OK, Boomer. Ce Scary Movie est "cringe", aussi ringard qu'à la ramasse sur le public-cible auquel il s'adresse. Salle plutôt bien remplie en cette première semaine d'exploitation, beaucoup de jeunes dans la salle : à peine un gloussement, mais beaucoup de soupirs. Quel dommage de voir une saga jusque-là assez subversive (weed, "olé-olé", commu' Black et films d'horreur : à l'époque, tout ce qui "embêtait Maman") tomber dans la "pseudo-parodie" des fachos (cela moque soit-disant ceux qui pensent ces phrases de vieux schnocks : rien n'est plus raté, alors... La satire, ça se maîtrise, ici on a l'impression d'avoir zappé sur CNews, montrant les jeunes influenceurs comme des écervelés et les trans comme des bêtes de foire, parlant de sexualité comme un tonton bourré en fin de soirée), et oublier de faire une histoire et des personnages intéressants. Aucun fil rouge, on n'a que des scénettes toutes plus lamentables les unes que les autres (K-Pop Demon Hunters étant peut-être l'illustration de la "gênance" absolue : silence de mort dans la salle, on a demandé à notre ami combien de temps il restait), le film affiche une maturité scénaristique incroyable (ironie) en fustigeant continuellement le troisième opus (que les Wayans n'ont pas écrit... Mais qui est mille fois mieux que leur daube actuelle), ce qui est gonflant à la longue (les private jokes qui sentent le flouze, ça va cinq minutes, surtout que ce n'est pas nous qui leur devons ce blé : réglez ça entre avocats, pas à l'écran les gars, c'est craignos). Tout ce qui constitue l'affiche n'est visible en réalité que 5 secondes dans le film (
M3GAN, The Substance, Mercredi Addams
... Ne clignez pas des yeux, vous allez les rater), de même que certaines vannes sont en arrière-plan et ne servent à rien (Destination Finale 3 et 6 dans l'ouverture : aucune utilité, si ce n'est cocher la check-list des réf), et pire que tout : le film sait qu'il fait tellement mal ses vannes, qu'il les explique, maintenant, et c'est très gênant. Dans la scène de
The Substance
, vous voyez un
personnage de femme blonde
que vous ne connaissez probablement pas, vu que le film dont il est issu n'est pas franchement populaire pour les "d'jeuns", alors Ghost Face vient vous citer le titre du film (
"FBI : Fausses Blondes Infiltrées, n'importe quoi."
), merci, Captain Obvious. Idem, lorsque le film parodie Ballerina, il explique d'abord "Bon c'est plutôt John Wick, vu que Ballerina n'a pas marché", et il en remet une couche (lourdement) cinq minutes plus tard ("Alors en fait le chien de John Wick est une métaphore de sa femme qui..." : mais, stop, la vanne n'était déjà pas drôle la première fois, inutile de la refaire et de la rallonger... Au secours). Idem pour la parodie des derniers Scream, c'est "malaisant" au possible : ils ont mis
6 tueurs
pour se moquer du fait que la saga est partie dans un concours au nombre de tueurs absurdes (trois, c'est définitivement trop) dont certains sont des kleenex jetables. L'idée aurait pu être bonne, si les dialogues à ce moment-là n'étaient pas un interminable léchage de bottes de
Shaquille O'Neal
et un bashing du troisième opus (encore) long, très long... Tout l'humour qu'aurait pu avoir cette scène s'évapore avec la lourdeur et la longueur des vannes, comme 100% de ce produit formaté pour le cash, sans aucune idée, et avec l'hypocrisie de vouloir "moquer les vieux fachos", mais qui maîtrise tellement mal son second degré, qu'il devient lui-même ultra-cringe... Ok, Boomer.