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Flore M.
3 critiques
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2,5
Publiée le 27 décembre 2024
My Sunshine est un film dont l'image est très belle, mais c'est également un film qui ne raconte pas grand chose finalement. J'ai passé 1 heure 15 à me demander quand l'intrigue allait enfin commencer. Je ne sais pas ce qu'il faut retenir de cette histoire. Faut-il vraiment perdre 1h30 de sa vie pour savoir que les japonais sont homophobes ? N'y a-t-il rien d'autre de plus intéressant à raconter comme histoire ? Ne peut-on pas aller au cinéma sans craindre d'encore subir une fin triste quand il y a des personnes LGBT ? Flemme.
Ce film est une invitation à la contemplation, au changement et à la réflexion. La question centrale soulevée par ce long-métrage est celle de la difficulté de la transmission.
spoiler: Takuya, un jeune garçon qui ne se retrouve pas dans les sports traditionnellement considérés comme « masculins » comme le baseball et le hockey sur glace, découvre dans la patinoire de sa petite ville grâce à une jeune fille, Sakura, un sport qui attire son attention : le patinage artistique. Les sentiments du jeune garçon affleurent à travers une image épurée et un décor japonais hivernal et se mélangent au côté de sa nouvelle partenaire... Aux côtés de son nouvel entraîneur de patinage artistique, il doit désormais faire un choix : suivre les injonctions de la société traduites par les attentes de son frère et pratiquer le hockey ou bien suivre un désir artistique et amoureux qui peine à s'exprimer sur la glace.
Sakura, quant à elle, poursuit une autre quête : celle d'être reconnue et intégrée. Talentueuse patineuse, elle poursuit une trajectoire singulière au cours de cette romance sans parole. Elle ne manifeste d'abord pas un grand intérêt pour son nouveau partenaire Takuya avec qui elle doit apprendre à patiner en couple. Elle accepte la proposition de son entraîneur car celui-ci lui indique qu'en patinant en couple, elle sera plus facilement remarquée dans ce microcosme féminin très compétitif et s'améliorera aussi en simple. Au fil des entraînements, les cœurs des enfants semblent battre à l'unisson sur la glace en vue d'une compétition en couple... jusqu'à la désharmonie finale.
Le personnage le plus important de notre histoire est finalement celui sur qui repose la responsabilité de la transmission : le professeur de patinage. Ancienne étoile du patinage artistique, la narration distribue avec parcimonie les raisons de sa présence dans cette petite ville japonaise. Son histoire est celle d'un échec sublimé, qui n'est pas sans lien avec son homosexualité. La force de ce film réside dans une représentation plutôt innovante de l'homosexualité masculine - quoique mélancolique. La grande simplicité et beauté des scènes de couple nous sont partagées comme si nous découvrions un secret dissimulé dans un carton gardé au fond du placard.
Cependant, la beauté de ce trio est brisée soudainement lorsque la jeune Sakura aperçoit son professeur aux côtés de son partenaire à travers la vitre de leur voiture. L'amitié devient aversion. Sakura, soutenue par sa mère, refuse de revoir son professeur homosexuel qu'elle accuse de passions répugnantes. La jeune fille ne se présentera jamais lors des qualifications en couple de la compétition de patinage. Dès lors, il s'agit pour nos trois personnages de faire un choix. Takuya reprendra l'entraînement de hockey sur glace, non sans regret. L'entraîneur choisira finalement de quitter son partenaire. Sakura, elle, patinera seule.
Mais s'agit-il véritablement d'un retour à la case départ pour chacun d'eux ?
Takuya qui avait tant de peine à s'exprimer entreprend (enfin !) de s'adresser à Sakura. Le professeur, quant à lui, a fait le choix de renouer avec son rêve en dépit de l'homophobie qui imprègne la société japonaise : bien que son avenir soit incertain, un nouvel soleil se lève pour lui. Sakura, enfin, apparaît de manière sublime sur la glace au son du Clair de lune, le spectateur attentif aura sans doute remarqué que c'est le morceau sur lequel le professeur avait lui-même patiné lorsqu'il avait une carrière nationale - ce qui est alors un signe de la réussite de la transmission, malgré la rupture de communication.
Ce film lent, subtil, sensible dissimule une douce violence qui ne s'accorde que trop bien avec sa dimension queer. Bravo et merci pour ce moment de poésie que je n'oublierai pas lorsque le printemps poindra.
Magnifique film tout en douceur sur la naissance d'un amour et d'une passion adolescente. Toute la douceur d'un film japonais à apprécier pour sa lenteur.
Ce film reflète l' art tout japonais d'enrober la violence des sentiments et de la société dans un océan de douceur et de finesse qui laisse pantois. Un grand film.
Je ne suis pas fan des films trop contemplatifs, mais celui-là m’a scotchée. On en ressort changé, plus apaisé. Les acteurs sont formidables, la musique est de Debussy (valeur sûre). Peut-être votre seule chance de voir de la neige à Noël.
Il y a comme un air de nostalgie dans ces paysages enneigés d'Hokkaido, et Okuyama la filme avec ravissement. Sa caméra suit aussi bien ses personnages dans une lumière diaphane que fixe les paysages magiques dans lesquels ils évoluent. En pleine maîtrise de son montage, aucun plan, même les plus anodins, n'est superflu. Ce rythme un peu lent sied à merveille au développement d'une intrigue qui n'en est pas une : la rencontre des protaganistes, leur découverte respective d'eux mêmes et des autres, leur amitié, leur amour peut être et la fin d'une histoire qui n'aura duré qu'un hiver. C'est terriblement attachant, lumineux et humain ! Un instant de vies que le jeu de ces jeunes acteurs(ice) sublime dans leur simplicité. Et pourtant, le message, à peine sous-jacent, de ce mini drame de l'adolescent n'est pas si anodin que cela : l'acceptation des différences, des handicaps et au final de l'autre dans tout ce qu'il est ou représente !
Film vu le 27/11/2024 dans le cadre du Festival Les saisons Hanabi. Ce film , évoque avec une grande sensibilité le premier élan amoureux, et les bouleversements qu’ils induisent chez un adolescent plutôt introverti, et la place de la différence dans la société japonaise. Une ode au moment présent dont il faut profiter avant les désillusions qui suivront et la vie qui continuera. Merveille de délicatesse et de finesse, ce film par ailleurs d’une grande beauté et sobriété formelle (photographie, cadrage….) est à ne pas rater….
Un rayon de soleil... qui réchauffe le cœur et laisse un une sensation mélancolique dans son absence. Casting exceptionnel, réalisation et dialogues maîtrisé. Suki.
Ce film au format presque carré est d’une grande douceur. J’ai beaucoup apprécié l’alternance des plans fixes très composés sous une neige aux ombres bleues. La forme est réussie, l’histoire fonctionne, et les personnages présentent une psychologie plus complexe que l’histoire de prime abord laisserait croire. Ce film a été vu dans la cadre du festival Hanabi.