Premier plan : caméra fixe, le désert, et soudain le choc de cette impressionnante meute de chiens qui envahit l'image. C'est tout l'esprit du film : iconoclaste et gentillement provocateur. Black dog évoque un sujet majeur : la transformation de la nature humaine par la civilisation. Deux chiens fous y résistent avec peine : le Black dog et le personnage de Lang. L'un sort de prison, l'autre veut y échapper, et tous les deux pissent sur le même mur de cette ville qui se transforme à l'instar de l'ensemble de la Chine. C'est un film profond où rien n'est explicite. Guan Hu laisse le spectateur comprendre par lui-même. Aucune phrase ne vient expliquer, aucun plan n'est de trop, et pourtant tout est limpide. C'est un film également incroyablement créatif car Guan Hu a réussi à créer l'atmosphère d'un western dans le Grand ouest chinois : image du désert de Gobi, vent, ville presque fantôme, bruit lancinant des trains et règlements de compte, sur une image aux teintes grisées avec exagération des contrastes... et la musique de Pink Floyd. Une belle surprise cinématographique.
Un ancien champion d’acrobaties motorisées, fan de Pink Floyd et totalement mutique, revient chez lui après un séjour en prison dans sa ville désindustrialisée aux confins du désert de Gobi. Les chiens ont envahi les rues après le départ de leurs maîtres, il se lie avec l’un d’eux, deux âmes solitaires sur la voie de la rédemption. Un décor à couper le souffle magnifié par le grain de la pellicule, pour un film opaque et taiseux lacèré par des moments de pure poésie. Un film qui a du chien.
Il est rare de voir une telle splendeur au cinéma : plastiquement magnifique, le film offre également à voir une histoire de fin d'une époque bouleversante. Chef d'œuvre.
Black Dog est une oeuvre d'une retenue et d'une pudeur admirable que l'on retrouve rarement dans des films à plus grande échelle ou occidentaux (je grossis le trait, c'est une généralité)
D'un postulat assez basique se développe une belle histoire plus universelle sur des thématiques dramatiques mais auquel de l'espoir peut se rattacher. Lang est une ancienne gloire qui tente, après avoir passé 10 ans enfermé en prison, de se reconstruire dans sa ville d'origine qui semble avoir bien dépéri depuis son incarcération et qui va devoir se moderniser par la force avec l'arrivée des JO de 2008.
Black Dog parle principalement de ça, du temps qui passe, de cette nostalgie et des souvenirs créés par des situations révolues. Du deuil de toute chose et d'un renouvellement qui est forcé mais qui peut être positive.
Toutefois, c'est aussi un film avec beaucoup de coeur car il épouse à merveille le tempérament de son protagoniste à savoir tout en retenue et de flegme mais aussi plein de bonté envers l'autre et surtout envers les chiens dont celui dont le titre fait référence.
C'est parfois drôle, souvent touchant mais également très émouvant surtout lorsque toutes les pièces du puzzle se raccordent vers la fin. Austère par moment, le film ne tombe jamais dans un contemplatisme mou ou dans un manichéisme trop appuyé comme si le récit préférait prendre une distance, un recul avec son propre contexte qui est finalement déjà bien révolu depuis pas mal de temps.
Je retiens surtout de ce film qu'il a duré trop longtemps pour que je puisse aller au restau après ; qu'il était donc bien trop long...Je ne suis pas contre les films longs quand ils ont quelque chose à dire, là je cherche encore. Il y a de bonnes choses notamment cette ville mourante, genre ville du far west après la fin de la ruée vers l'or, mais bon sur les péripéties du chien et du héros, ça m'a laissé un peu froid.
J'aime : - le format panoramique pour dépeindre à la fois les paysages désertiques et le fouillis à la chinoise - l'allégorie en miroir de la solitude - l'économie de mots
J'aime pas : - la poésie trop abstraite - la multiplicité des idées-métaphores qui restent en suspens et qui ne sont jamais vraiment développées
Film d'auteur chinois qui au final n'est qu'une pâle copie du style de Jia ZhangKe que j'aime beaucoup. Là, tout repose sur des paysages et une prétendue photographie que je n'ai personnellement pas trouvé incroyable. Le début et la fin sont bien, sinon s'ennuie la plupart du film. Si vous aimez les chiens, le film hongrois White God est bien mieux.
Ce film tient en haleine grâce à ce personnage mutique et attachant mais à force d attendre... nous sommes saisis par le générique de fin. La photo est la seule réussite incontestable Je n' oserais pas le conseiller .
Pourquoi les films de Hu Guan n’étaient jamais rentrés dans mon champ de vision avant Black dog ? La brigade des 800 a été un blockbuster en Chine en 2020, il n’est apparemment pas arrivé jusqu’à chez nous. Film intimiste, Black dog est d’avantage susceptible de plaire par ici qu’une grande fresque de la guerre sino-japonaise. Le film a d’ailleurs reçu le prix Un certain regard au dernier Festival de Cannes. Deuxième mystère, où se passe l’action ? Aux marges du désert du Gobi, dans une petite ville nommé Chixia nous dit le générique. Il y a bien un Chixia dans la préfecture de Xigaze au Tibet mais pas au Gansu… Les images des friches industrielles rappellent celles de Shenyang, beaucoup plus à l’est cette fois, dans l’immense À l’ouest des rails de Wang Bing. Alors, disons que la ville est fictive. Il est vrai qu’elle a des airs de décor de BD. Véritable héros du film, un chien noir lui donne son nom. Sa mystérieuse trajectoire dans une ville assiégée par ses congénères au point que les habitants ne se sortent plus de chez eux fait mouche chez le jeune Lang (magnifiquement interprété par le Taiwanais Eddie Peng), lui-même énigmatique, autrefois meurtrier, condamné et repenti. La bande son (y compris des morceaux des Pink Floyd) et la lumière sont somptueuses. Quant aux effets spéciaux, ils ne ne se devinent pas, ce qui est leur qualité première. Surprise, c’est le réalisateur Jia Zhangke, tant aimé depuis vingt-cinq ans, qui tient le rôle de l’oncle de la victime de Lang. Même si l’action se situe en 2008, année glorieuse pour Pékin qui recevait les Jeux Olympiques, le film m’a transporté dans la Chine des années 80. Et, fonçant sur sa moto sur les pistes du Gobi, Lang a touché mon cœur. Black dog est un chef d’œuvre !
J’avoue que je ne suis pas rentrée dans ce film triste, violent, glauque et sans poésie. N’est pas Vim Wenders qui veut. !Autant il y’ avait de la poésie dans perfect days. La redemption par l’adoption d’un chien c’est un peu maigre !
Un film surprenant, de belles images, une image esthétique, j’ai eu du mal à croire à l’histoire et au fait qu elle se déroule e 2008, globalement déçu
Triste et ennuyeux! Le personnage principal ne prononce pas plus de 5 phrases dans tout le film! Je n’ai pas quitté la salle avant la fin car j’aime les chiens et aimerai connaître plus sur le destin du chien noir! Seuls points positifs, les beaux paysages du désert de Gobi, et la musique du générique de fin.
Un interminable pensum apocalyptique . Un cauchemar de laideur et de saleté de 2h. Seuls moments de consolation et de beauté , le désert de Gobi qui est très photogénique et le chien qui joue très bien . Et puis j’ai trouvé que ça manquait d’insectes, il y aurait dû y avoir des cafards. 荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒荒
Y'avait du gros potentiel, en fait l'idée est super, et le déroulé narratif (dans le principe) plutôt bien.
Sauf que la mise en œuvre sonne à mon sens terriblement faux, et du coup ça fonctionne très mal. Le plus emblématique (mais il n'y a (malheureusement) pas que ça) : ce personnage taiseux de façon bien trop caricaturale et forcée, poussant les autres protagonistes à faire les questions et les réponses jusqu'à l'absurde, pour des scènes pas du tout crédibles tournant régulièrement au ridicule :/. Les comportements des personnages sont aussi régulièrement pétris d'incohérences. On a aussi bien trop d'ellipses/hors-champ qui tombent à plat quand au contraire les évènements appellent de l'intensité (et le procédé est utilisé de façon trop régulière, mécanique, artificielle). Même la superbe photographie prend des aspects esthétisants qui en fait trop - tout le temps, à en devenir lassant et puis finalement hors de propos.
Pourtant tout était là pour une œuvre touchante, tant portrait de laissés pour compte que d'une Chine écrasée par le poids d'un progrès décrété et subi.
Mais tout ça ne fonctionne donc qu'en demi-teinte ; et avec une lenteur exagérée, aussi. Même si la photographie est donc très belle (mais dessert limite l'émotion) ; et le personnage canin réellement touchant, le seul vraiment convaincant (en même temps, c'est le rôle titre ;)).