Présenté dans la sélection Orizzonti lors de la dernière édition de la Mostra de Venise, À feu doux est reparti avec le prix du meilleur premier film (Lion du Futur) ainsi que celui de meilleure réalisatrice pour Sarah Friedland et celui de la meilleure actrice pour Kathleen Chalfant.
À feu doux est le premier long-métrage de la cinéaste américaine Sarah Friedland, qui est également chorégraphe.
À feu doux se déroule dans une résidence médicalisée pour personnes âgées. Un environnement que la réalisatrice connaît bien. En effet, depuis plusieurs années, elle travaille autour des questions de création et de vieillissement, notamment en tant qu’aidante auprès d’artistes atteints de démence. Par ailleurs, elle intervient également comme artiste enseignante pour animer des films et des ateliers intergénérationnels pour les personnes âgées.
Pour le personnage principal, Sarah Friedland s’est notamment inspirée de sa grand-mère qui, lorsqu’elle était encore adolescente, a soudainement été frappée de démence et a cessé de parler. Néanmoins, malgré un langage troublé, elle continuait à s’exprimer autrement, notamment à travers son corps qu’elle sollicitait en permanence.
Une partie du film a été réalisée avec les pensionnaires d’une résidence médicalisée. Une évidence pour la réalisatrice qui souhaitait que ses méthodes de travail reflètent l’éthique de son projet afin de lutter contre le fléau de l’âgisme. Ce n’est pas la première fois qu’elle procède ainsi. En effet, sur son court-métrage Home Exercices (2018), elle avait également travaillé en étroite collaboration avec un groupe de personnes âgées.
Le personnage de Ruth, qu’interprète Kathleen Chalfant, est une ancienne cuisinière. Pour les besoins du film, Sarah Friedland a pu bénéficier des conseils d’une consultante de choix, Mollie Katzen, une cuisinière qui est devenue célèbre en écrivant le premier livre de cuisine végétarienne important pour les Américains, Moosewood Cookbook, sorti en 1974.
Une large partie du film a été tournée à Villa Gardens, une communauté pour retraités située à Pasadena, en Californie. De nombreux pensionnaires ont d’ailleurs été figurants sur le tournage d’À feu doux.
Pour la représentation de la vieillesse au cinéma, Sarah Friedland ne s’est pas vraiment inspirée de films américains. Ses références vont plus du côté du cinéma européen (Umberto D. de Vittorio De Sica – 1952 ; La Mort de Dante Lazarescu de Cristi Puiu – 2005), africain (L’indomptable feu du printemps de Lemohang Jeremiah Jones – 2021) et asiatique (Poetry de Lee-Chang dong – 2010).
Sarah Friedland a endossé plusieurs rôles sur le tournage d’À feu doux puisqu’en plus d’être réalisatrice, elle est également scénariste et productrice.
Le film a eu le Prix Luigi de Laurentiis (meilleure première oeuvre) à la Mostra de Venise 2024.