War Machine (Netflix, 2026) : la preuve scientifique qu’Alan Ritchson peut survivre à un robot extraterrestre géant… mais pas à la tentation d’utiliser toujours la même expression faciale.
Le film commence par un exercice de sélection des United States Army Rangers. Pendant un bon moment, on regarde des soldats courir, ramper, hurler, souffrir et se regarder intensément dans la boue. On comprend vite que l’armée américaine a inventé le concept du boot camp extrême pour que les réalisateurs puissent gagner 25 minutes de film sans écrire de scénario.
Notre héros est le candidat n°81. Une montagne de muscles hantée par la mort de son frère. Le genre de personnage qui fixe l’horizon avec gravité pendant que la musique devient triste pour nous signaler que quelque chose de tragique s’est passé. On ne sait pas exactement ce qu’il cherche : l’honneur, la rédemption, la paix intérieure… ou simplement une bonne excuse pour casser des choses très fort.
Et puis soudain : BOUM.
Un objet tombe du ciel.
Et quand je dis « objet », je veux dire directement un robot extraterrestre géant. Pas de vaisseau, pas de capsule, pas de protocole diplomatique. Non. Le robot lui-même décide apparemment de voyager dans l’espace comme un parpaing cosmique. Après une rentrée atmosphérique digne d’une météorite et un impact qui devrait normalement le transformer en puzzle métallique, il se relève tranquillement et commence à tirer sur tout ce qui bouge.
La machine ressemble à un cocktail improbable : le design d’un mécha de Metal Gear, l’armement agressif des extraterrestres de Battleship et la mentalité d’un chasseur très motivé façon Predator. En résumé : un robot gigantesque qui a décidé que la forêt était un buffet à volonté rempli de soldats.
S’ensuit donc un festival de soldats qui courent, crient, tirent, explosent et meurent un par un pendant que la machine avance avec toute la délicatesse d’un tracteur possédé. Chaque personnage secondaire semble avoir été conçu avec un seul objectif narratif : mourir d’une manière spectaculaire dans les dix minutes.
Mais le vrai chef-d’œuvre de logique du film concerne la résistance du robot. On nous montre une machine capable de traverser l’espace interstellaire, survivre à une rentrée atmosphérique et s’écraser sur Terre comme une enclume lancée par Zeus lui-même.
Et pourtant… à un moment donné, un éboulement lui fait visiblement très mal.
Voilà.
Les ingénieurs extraterrestres ont donc conçu une technologie capable de supporter les conditions extrêmes du voyage spatial… mais ils ont oublié de tester la résistance aux cailloux qui tombent d’une colline. On imagine la réunion sur leur planète :
— « On a validé la vitesse orbitale, la friction atmosphérique et l’impact planétaire. »
— « Parfait. Et les rochers ? »
— « Les quoi ? »
Pendant ce temps, Alan Ritchson fait ce qu’il fait le mieux : être gigantesque, serrer les dents, regarder des explosions avec intensité et courir vers le danger comme si chaque scène était une publicité pour les protéines en poudre. Sa palette émotionnelle reste minimaliste, mais soyons honnêtes : quand on affronte un robot extraterrestre de dix mètres de haut, la subtilité psychologique n’est pas forcément la priorité.
Les effets spéciaux, eux, oscillent entre « franchement correct » et « on sent que le stagiaire VFX a rendu le plan à 4h du matin ». Le robot marche, tire, explose des arbres et fait beaucoup de bruit métallique — ce qui est finalement tout ce qu’on lui demande.
Au final, War Machine ressemble à un vieux film d’action des années 80 qui aurait découvert Netflix et les robots géants. C’est bruyant, parfois stupide, souvent prévisible… mais étrangement divertissant si l’on accepte que la logique narrative ait été laissée quelque part dans la forêt avec les premiers soldats morts.
Bref :
si vous cherchez un film de science-fiction intelligent et original, passez votre chemin.
Si vous voulez voir un robot extraterrestre transformer un exercice militaire en stand de tir géant pendant qu’un Alan Ritchson ultra-musclé lui fonce dessus avec la détermination d’un bulldozer
et AVEC un bulldozer
… alors là, vous êtes exactement au bon endroit.