28 Ans Plus Tard : Le Temple Des Morts
Note moyenne
3,4
2152 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

261 critiques spectateurs

5
26 critiques
4
89 critiques
3
70 critiques
2
38 critiques
1
24 critiques
0
14 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Totoscope
Totoscope

11 abonnés 113 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2026
Suite directe du génial 28 ans plus tard sorti en 2025, Le Temple des Morts continue d’utiliser la figure de l’infecté et le registre horrifique pour poser un regard acide sur la société contemporaine.

Le film s’intéresse au sort d’enfants livrés à eux-mêmes, en quête de figures paternelles, et à la manière dont chacun affronte un monde hostile en fonction de l’éducation qu’il a reçu , ou non. À l’image des infectés, le héros du premier volet est ici relégué au second plan, au sein d’un groupe de satanistes bloqués en enfance, guidés par une figure messianique biberonnée aux Teletubbies, et qui réinvente la réalité selon ses intérêts. Une merveilleuse trouvaille que ce personnage inspiré de Jimmy Savile, à travers lequel on analyse la création d’une mythologie, d’un récit.

Et justement ici, on confronte deux récits parallèles aux dynamiques opposées. L’un destructeur, fondé sur la croyance, le religieux, toujours dans cette thématique du repli sur soi. L’autre profondément humain, basé sur la rationalité, le savoir et la mémoire du passé. Ces deux trajectoires sont portées par deux interprètes sidérants : Jack O’Connell et Ralph Fiennes, opposant le mythe à la réalité, le recul au progrès, et finalement le Mal et le Bien, présents en chacun de nous. Une opposition classique mais rarement traitée de cette façon et avec un tel écho à la réalité contemporaine où l’obscurantisme mène inévitablement à la dérive sectaire et la barbarie.

C’est un joyeux bordel chargé en thématiques et en symboles avec une énergie folle. Si on perd un peu de la folie, de la viscéralité et de l’audace formelle du précédent, la mise en scène, plus fonctionnelle, reste maîtrisée. Même si moins punk visuellement, c’est toujours bourré d’idées, d’ambition, de surprises, de scènes chocs.

Liant l’horreur à la spiritualité, c’est original, inventif, et ça confirme que cette saga ne ressemble à aucune autre. La réalisatrice parvient à rester dans la lignée du précédent, thématiquement mais aussi dans sa façon de mêler la poésie à une violence crue, sans jamais tomber dans la répétition.

Un film qui tente, qui prend des risques, qui divise forcément, mais pour moi c’est clairement payant et je rêverais que le cinéma de studio hollywoodien ressemble plus souvent à ça, tant c’est une des sagas les plus passionnantes en cours, narrativement et esthétiquement.
RitchieGueko
RitchieGueko

27 abonnés 650 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 janvier 2026
28 Ans Plus Tard : Le Temple des Morts est un film de Nia DaCosta sorti en 2026.

Suite directe du précédent volet, ce long métrage se révèle assez décevant. Si le changement de réalisateur est profitable d'un point de vue esthétique, Nia DaCosta ayant des points de vue assez tranchés et qui fonctionnent bien à l'image, cette histoire articulée autour du gang des Jimmy se révèle assez vite ennuyeuse.

Bien qu'il explore des thématiques intéressantes spoiler: autour du fanatisme et de la religion
, le scénario se perd dans ses développements, spoiler: avec des personnages qui disparaissent (la femme enceinte) sans jamais revenir et l'histoire d'un groupe finalement assez peu intéressant
. Bien que l'ambiance du film soit prenante, avec une bande originale qui soutient bien cette idée, le film pêche par un jeu d'acteurs trop caricatural, le personnage Jack O'Connell étant particulièrement insupportable là où Ralph Fiennes (Ian Kelson) est plus juste et parfois presque poétique.

Un film qui aurait pu être plus réussi si le scénario avait été mieux pensé et si l'antagoniste principal n'était pas une énorme caricature. Vraiment dommage.
lamb4ever
lamb4ever

5 abonnés 145 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 janvier 2026
Le début était un peu long et l'histoire du groupe n'était pas très intéressante. Par contre les 30 dernières minutes, j'ai adoré !
J'ai applaudit toute seule à la fin de son spectacle.
Hâte quand même de voir la suite, de savoir s'il reverra son père et les autres et ce qu'est devenu l'enfant...
RedArrow

1 871 abonnés 1 676 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2026
Et 28 semaines plus tard, nous vint la suite de "28 ans plus tard"...
S'il nous avait fallu attendre en réalité dix-huit ans pour que Danny Boyle et Alex Garland nous offrent enfin un troisième volet à une des meilleures sagas d'infectés du grand écran, la confiance qu'ils en avaient en ce nouveau projet les a en effet poussé à l'envisager sous forme d'une nouvelle trilogie, dont ce deuxième opus "28 Ans Plus Tard: Le Temple des Morts" a été tourné dans la foulée du premier, toujours à l'aide de la plume de Garland et, cette fois, réalisé non pas par Boyle mais par Nia DaCosta ("Candyman" version 2021).

En attendant de savoir s'il y aura bel et bien un dernier film (tout dépend du succès cumulé de ces deux opus a priori), "28 ans plus tard" premier du nom avait surtout marqué les esprits par son audace forcément clivante (nous, on a beaucoup aimé), porté par un esprit punk toujours présent chez Boyle qui coupait l'herbe sous le pied à nos attentes habituelles liées à l'idée d'une franchise.
Et puis, si le film se fixait avant tout sur la destinée du jeune Spike, héros qui voulait avancer dans ce monde post-apocalyptique plutôt que d'y stagner au sein d'une tribu ayant choisi de s'y acclimater, un personnage se présentant symboliquement comme son inconsciente némésis l'ouvrait, était cité à travers des inscriptions et, surtout, le concluait de façon fracassante: Jimmy Crystal, un être vomi par la rage de cette Apocalypse, dont les yeux d'enfant rivés sur des émissions TV tels que les Teletubbies (et celles de Jimmy Savile avec lequel il partage son prénom sans que les agissements pervers de ce présentateur de la BBC n'aient eu le temps d'être révélés dans cette réalité, ce n'est évidemment pas un hasard) et le fanatisme religieux ont défini un adulte à jamais figé entre ces deux extrêmes, enfermé dans un délire explosif de croyances alliant hyper-violence et irrationalité juvénile (en ce sens, on comprend sans mal que l'ultime séquence du premier opus ait pu décontenancer mais elle était en réalité géniale et complètement cohérente, encore plus avec ce second film aujourd'hui).

Toute débute donc là où on l'avait laissé: la progression de Spike vers des horizons plus éclairés est stoppée nette par son embrigadement au sein de la bande des Jimmies dont toute la folie du fonctionnement (mais aussi quelques dissensions) va désormais nous être exposée lors de leurs rencontres avec des survivants pour lesquels il aurait peut-être mieux valu finir entre les coups de dents secs des infectés. Dès lors, s'il apparaît clair que "28 jours plus tard: Le Temple des Morts" va adopter un style visuel bien moins frénétique et expérimental que son prédécesseur, il va néanmoins se placer dans la droite continuité de son récit et de certains de ses piliers mis en place en vue d'en préparer la confrontation absolument dantesque.
Ainsi, au milieu de l'immobilisme frontalement déviant des Jimmies et les velléités d'évasion d'un Spike de facto plus effacé (mais pas moins important dans le lien dessiné avec une des membres du groupe interprétée par une géniale Erin Kellyman et amenée à jouer un rôle primordial), va se construire une des relations les plus fascinantes de ce second volet: celle entre Ian (Ralph Fiennes), incarnation de l'Ancien Monde qui en entretient la mémoire par son Temple des Morts, et le fameux Alpha, évolution la plus massive et dangereuse de l'infection du Nouveau dans laquelle le docteur va chercher à raviver les flammes d'une humanité qu'il désespère tant de retrouver, alors qu'il est lui-même prisonnier d'un esprit vif devenu forteresse de solitude.
Là où les hurlements de douleur dues aux tortures les plus infâmes vont s'entremêler à des instants aussi improbables que poétiques via une étincelle d'humanité dont on cherche à enrayer la sauvagerie qui l'a emportée (la science se posant alors en un possible outil de l'éveil de l'âme), Nia DaCosta fait progresser ses pions, ces figures vues comme presque bibliques dans ce qu'ils représentent par leurs postures à l'intérieur de cet univers infernal, vers leur inévitable face-à-face qui va tout simplement nous laisser bouche bée.

Ne tournons pas autour du pot, la dernière demi-heure de ce "Temple des Morts" est incroyable.
Certes, tout le film donne l'impression d'avoir été pensé pour en arriver là, faisant peut-être passer malgré lui ce qui a précédé comme moins fort, mais l'ensemble était néanmoins essentiel (de même que l'approche plus conventionnelle et parfois lancinante de sa réalisatrice) afin de nous emporter dans la transe hallucinante partagée avec ses personnages sur "The Number of the Beast" d'Iron Maiden (impossible d'écouter le morceau de la même façon après ça), où un déjà exceptionnel Ralph Fiennes devient au sens propre le chef d'orchestre stupéfiant de cette rencontre au sommet, où ce choc de visions antinomiques balaie même la rage des infectés lambdas dans la sublime représentation d'un cercle de l'Enfer conçue par des mains humaines, où évidemment beaucoup n'en sortiront pas indemnes, perdus dans leur obscurantisme ou sacrifiée pour le vaincre, afin de permettre à d'autres de continuer à perpétuer une lueur, aussi infime soit-elle, de ce qui pourrait façonner quelque chose de meilleur... Peut-être même en croisant une destinée fondatrice de cet univers au cinéma.

On avait beaucoup aimé "28 Ans Plus Tard", on a adoré "28 Ans Plus Tard: Le Temple des Morts" qui, à l'instar des deux anciens longs-métrages, continue de tracer le sillon d'une saga de films d'infectés ne ressemblant à aucune autre, autant par son monde post-apocalyptique original que par l'importance des thématiques essentielles y étant traitées avec un brio indiscutable.
La franchise a besoin d'un dernier opus concluant cette nouvelle trilogie. Nous aussi.
Edgar Ozenda
Edgar Ozenda

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2026
super film, il est encore mieux que la première partie de 28 ans plus tard.
Il met cependant un peu de côté les zombies....mais se rattrape très bien en spoiler:
montrant la dangerosité et la folie de certains survivants.
La bo du film est très cool ! Une scène est carrément dédiée a "The number of the beast" d’Iron Maiden !!
Je ne peux que le conseiler
Yann L
Yann L

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 janvier 2026
Des cliches à outrance, un manque d originalite patent, nous frolons souvent le ridicule. Pourquoi refaire en moins bien les scenes d orange mecanique? Un film violent ou la violence n apporte rien. Un sacre ratage. 2,5 pour le clip d iron maiden the number of the beast
Fab C
Fab C

1 abonné 1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2026
Excellente suite pour les amateurs. Il y a une réflexion derrière, ce n'est pas juste des morsures de zombies.
Vivement la suite (j'espère) avec Cillian Murphy.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2026
Qui est le film ?
Quatrième pierre de la saga 28 née au début des années 2000, le film, écrit par Garland et mis en scène cette fois par Nia DaCosta, raconte un monde humanité installée dans l'après où l’apocalypse est devenu un état durable. Les infectés sont toujours là mais ils ne sont plus le cœur du problème. Ce qui intéresse Le Temple des morts, ce sont les récits que les survivants fabriquent pour continuer à avancer, mis en scène avec une énergie jubilatoire.

Par quels moyens ?
Jimmy Crystal, gourou sataniste en survêtement à la chevelure blond vif, incarne un sacré vidé de Dieu, une foi sans salut ni promesse, fondée uniquement sur l’emprise. Sa religion est un collage grotesque, assemblé à partir de débris culturels aberrants, Teletubbies, Power Rangers, imagerie enfantine détournée et souillée. Il fédère pour mieux détruire. Il offre l’illusion d’un collectif mais exige en échange une obéissance absolue. À ce titre, il prolonge les figures militaires de 28 jours plus tard, tout en les dépouillant de la moindre croyance dans un ordre rationnel.

Face à Jimmy, Ian Kelson représente l’autre extrême. La science, obsédée, mystique à force de solitude. Son rapport à l’infecté alpha est autant expérimental qu'affectif et filial. Kelson ne cherche pas tant à sauver l’humanité qu’à prouver que quelque chose peut encore être sauvé. La relation qu’il entretient avec Samson fonctionne comme un miroir inversé de la paternité. Là où Jimmy cherche un Père pour justifier sa domination, Kelson cherche un Fils pour donner un sens à son savoir. Tous deux sont animés par un même manque, celui de la transmission. Et tous deux échouent, parce que le monde dans lequel ils évoluent ne permet plus une transmission saine. Qui plus est, le film suggère ainsi que la science, privée de collectif, devient elle aussi une croyance. Kelson est un homme seul, qui a déplacé son besoin d’amour et de reconnaissance dans l’objet de son étude.

Quant à Spike, héros du premier volet, il devient ici un corps périphérique. Un doigt parmi d'autres. Le film le relègue à une position de témoin impuissant, racontant un monde où l’individu n’a plus de prise sur les récits dominants. Les idéologies écrasent les trajectoires personnelles. L’enfance n’est plus un avenir mais un matériau malléable. Spike croyait être devenu adulte. Le film lui démontre brutalement que la maturité n’existe plus dans un monde où les repères ont disparu.

Le passage de Danny Boyle à Nia DaCosta n’est pas anodin. Là où Boyle cherchait une urgence quasi documentaire, DaCosta impose une brutalité plus composée, plus frontale, plus jouissive et cérémonielle. La violence y est d'ailleurs montrée comme un rituel. L’ossuaire, les corps exposés, les cadres figés donnent au film une dimension quasi funéraire. Le gore agit comme un rappel constant de la matérialité de la mort. La violence, accentuée par le montage, devient un langage universel, compris de tous, au-delà des croyances. Les tubes pop surgissent comme des fantômes culturels, des traces dérisoires d’un monde disparu.

Quelle lecture en tirer ?
28 ans plus tard : Le Temple des morts n’est pas un chef-d’œuvre et il ne cherche jamais à l’être. Il accepte pleinement son statut de film de genre, spectaculaire, parfois excessif, souvent imparfait. Mais dans ce cadre, il comprend que l’horreur moderne ne se situe plus seulement dans la menace extérieure mais dans les récits que nous construisons pour survivre à un monde sans horizon. Le plaisir qu’il procure vient précisément de cette alliance entre efficacité et réflexion.
Rockman
Rockman

1 abonné 199 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 janvier 2026
J'attendais la suite de 28 ans plus tard avec impatience, appréciant cette saga depuis le début.
Ce film est bien trop gore, ce qui n'était pas le cas des précédents, moi et ma compagne nous nous sommes faits cette même réflexion, trop c'est trop, toute cette violence n'apporte rien de plus à l'histoire. Le chapitre 1 de 28 ans plus tard avait une ambiance mystérieuse, un côté philosophique et poétique que l'on ne retrouve quasiment pas ici. Même si la nature humaine est toujours abordée sans la moindre concession, ce n'est pas réalisé de la même manière, l'aboutissement n'est pas le même, le changement de réalisateur fait mal.... esthétiquement ce long métrage n'a rien d'exceptionnel non plus, à part la scène avec la musique de Iron Maiden..... cette immense forêt n'est même pas mise en avant, on est un niveau largement en dessous de ce qu'avait fait Danny Boyle précédemment.
Autrement le récit est toujours intéressant à suivre mais la réalisation est ratée, ce qui gâche malheureusement l'ensemble.
Néanmoins je suis impatient de connaître la suite de l'histoire, la scène finale donne envie de la découvrir, en espérant un changement de réalisateur
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 janvier 2026
"Il n'y a pas de Malin. Il y a juste nous."

Dirigée cette fois-ci par la réalisatrice américaine Nia DaCosta (les très moyens «Candyman» et «The Marvels»), une suite directe à l'esthétique moins radicale que la 1ère partie de Danny Boyle, ce qui lui permet de poser un peu plus le récit et de creuser davantage la psychologie de ses différents protagonistes.

Continuant d'explorer la (dés)humanisation de notre monde (illustrée une nouvelle fois par ce parallèle entre monstres humains et humains monstrueux), ce «Temple des Morts», entre quiétude et fureur, met cette fois-ci face-à-face l'athéisme et le satanisme, la science et le fanatisme.
Un face-à-face qui arrivera à son apogée lors d'une séquence "enflammée" (et nous prouvant une nouvelle fois que Ralph Fiennes peut envoyer du lourd quelque soit le rôle qu'il incarne).

Malgré une fin abrupte, une 2e partie d'où émane un certain espoir, malgré l'horreur bien présente.
Un épisode de transition auquel j'ai un peu plus adhéré que son prédécesseur.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 janvier 2026
J’y suis allé avec cette peur très particulière qu’on ressent quand une saga qu’on aime décide de grandir : la peur qu’elle se prenne trop au sérieux, ou qu’au contraire elle se contente de recycler ses tics. Et ce qui frappe d’emblée, c’est que "28 ans plus tard - Le temple des morts" ne choisit ni la facilité du “plus de la même chose”, ni l’exercice de style froid. Nia DaCosta filme ce monde comme un organisme malade qui continue pourtant de sécréter des mythes, des rituels, des slogans, des refuges, des hérésies. Ce n’est pas seulement un décor post-apocalyptique : c’est une société qui a perdu ses repères et qui en fabrique d’autres à la va-vite, souvent monstrueux, parfois étrangement beaux. Le film a cette audace-là : faire du chaos une culture, et de l’horreur un langage.

Ce qui m’a plu, c’est la manière dont la mise en scène refuse le confort du spectaculaire “propre”. Ici, la peur ne vient pas uniquement de la menace évidente, mais de tout ce qui s’infiltre autour : la fatigue morale, la suspicion, la tentation de se raconter des histoires pour tenir debout. DaCosta a un vrai talent pour cadrer l’humain au bord de la rupture : un visage trop immobile, un groupe trop silencieux, une prière qui ressemble à un ordre, un rire qui sonne comme une alarme. Elle filme la violence non pas comme une ponctuation, mais comme un climat. Et dans ce climat, chaque geste “normal” — manger, se soigner, faire confiance — devient soudain une prise de risque.

L’autre réussite, c’est la texture. On sent un travail sur les matières, les sons, les contrastes : la boue, la rouille, la peau, les tissus, les lumières qui tremblent. Le film a des moments où il pourrait presque être contemplatif, mais un contemplatif qui ne rassure jamais. Même quand ça ralentit, il y a une tension sous la surface, comme si l’image elle-même se méfiait de ce qu’elle montre. Et c’est là que le long métrage devient plus intéressant qu’un simple film de survie : il parle de ce que la catastrophe fait aux imaginaires. Quand tout s’écroule, certains reconstruisent des règles, d’autres inventent des dieux, d’autres encore transforment la mémoire en arme. Le “temple” du titre n’est pas qu’un lieu : c’est une idée, celle de donner un sens à l’insensé — et le film se demande, avec une cruauté assez fine, à quel prix.

J’ai aussi beaucoup aimé la manière dont l’horreur se mélange à une horreur plus sociale, plus idéologique. Le film ne renie pas l’ADN viscéral de la franchise, mais il déplace le centre de gravité : la peur n’est pas seulement ce qui court, mord et contamine ; c’est ce qui convainc, rallie, embrigade, fait croire. Et ça, c’est autrement plus dérangeant, parce que c’est familier. On n’est pas dans une démonstration lourde : plutôt dans une série de situations où l’on comprend que l’humanité, quand elle n’a plus de futur, se met parfois à adorer sa propre brutalité. C’est noir, oui, mais jamais cynique. Le film garde une petite braise fragile : l’idée qu’un choix demeure possible, même minuscule, même tardif.

Côté interprétation, il y a un vrai socle. Le casting apporte ce qu’il faut de gravité et de trouble : des regards qui portent le passé, des voix qui cherchent une autorité, des silences qui disent “je ne sais plus qui je suis”. Le personnage incarné par Ralph Fiennes, notamment, donne au film une colonne vertébrale émotionnelle : il y a chez lui quelque chose de posé, presque clinique, qui contraste très bien avec la démesure du monde autour. Et Jack O’Connell, dans un registre plus instable, apporte ce mélange de charme et de menace qui peut faire basculer une scène en une seconde. Alfie Williams tient aussi la distance, avec cette vulnérabilité qui n’est pas décorative : on sent le poids de ce qu’il voit.

Et pourtant — parce que ce film n’est pas un sans-faute — j’ai eu plusieurs fois la sensation qu’il se retenait de devenir vraiment implacable. Pas sur le plan de l’intensité, mais sur celui de la trajectoire. Le récit a une structure parfois volontairement éclatée, et je respecte l’ambition : on sent l’envie d’élargir le monde, de faire cohabiter plusieurs pulsations, plusieurs façons de survivre. Sauf qu’à certains moments, ça donne aussi un rythme un peu irrégulier, comme si le film alternait entre fulgurances et transitions trop rapides. Il y a des idées passionnantes qui effleurent l’écran et dont j’aurais aimé qu’elles s’enracinent davantage, et à l’inverse des séquences qui insistent alors que le vertige moral est déjà bien installé.

J’ai aussi trouvé que la tension pure — celle qui vous serre la gorge et vous fait oublier votre siège — n’était pas toujours tenue sur la durée. DaCosta sait construire des pics, elle sait signer des images qui restent, elle sait créer de l’inconfort. Mais l’architecture globale, elle, a parfois des creux qui cassent l’élan, non pas parce qu’ils sont calmes, mais parce qu’ils semblent fonctionner comme des couloirs entre deux scènes fortes. Du coup, je suis sorti fasciné, parfois secoué, souvent admiratif… mais pas totalement vidé, pas totalement hanté, comme peuvent l’être les grands coups de massue du genre.

Ce qui m’empêche de le placer au panthéon absolu, c’est donc moins ce qu’il fait que ce qu’il ne pousse pas jusqu’au bout. Il y a un film quasiment magistral à l’intérieur, et on en aperçoit régulièrement la grandeur : dans la manière de filmer la foi comme une contagion, dans la façon dont la mémoire devient un terrain miné, dans certains choix sonores qui transforment un simple espace en piège mental. Mais il manque cette sensation d’évidence, cette mécanique qui se referme sans une vis qui dépasse. Le résultat, pour moi, c’est un film très solide, parfois brillant, souvent audacieux, qui a l’intelligence de ne pas caresser la nostalgie dans le sens du poil, mais qui laisse aussi une légère frustration : celle de se dire qu’il n’était pas loin de devenir un classique instantané.

Je le conseille clairement, surtout si vous aimez quand un film de genre essaie de faire plus que vous éprouver : quand il cherche à vous contaminer avec une idée, une image, une question. Allez-y comme on entre dans une cathédrale fissurée : pour la beauté des pierres, pour l’écho des voix, pour la sensation étrange qu’un monde en ruines peut encore produire du sacré… et que le sacré, parfois, a des dents.
eldarkstone

305 abonnés 2 407 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 janvier 2026
Assez décevant par rapport aux autres films, ça parle au final très peu d'infectés, mais plus de la folie des hommes dans un monde ravagé.
Ciné-13
Ciné-13

172 abonnés 1 421 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 janvier 2026
J’avais plébiscité le 1er de la série avec le « Memento Mori » du médecin iodé FIENNES , les teletubbies dérangeants, les créatures omnivores obèses et le jeune héros SPIKE.
Ce 2ème épisode « orange mécanique » propose un scénario calamiteux qui ridiculise l’entendement des spectateurs. Les « jimmys » sont des spoiler: débiles mentaux
]lobotomisés par un O’CONNELL[/spoiler] chefaillon. FIENNES est complètement fou, spoiler: ravi de la domestication de son Samson
.
Miguelithor
Miguelithor

7 abonnés 41 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 janvier 2026
[UN MÉMENTO MORÍ PLUS INTIMISTE]

Bien que ce second volet soit moins audacieux visuellement que le premier — pâtissant de l'absence de Danny Boyle à la réalisation — et propose un scénario plus linéaire aux enjeux plus posés, il n'en demeure pas moins aussi délirant que son prédécesseur. Ce film se distingue par des thématiques propres, bien plus développées que dans l'opus original.
L'intrigue se concentre sur la nature du mal et sur les croyances héritées d'un monde révolu. L'antagoniste, à la tête d'une secte nommée « les Jimmys », fait directement référence à Jimmy Savill, célèbre présentateur britannique dont les crimes pédocriminels ont marqué le Royaume-Uni. L’antagoniste incarne un mal parasite qui trouble une société tentant de se reconstruire. Son idéologie est façonnée par les vestiges de l'ancien monde : l'imagerie des Teletubbies, l'influence de la télévision et le traumatisme d'un père prêtre l'ayant abandonné. Portant une croix inversée, il se présente comme une figure antéchristique cherchant à enrôler le jeune Spike — personnage déjà aperçu, bien que sous-exploité ici — pour le rallier à sa vision nihiliste.
À l'opposé, l'humanisme est incarné par le docteur Kelson. Ce dernier cherche à comprendre le monde sans le remettre en cause, allant jusqu'à défier les lois de la nature par la domestication du « mâle Alpha », y voyant un espoir de guérison future. Kelson représente ainsi une figure de transmission et d'espoir pour Spike à la fin du récit.
Le film culmine lors d'un climax à la mise en scène rocambolesque et volontairement loufoque, s'appuyant sur l'évocation d'un mythe complotiste lié à Jimmy Cristal.
En résumé, malgré une structure plus intimiste et linéaire, ce film s'inscrit dignement dans la lignée du précédent. Il propose une confrontation idéologique fascinante sur la manière de rebâtir un monde après le chaos absolu.
mat niro

462 abonnés 2 157 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 janvier 2026
C'est vrai que l'on s'y perd un peu dans cette franchise : ce volet est le troisième de la saga, mais aussi le premier d'une trilogie à venir. Plus sanglant que le précédent, "Le temple des morts" ne fait pas dans la dentelle avec cette secte de Jimmies en survêtement et perruque blonde qui repousse les limites de l'horreur et de la violence. Finalement, Nia DaCosta reprend les rênes de la franchise avec un certain succès en exploitant en profondeur des personnages furtifs du volet précédent comme Samson, le leader des Jimmies et surtout, le docteur Kelson. Ralph Fiennes livre une performance hallucinée en gourou pactisant avec les zombies et entrant en transe sur du Iron Maiden mais aussi du Duran Duran. Un film d'horreur créatif et inventif qui s'adresse à un public averti.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse