Tardes de soledad
Note moyenne
3,8
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83 critiques spectateurs

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Chamar
Chamar

40 abonnés 68 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mars 2025
La première partie du film est stupéfiante : en limitant les décors (l'arène resserrée sur les combats avec le taureau, le minibus qui conduit et ramène la cuadrilla, une chambre d'hôtel), Albert Serra parvient à sortir totalement la question de la corrida de ses polémiques habituelles et nous met frontalement face aux pulsions de domination humaines, ici dans leur version viriliste extrême, dont la mise à mort serait le point ultime. Le visage concentré du matador, prenant de faux airs de Tom Cruise grimaçant, la féminité qu'il dégage dans une splendide scène d'habillage (pantalon moulant, bas roses, collier de perle et pompons dorés), l'air enfantin quand il se ronge les ongles, la menace de la blessure ou de la mort, la peur et la solitude dessinent un portrait incroyablement puissant et plastiquement magnifique (on pense à Goya, à Picasso, mais plus encore à Manet pour une forme de désespoir élégant). On peut regretter qu'au fil du film cette tension s'épuise. L'aspect conceptuel qui colle à quelques moments de vie choisis d'un matador, en lui offrant un temps et un cadre rigoureux (comme Serra l'a fait ailleurs avec Don Quichotte ou Louis XIV), le pousse à la variation immobile. Les films à programme ne sont jamais aussi beaux que quand ils cassent leur programme. Ce qui ne semble pas du tout intéresser Albert Serra. Comme s'il restait là, coincé au seuil, surdoué magnifique, mais intimidé d'aller plus loin, là où il perdrait le contrôle, là où le film aurait pu pourtant retrouver la belle démesure de Pacifiction. Ce qu'il ne fait pas.
Pierre064
Pierre064

1 abonné 16 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mars 2025
Je préfère le dire je suis aficionado et je connais bien la corrida. Ce film n'est nullement un film expliquant la corrida encore moins un reportage. Ce film livre de manière brute un des multiples aspects de ce qu'est une corrida du côté des acteurs qui ici peuvent mourir pour de vrai !
Le public est totalement occulté. Serra montre la peur, la mort, la solitude du torero malgré sa cour (la cuadrilla des hommes entourant le matador) un de ces bandrilleros (Chacon) est insupportable à tout le temps flatter son torero mais ça c'est mon point de vue.
Jamais il n'est montré le triomphe du torero.
Les images sont brutes, violentes parfois comme peut l'être la corrida. Oui la corrida est violente et c'est ce qui fait polémique aujourd'hui. La mort n'est pas cachée, les protagonistes ne jouent pas la comédie.
Je connais mal ce cinéaste et sa filmographie. Ce film reste un film un peu inclassable.
Lors de la séance il y avait une spécialiste de SERRA et un mini débat après le film non pas sur la tauromachie mais sur ce qu'avait voulu dire SERRA et pourquoi.
Dans la salle, un spectateur qui n'avait jamais vu de corrida a dit j'ai été ému par la beauté des images (alors que parfois elles sont cash en plan serré) j'ai trouvé trés beau et ce garçon - en parlant de Roca Rey- m'a touché
Après il ne faut pas croire que les cuadrillas passent leur temps à insulter le toro. Ce n'est pas vrai et ça ne reflète pas ce qui en est tous les jours. Parfois en effet un toro très retord sera injurié mais ce qui est certain c'est que jusqu'au bout l'Homme respectera l'animal en le tuant dans les régles et en lui laissant une chance de se faire attraper.
Ce film plaira peut-être aux anti taurins, les avis seront divergeants au sein de la communauté aficionada et donnera certainement envie à certains néophytes de franchir le pas en allant voir en vrai ce qui en est dans une arène.
NB: Roca Rey et les autres personnes du film ne sont aucunement des acteurs mais tous des professionnels de la tauromachie
Pascal
Pascal

266 abonnés 2 511 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mars 2025
Il y a deux aspects dans cet opus d'A.S, la tauromachie et le film lui-même. " Tardes de soledad" ( Après-midi de solitude), nous montre pendant presque toute sa durée un maître torrero péruvien en plein exercice de son talent.

Il y a aussi de manière sous jascente, une réflexion sur la tauromachie elle-même. Démonstration de la fragilité de la vie pour certains, mais surtout ( de mon point de vue) métaphore du cerveau reptilien et de la violence consubstantielle à la nature humaine.

Le cinéaste parvient à réaliser un documentaire filmé avec talent, sans prendre parti, un peu redondant aussi, ( ça dure deux heures, ça pourrait durer dix minutes ou cinq heures) sur un sujet polemique, presque inflammable sous nos latitudes.
Fedex76
Fedex76

3 abonnés 44 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 mars 2025
Peut-être finalement un film plus pour ceux qui ne connaissent pas bien la tauromachie espagnole que pour les vrais aficionados. Le danger, la peur et la mort sont palpables, dans cette rencontre aussi inutile que grandiose par sa dimension symbolique et ultime. Une intensité de chaque seconde, où la scène qui vous est présentée n'a rien de virtuelle, ni d'une comédie. Pas de seconde prise ici, sur ce sable rougit par le sang, des bêtes comme des hommes.
Maurice de Nimes
Maurice de Nimes

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0,5
Publiée le 28 mars 2025
Ce documentaire ne fait aucune place a l empathie envers les animaux . Beaucoup de spectateurs sont partis avant la fin.
VERONIQUE TESSON
VERONIQUE TESSON

2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 27 mars 2025
Des images répétitives, où le son fait défaut, qui glorifient l’humiliation du taureau et sa solitude. Ce n’est pas la solitude du toreador, mais celle de l’animal. On n’y voit pas les arènes, on n’y voit pas les spectateurs. De la barbarie pure et simple. .Bref, je déconseille.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

235 abonnés 1 530 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mars 2025
Que l’on soit pour ou contre la corrida on ne peut lui retirer son côté photogénique. Albert Serra la bien compris et réalise un (trop) long documentaire sensoriel, sans voix off ni (quasiment) musique.
Juste l’homme et le taureau, et quelques interludes dans un bus ou une chambre d’hôtel. Si vous ne supportez pas la souffrance animale, n’y allez pas, c’est une boucherie, le réalisateur que l’on pressent anti-tauromachie ne détourne jamais le regard du spectateur. Qui pourra exquiser un sourire devant un empalement.
Eugénie Moati
Eugénie Moati

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 mars 2025
Quel film ! Ce documentaire n'apporte aucun éclairage de la vie de ce toreo. je n'ai vu que la souffrance de taureaux jetés dans l'arène jusqu'à leur mort.
Simoun
Simoun

18 abonnés 135 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 27 mars 2025
Orgueil, flatterie, torture et meurtre... en boucle. Bien au-delà de la question si on est pour ou contre la corrida, je n'ai trouvé aucun intérêt cinématographique à ce film. Il est extrêmement répétitif, c'est 2h05 de la même chose. Plein de gens sont sortis avant la fin et j'ai regretté de ne pas avoir fait pareil.
Eric Dugelay
Eric Dugelay

9 abonnés 176 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 mars 2025
Tardes de Soledad, grandiose reportage sur un sujet tabou

La veille de la sortie du film, le volubile Albert Serra donnait une master class sur son extraordinaire documentaire, Tardes de Soledad. On y suit, pendant deux ans, les prouesses du toréro Andrés Roca Rey. Avec beaucoup de justesse, un journaliste a comparé le film à American Psycho, et Andrés Roca Rey à Christian Bale, l’interprète de Patrick Bateman dans l’adaptation cinématographique du roman de Brett Easton Ellis. Lorsqu’il s’apprête à mettre à mort le taureau, tous les traits du visage tendus, des yeux de tueur, Andrés Roca Rey est effectivement terrifiant. Le film se place également du point de vue du taureau : ses répliques aux provocations du matador sont tout aussi glaçantes et, par trois fois, le toréro se retrouve à terre ou plaqué entre deux cornes contre les palissades... Match nul entre les deux protagonistes semble être le verdict d’Albert Serra, ainsi espère-t-il sans doute éviter les étincelles sur un sujet aussi controversé que la corrida. Je n’ai pas assisté à une corrida depuis…cinquante ans, je mesure ici la réaction de mes amis, farouches opposants à ce cruel spectacle, qui me détesteront d’avoir eu l’enfance que j’ai eue. On se souvient de la proposition de loi d’abolition en France portée sans succès par Aymeric Caron. Le Mexique vient de voter la fin des mises à mort et, au Portugal, cette disposition est en place depuis 1928. On peut pourtant se demander ce qu’en pensent les taureaux survivant au traumatisme des banderilles plantées dans le dos. Concentré sur le lustre de son habit, le rayonnement de son image et sa survie tout simplement, Andrés Roca Rey filmé par Albert Serra est profondément mystérieux. Son site internet propose une interview de lui agrémentée de belles photos. Ainsi, ce garçon existe aussi à la ville, le film ne le dit pas…Il aime la solitude mais sans qu’on l’interroge sur sa vie privée, déclare une petite amie. Il a choisi d’être matador à sept ans, a abandonné l’école et laissé sa famille au Pérou pour faire carrière en Espagne. Le mystère de son visage n’est-il que cela, une dose de sang amérindien ?

#tardesdesoledad #albertserra #andresrocarey
Arnaud AGNEL
Arnaud AGNEL

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mars 2025
Une œuvre absolue, à l’image de la corrida.

Albert Serra décide de tout montrer : ce qui est extraordinairement beau (comme ces larmes de ce banderillero qui coulent sans pleurs dans le silence d’une voiture) et ce qui est extraordinairement laid (les yeux d’un toro qui se révulsent à sa mort et ses nerfs qui l’abandonnent avant d’être traîné comme un vulgaire morceau de viande à découper), et dans ce tourbillon émotionnel, il raconte tout simplement ce qu’est la vie, avec ses contrastes de la gloire et la solitude, de la peur, du danger, et de l’éphémère de tout cela.

Au final, la vie ne pèse rien, et l’Art est infini.

C’est ce que véhicule la Corrida et qui fait qu’elle est autant décriée qu’adulée.
En donnant à voir (et entendre !!!! car quelle qualité de son !!!) les choses de manière aussi brutes et simples, il signe sans doute l’un des plus grands films documentaires de l’Histoire du Cinéma.

C’est juste extraordinaire !
B M
B M

1 abonné 24 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2025
Objet cinématographique plus que catalyseur des clans du pour ou du contre de la corrida, ce quasi tête à tête entre le(s) monstre(s) aux yeux expressifs et l’humain qui éructe salive et souffles au moment des mises à mort, durant plus de 2H !, tient son pari.

Quand on voit ce film à l'instant T on se demande si le torero est toujours vivant ? (contrairement au Nimeño II Christian Montcouquiol recouvert de lumières par son frère Alain dans un livre très joli et bref). Cela en dit long sur les distances réduites entre cornes et muscles de l’animal avec les chairs tendues de notre frère humain enfoncé sous son strass folklorique.
Mon Dieu qu’il est bête cet animal à fixer son attention sur le tissu rouge sans songer à mettre fin au règne du Rey en fonçant dessus, notamment quand la muleta serpente cachée derrière les jambes de celui qui le leurre. Mon Dieu qu’il est étrange cet homme renversé, projeté, piétiné, cogné, blessé, plus d’une fois, à se relever, garder un calme venu d’on ne sait où, et recommencer sa danse folle certain qu’elle hypnotisera encore l’instinct taurin prisonnier de son obnubilation autant que de l’arène, avec une régularité de métronome froid d’autant plus troublante qu’elle provient d’un exalté qu’on soupçonne a minima un peu mystique.

La tension retombe quand sont à l’écran ses « accompagnateurs », planteurs de banderilles ou cavalier, qui le suivent partout sans vraiment pénétrer sa solitude beaucoup plus que les spectateurs, frères d’armes formant un premier rang de fans. Ils se dédient à leur idole qui semble renoncer à une partie de sa vie « normale » pour vivre sa passion ; eux-mêmes vivent ses actions par procuration pour en prolonger l’écho dans l’honneur de connaître de près cette vie singulière sans laquelle ils auraient dû enterrer leurs rêves faute des capacités de torero nécessaires, béants de cette aspérité existentielle suppurante de ceux qui n’arrivent jamais à tourner la page.

On découvre un monde. Il n’y a même pas la prétention de l’expliquer, prendre du recul par la caméra, puisque nul ne peut connaître le sommet de son crâne comme dit le proverbe. Spectateurs à hauteur de taureau et d’Homme, on est passé près de quelque chose, la toile de cinéma fut notre muleta, mais on n’a rien contrôlé, le mouvement a été monté pour nous, énième illusion issue des frères Lumière.

Où sont les enquêtes sur les produits chimiques anesthésiant parfois injectés aux taureaux pour faire durer le spectacle. Aucun animal n’a-t-il reçu de coup dans les parties au moment opportun pour l’énerver, pas de côté accélérant son décès ? Comme quand Rey pose ses doigts sur son portrait encadré de la Vierge Marie, on ne passe pas de l’autre côté de l’image. C’est chacun pour soi. Pro ou anti. « Ni pour ni contre bien au contraire » comme disait l’autre. Ce film nous maintient avec la forme de beauté qu’il est parvenu à capturer, malgré le sang. Si je disposais de cette habileté tauromachique sans la foi qui va avec je ne la pratiquerais pas ; c’est le cas de la plupart des gens. Mais nul ne nous demande d’y aller, de la même manière qu’on ne choisit pas l’instant de sa mort. En principe… Ici, il est question de choisir de vivre ! Secondes décisives, adrénaline pour faire taire tout le reste ; ce reste où l’ennui et la solitude vont se concentrer, mais aussi, la nature ayant horreur du vide, s'amasser pour empoisonner plus tard s’il vit jusque-là celui qui se tient droit devant la mort, quand son corps aura usé sa passion, ou l'inverse. C'est d'ailleurs une raison supplémentaire pour recommencer à entrer dans l’arène. On se lève chaque matin.
mem94mem
mem94mem

135 abonnés 590 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2025
Le film est avant tout une extraordinaire expérience sensorielle, on entend beaucoup souffler le taureau, on le sent là présent, et de quelle façon. On entend les propos de la cuadrilla, beaucoup d'insultes au taureau et beaucoup de vénération idolâtre au maestro R.R. Albert Serra a fait beaucoup d'essais pour ce documentaire : choix absolu de ce qu'il allait montrer ou pas montrer, choix d'arènes à taureaux ou à gros taureaux (Madrid et Séville seront retenues). Rappel : Madrid jamais de musique, quand le taureau est dans l'arène, je le vois comme un immense respect. Le film est violent par ce qu'il montre sur le taureau, mais aussi par ce que R.R. subit, et cela est très rarement narré. En outre le film met en évidence les sentiments de R.R., énorme angoisse et peur absolue à la mise à mort, état second indéchiffrable quand il est dans le mini bus ou dans sa chambre d'hôtel. Il semble presque stoned.
Rachel K
Rachel K

2 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 mars 2025
Le film propose une expérience certes prenante, mais qui peine à satisfaire pleinement les attentes du spectateur. Le dispositif neutre invite à une réflexion autonome vis-à-vis de la Corrida, mais sans jamais porter une réelle intention au propos tenu. Il est vrai qu’il y a du cinéma, mais le film échappe trop souvent à ses responsabilités vis-à-vis de sa position sur son sujet.
traversay1

4 516 abonnés 5 435 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mars 2025
Deux films, adaptés du même roman espagnol, l'un muet et l'autre parlant, portent le titre d'Arènes sanglantes. Cela aurait pu être celui du documentaire d'Albert Serra mais sa connotation aurait été trop évidente pour un métrage qui refuse de trancher entre les pro et les anti, puisque ce n'est pas son propos, dans un film qui suit le jeune mais déjà célèbre torero péruvien Andrés Roca Rey sur son lieu de travail, si l'on ose dire, mais aussi à l'hôtel, avant, et en voiture, après. Aucun commentaire pour distraire l'attention, ni digression d'aucune sorte, mais "l'art" de la tauromachie, dans ce qu'il a de plus pur, de plus brutal ou de plus abject, selon l'opinion que vous en avez. En tous cas, on n'avait jamais vu une telle proximité dans ce combat de l'homme (au regard halluciné) et de l'animal (écumant et sanguinolent). Quelque chose de primitif, de viscéral et d'abominable, toujours au choix, avec une mise en scène éblouissante qui n'édulcore rien, ni de la fascination de la mort chez l'un, ni le courage et l'agonie de l'autre, le tout sans que les spectateurs soient montrés. L'autre grande force du film est de montrer l'environnement du torero, sa quadrille, principalement, dont les mots sont autant de signaux de virilité exacerbée, au-delà des limites admises, insultes comprises à destination du taureau lui-même, quand il est sournois, ou du public, parfois considéré comme ennemi car incapable de reconnaître la valeur du matador. Tardes de soledad n'a pas vocation à convaincre les défenseurs ou les détracteurs de la tauromachie, il se contente de tout montrer de ses rituels avec une maestria telle qu'on lui accordera sans hésiter les deux oreilles, voire davantage, même s'il reste nécessairement un goût de sang dans la bouche, au bout du compte.
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