Rapide — Quand tu veux faire Fast & Furious mais que tu finis en Vroum-Vroum L’école des Champions
T’as envie de te marrer ? Regarde les scènes de course. Là, y’a du spectacle. Les caméras rasent l’asphalte, les moteurs rugissent comme des lions sous stéroïdes, et les karts s’envoient des coups de pare-chocs comme des candidats LFI sur un plateau de CNews. Tu sens l’odeur du bitume brûlé, l’adrénaline qui pulse, la vitesse qui te gifle la gueule. Là-dessus, c’est carré.
Mais dès que ça s’arrête, on retombe. C’est simple, on passe de Gran Turismo à Joséphine Ange Gardien en moins de deux. L’intrigue ? Un manuel pour faire un bon vieux film de sport prévisible. La jeune prodige que personne ne veut, le vieux mentor cassé par la vie, les galères, la revanche… Ouais, on connaît la chanson, et c’est la même depuis Karate Kid. Sauf que là, c’est sur quatre roues.
Alban Lenoir, c’est le coach un peu défoncé à l’éthanol. Le genre de type qui parle comme s’il avait avalé un pot d’échappement et qui te balance des conseils de vie comme des vannes dans un PMU. Au début, tu te dis qu’il est juste là pour la déconnade. Mais petit à petit, il devient touchant. Enfin, à peu près.
C’est pas Rocky et Mickey, on est d’accord. Plutôt Les Tontons Flingueurs avec un vieux qui s’est gouré de film. Il joue à la cool, mais parfois, on a l’impression qu’il est en freestyle complet, comme si la prod l’avait laissé faire ses blagues sans contrôle qualité.
Paola Locatelli, c’est la pilote. La gamine qui rêve de F1 mais qui passe ses journées à collectionner les refus. Une battante sur circuit, un pancake en termes d’émotion. Elle a la gueule, elle a l’énergie, mais y’a rien qui transpire. Elle pilote comme elle joue : propre, mais sans saveur.
On veut la voir exploser, s’emporter, balancer son casque à travers la piste. On a juste droit à des petites mimiques de fille fâchée comme si on venait de lui refuser une story Insta. C’est dommage, parce que sur la piste, elle envoie. Mais dès qu’elle descend du kart, c’est coma émotionnel.
On sait tous où ça va. La meuf va galérer, puis elle va triompher. Et si t’as maté trois films de sport dans ta vie, tu sais déjà chaque rebondissement avant qu’il arrive.
Les dialogues, c’est du recyclage à peine dissimulé. Les conflits, c’est des querelles d’ado avec des enjeux de supermarché. À la fin, tu te demandes si on n’aurait pas pu faire un clip de 10 minutes avec juste les courses et éviter tout ce blabla.
Le vrai crime de Rapide, c’est d’être aussi rapide que son titre… quand il est sur circuit. Mais dès que ça cause, dès que ça blablate, c’est la panne sèche. C’est une Formule 1 qui passe en marche arrière dès que les moteurs s’arrêtent.
On voulait du Rush, du Fast & Furious, de la sueur, de la rage. On a eu une course de karting entre copains filmée avec de beaux angles, et entre deux accélérations, un téléfilm de l’après-midi sur M6.
C’est pas nul. Mais c’est pas fou non plus. C’est le genre de film que tu mates en mangeant un kebab, que tu apprécies sur le moment, et que tu oublies dès que t’as digéré. Les scènes de course sont bien gaulées, mais tout le reste est aussi plat qu’une autoroute de la Beauce.
Si tu cherches du grand frisson, passe ton chemin. Si tu veux voir des karts s’envoyer des parpaings dans les roues, là, t’es servi. Mais dès que le moteur se coupe, tu te souviens que ce film, c’est comme une boîte automatique : ça passe tout seul, mais ça ne t’emmène nulle part.
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