à 40 ans, confrontés à une grossesse non prévue et le plus souvent interrompue, dévoilent leurs ressentis et réflexions sur cet événement. À travers ces récits de vie, c’est la place de l’homme dans les rapports femmes/hommes que le film questionne.
Instaurée comme chant national en 1795, La Marseillaise de Rouget de Lisle a traversé les époques et marqué l'histoire du pays. À travers une analyse sémantique et musicologique de ce chant patriotique, on découvre une œuvre bien plus profonde que ce que les quelques paroles chantées à tue-tête ne laissent paraître.
Dans la pénombre d’une salle de spectacle, des visages écoutent… Qu’est-ce qu’on entend ? Des voix, des cris, une femme pleure, un homme se souvient. Quelques lumières s’allument… Une femme chante un air d’opéra.
Quatre hommes et un enfant sur le toit d’un immeuble. Leur travail : le détruire. Leurs outils : leurs bras. Leur labeur de ce jour est leur labeur de chaque jour.