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Un documentaire qui glorifie la corrida, une ode à la barbarie alors que celle-ci se meurt, un dernier soubresaut pour tenter de sauver ce qui doit disparaître.
Très beau film où nous sommes au plus près du torero, que ce soit avant, durant et après la corrida.
On voit le taureau courir, combattre et on l'entend respirer comme si nous étions à côté de lui.
Cela nous permet d'un peu ressentir, à notre échelle de simple spectateur, l'extrême tension et le stress que peut avoir un torero et son équipe. Albert Serra filme magnifiquement Roca Rey faisant ressortir tout son talent et sa grâce. Bravo à lui !
On voit le taureau courir, combattre et on l'entend respirer comme si nous étions à côté de lui.
Cela nous permet d'un peu ressentir, à notre échelle de simple spectateur, l'extrême tension et le stress que peut avoir un torero et son équipe. Albert Serra filme magnifiquement Roca Rey faisant ressortir tout son talent et sa grâce. Bravo à lui !
(Présenté hors-compétition au Festival du Cinéma Espagnol de Nantes)
Il est certain qu'une connaissance de l'univers de la tauromachie est essentielle à l'appréhension du dernier film d'Albert Serra. Celui-ci est d'une beauté sidérante, qui dépasse peut-être encore celle de ses œuvres de fiction.
Dénué de toute voix-off, de toute interaction entre l'équipe de tournage et les différents protagonistes, ce long-métrage donne à voir le quotidien d'un torero dans le cadre de son activité, entre l'hôtel où il s'habille avant le paseo et où il revient après la course, le van qui le transporte entre les arènes et l'hôtel, entouré de sa cuadrilla, et l'enceinte où il combat et met à mort les taureaux.
Le réalisateur saisit chaque moment, rarement dans la continuité, cernant avec force le discours intérieur de Roca Rey, que ses peones flattent à qui mieux mieux, dans une surenchère étonnante de superlatifs ("Eres el mas grande!", "Qué cojones tienes!,...) dont on ne sait s'ils aident le principal intéressé à se transcender réellement.
Ce qui frappe, c'est la solitude extravagante de cet homme, dont une image de la vierge repose sur la table de chevet de sa chambre, la bulle dans laquelle il semble s'enfermer aussi bien dans le minibus que derrière le burladero, communiquant a minima avec son équipe, et sa détermination presque suicidaire à aller jusqu'au bout de chaque combat, même après les secousses les plus violentes.
Ce qui saisit également, c'est la virilité exacerbée de ce monde, où l'on est forcément doté des plus grosses testicules...attributs qui vont de pair avec la bravoure, propos rappelés sans cesse par l'entourage du diestro, qui tient des propos paranoïaques quasi hors sol (les taureaux sont tous vicieux et couards, les spectateurs et les toreros rivaux guettent avidement la chute du matador péruvien, numéro un de son époque...).
Filmées et montées avec maestria, ces après-midi de solitude sont accompagnées par une splendide musique originale et, dans les arènes, par les bruits du ruedo et les sons qui descendent des gradins, bruits étouffés qui créent un climat d'irréalité progressive.
Et l'on en vient à crier au cinéaste catalan le mot qui sanctionne favorablement le travail du torero : OLÉ !
Il est certain qu'une connaissance de l'univers de la tauromachie est essentielle à l'appréhension du dernier film d'Albert Serra. Celui-ci est d'une beauté sidérante, qui dépasse peut-être encore celle de ses œuvres de fiction.
Dénué de toute voix-off, de toute interaction entre l'équipe de tournage et les différents protagonistes, ce long-métrage donne à voir le quotidien d'un torero dans le cadre de son activité, entre l'hôtel où il s'habille avant le paseo et où il revient après la course, le van qui le transporte entre les arènes et l'hôtel, entouré de sa cuadrilla, et l'enceinte où il combat et met à mort les taureaux.
Le réalisateur saisit chaque moment, rarement dans la continuité, cernant avec force le discours intérieur de Roca Rey, que ses peones flattent à qui mieux mieux, dans une surenchère étonnante de superlatifs ("Eres el mas grande!", "Qué cojones tienes!,...) dont on ne sait s'ils aident le principal intéressé à se transcender réellement.
Ce qui frappe, c'est la solitude extravagante de cet homme, dont une image de la vierge repose sur la table de chevet de sa chambre, la bulle dans laquelle il semble s'enfermer aussi bien dans le minibus que derrière le burladero, communiquant a minima avec son équipe, et sa détermination presque suicidaire à aller jusqu'au bout de chaque combat, même après les secousses les plus violentes.
Ce qui saisit également, c'est la virilité exacerbée de ce monde, où l'on est forcément doté des plus grosses testicules...attributs qui vont de pair avec la bravoure, propos rappelés sans cesse par l'entourage du diestro, qui tient des propos paranoïaques quasi hors sol (les taureaux sont tous vicieux et couards, les spectateurs et les toreros rivaux guettent avidement la chute du matador péruvien, numéro un de son époque...).
Filmées et montées avec maestria, ces après-midi de solitude sont accompagnées par une splendide musique originale et, dans les arènes, par les bruits du ruedo et les sons qui descendent des gradins, bruits étouffés qui créent un climat d'irréalité progressive.
Et l'on en vient à crier au cinéaste catalan le mot qui sanctionne favorablement le travail du torero : OLÉ !
En tant qu'aficionado et pratico, j'encourage vivement tout néophyte à visionner ce documentaire. Construit comme un écho au rituel de la corrida, il dévoile des aspects que le spectateur ne perçoit pas toujours. Les plans serrés et l'utilisation de micros discrets permettent d'entendre les échanges entre les banderilleros et la figura, des moments habituellement inaudibles pour le public. Il n'y a rien de choquant, seulement la réalité brute de l'affrontement. La manière dont les scènes sont filmées capture fidèlement ce que ressent le torero face au toro.. Vue en avant premiere avec la présence du realisateur
Évidemment n'allez surtout pas voir ce film si vous êtes "allergique" à la corrida. Un film philosophique, à quoi ça sert un "rituel sacrificiel"... existentiel, d'une beauté rare sombre et lumineuse, Serra est aussi un grand plasticien. Une merveille, inoubliable.
Point de vue très intéressant d’un réalisateur qui, malgré ses origines espagnoles n’est pas un aficionado . Ce qui rend le point de vue artistique du film plus objectif, et évite surtout les éternels débats sans fin entre les pour et les anti corrida.
Extraordinaire face à face entre le Toro et le Torero… les images et surtout, le son sont à couper le souffle.
Extraordinaire face à face entre le Toro et le Torero… les images et surtout, le son sont à couper le souffle.
Les spectateurs à la recherche de belles images de corrida servies par le talent d’un torero seront déçus. C’est la violence de l’affrontement quasi métaphysique de l’homme et de l’animal que nous propose le réalisateur. Pas un spectateur, pas une vue de l’arène, rien que le sang, le souffle du taureau et les grimaces de l’homme, en plans très serrés. Vu en avant première au cinéma lumière de Lyon
En prolongeant dans le monde la tauromachie sa poétique de la sécularisation (rendre singuliers et triviaux les mythes culturels), Serra documente le travail cérémoniel d'une vedette du game, avec un rythme hypnotique de la répétition.
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