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Philou Verzat
1 critique
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4,0
Publiée le 7 août 2025
Les images sont magnifiques, le scénario est poignant et prenant, la critique sociale sous jacente est percutante. Les sont très beaux. L'arrière plan historique est très intéressant.
Un personnage principal taciturne qui n'inspire pas d'empathie et pourtant on a envie de croire à un bel avenir pour lui. Sur un rythme général assez languissant, les scènes de violence se succèdent à un rythme rapproché. La mise en scène est implacable et laisse KO à la sortie.
Super film. L’histoire de Zong Han est à la fois touchante et triste, dans une Taïwan où il n’a aucun pouvoir sur ce qui se passe dans sa vie, un peu comme nous tous.
Un jeune homme à deux activités distinctes : une dans un petit restaurant populaire, l’autre dans un gang. Quand les deux vont se croiser il va devoir faire un choix. Très joli coup pour ce premier film dans lequel le réalisateur nous parle de la société taïwanaise où le monde des affaires, de la politique et de la pègre copulent en laissant toujours les mêmes sur le carreau. Avec une jeunesse apathique ou muselée qu’il choisit d’incarner avec un héros…muet. Avec en filigrane, et c’est ce qu’il y a de plus touchant dans ce film, Taïwan qui regarde de loin Hong Kong, la sœur autrefois émancipée, tomber dans les griffes acérées du Tigre tout en sachant qu’elle sera bientôt la prochaine.
Zhong-Han est muet. Il a quitté la campagne pour la ville. À Taïpei, un vieux couple de restaurateurs lui offre le gîte et le couvert en échange de son travail. Zhong-han fait par ailleurs partie d’une bande de voyous qui travaillent pour la mafia et intimident les créanciers défaillants.
La bande-annonce de "Gangs of Taïwan" m’avait mis l’eau à la bouche. J’espérais y retrouver l’énergie des films de gangsters chinois ou hongkongais de John Woo ou d’Andrew Lau. D’autant que ce début août est bien plat avant une rentrée qui s’annonce alléchante : "Alpha", "Valeur sentimentale", "Connemara", "Sirat", "Chien 51"…
"Gangs of Taïwan" embrasse large. Il évoque les manifestations démocratiques à Hong Kong (l’intrigue se déroule en 2019), la corruption qui gangrène la classe politique taïwanaise, la dégradation des conditions socio-économiques… Comme si la barque n’était pas assez chargée, il y rajoute une histoire d’amour entre le héros et une caissière de supérette.
Le résultat dure plus de deux heures. Je serais injuste de dire que je m’y suis ennuyé ; car le scénario compte son lot de rebondissements. Mais à mes yeux "Gangs of Taïwan" rejoindra très vite le rang des films pas désagréables mais oubliables.
Un polar taïwanais stylisé et poétique, sur fond de dénonciation de la corruption et du système mafieux, cela ne se refuse pas en période d'accalmie estivale. Malgré des longueurs, le film est plutôt agréable.
Très intéressant Polar Noir , Mélancolique et Lyrique , d'un pessimisme absolu avec une vision sans doute clairvoyante mais désespérée d'une Jeunesse Taïwanaise invisible qui ne croit plus dans son Avenir ! Incandescent que ce film Noir sans échappatoire !
Dans l'offre des plus timides de ce milieu d'été, ce thriller semblait sortir du lot mais hélas, sa longueur et ses trop nombreuses ellipses scénaristiques finissent par lasser. Il y avait pourtant une dimension politique intéressante puisque l'action se passait pendant les manifestations à Hong-Kong en 2019, qu'on ne pouvait que transposer à ce qui pourrait arriver à Taïwan, sans oublier la critique d'une société qu'on a peu l'occasion de voir dabs l'actualité. Reste que c'est superbement mis en images.
Un film presque camusien. Un regard différent sur Taiwan. Malgré la relation amoureuse , improbable, et un certain esthétisme, bien du cinéma contemporain, l'excellent interprétation du protagoniste permet de comprendre comment la jeunesse peut se sentir muselée.
Taipei 2019. Pendant que des manifestations embrasent Hong Kong, la vie continue à Taïwan, avec une ombre chinoise qui grandit. Le premier long métrage de Keff nous plonge immédiatement, avec un style affirmé, dans un univers urbain où règne une certaine violence et où l'on trouve encore de petits commerces, comme un restaurant de nouilles, qui semblent éternels, ce qui n'est évidemment pas le cas. Le héros de Gangs of Taïwan, énigmatique au possible, qui mène une double vie et semble affecté par une douleur muette (il ne parle pas), sert de lien entre les principales intrigues du film, dont le caractère social ne se dément pas, entre les petites gens, les bandes de jeunes, destructrices, et les puissants, corrompus jusqu'à la moelle. S'il adopte un rythme parfois languissant, et aurait pu durer une bonne demi-heure de moins, sans aucun préjudice narratif, le récit paraît parfois cousu de fil blanc ou bien, au contraire, suspect d'emballement peu prévisible, voire à peine crédible, notamment sur la fin, de loin la partie la moins convaincante. Reste l'atmosphère, très prégnante, et une stylisation qui ne manque pas d'attrait. Sans oublier l'interprétation, à la hauteur, pas tant d'ailleurs pour son personnage principal que pour les rôles annexes, tel ce vieux couple de restaurateurs, plus vrais et humains que nature.
Waw, Pas du tout ce à quoi je m’attendais…..Le film raconte le parcours d’un jeune homme embrigadé dans un gang…..Vraiment les scènes de violences sont rarissimes et suggèrent plus qu’elle ne montre….On revient dans le cinéma si riche des années 2000, cinéma taïwanais, Hongkongais, ou japonais ( Kitano)…..Le film parle plus d’amour que de violence , et procure des émotions légitimes, avec une ou deux répliques ,qui resteront gravées pour la vie….Techniquement irréprochable, il y a des effets sonores de grande classe, la lumière et la photographie sont gracieuses, mêmes nocturnes…..Les acteurs jeunes ou plus âgés sont expressifs, et nous montre un univers à voir sans hésiter…..Précipitez vous, deux heures devant ce film valent une semaine à Taiwan, bref beau voyage.
Un film extraordinaire, du point de vue des sorties estivales, ou depuis début 2025 ! J’y étais allé pour un film de bagarres potable… Rien à voir ! Les voyous sont du lumpenprolétariat qui sont payés pour appliquer leur brutalité envers la société civile citoyenne lorsque celle-ci ne sert pas les intérêts d’un affairisme parasite encravaté apte également à corrompre la classe politique pourtant censée représenter le peuple et sa « common decency ». Ces 3 couches de la société s’entremêlent et anesthésient la simple volonté de vivre avec un minimum de paix et de liberté, de justice. L’intelligence du film est d’amener cette dénonciation salvatrice hors de toute démonstration sociologique qu’un français lambda aurait difficilement évité de ses gros sabots pseudo-intello. Cela surfe en effet plutôt habilement sur le genre du film noir, sans d’ailleurs jamais en sortir, mais en l’approfondissant jusqu’à le transcender avec notre personnage principal qui compartimente sa vie d’employé modeste en restau dans un cocon de patrons quasi parents & celle de racaille nocturne jusqu’à ce que le destin lui rappelle qu’il n’est qu’une seule et même personne, mais pas celle qu’il aurait aimé être… Il abîme au passage l’amourette qui commençait à lui bâtir une échappatoire de vie normale qui semble inaccessible à chaque personnage, alors qu’en fait ils cherchent les problèmes en surjouant crânement la réussite, ce qui finalement attire le mauvais œil sur ceux qui voulaient et auraient pu s’en sortir et même sur ceux pourris à la base, ce qui donne raison à ces-derniers dans leur opinion ultra matérialiste cynique justifiant d’écraser toute résistance de simple dignité populaire. L’anti-héros suivra son destin en forme de cercle, traînant son handicap physique, jusqu’à chuter dans le désespoir de son traumatisme d’enfance initial, tragédie psychique au-delà de la lutte des classes qui traverse le film en redistribuant les cartes des relations de pouvoir pour un jeu encore plus truqué. Il s'était raccroché à son gang comme un enfant à un costume de super-héros, d’ailleurs le gang le lâchera cruellement plus que lui ne le quitte et c’est ce divorce qui entraînera la seconde séparation sentimentale devenant alors juste un écho de son arrachement juvénile à un parent aimé et un bourg campagnard. Acteurs et mises en scène sont léchés sur la forme et denses sur le fond. Une telle homogénéité fait plaisir au cinéphile, qui appréciera aussi la musique électronique reflet de son époque efficacement sertie aux images. Des individualités se cognent collectivement comme des accidents, cœurs ou corps, salades de phalanges ou salades de mensonges qu’on se raconte à soi-même, l'handicap physique ne se différenciant pas des âmes des valides en voie d'extinction : les étincelles de ces chocs éclairent leur humanité mutilée leur apportant le peu de chaleur éloignant le vide existentiel que les tendres caresses absentes ou mal réalisées n’auront pas remplacées. La scène où l’idylle en jeune âge du film se questionne elle-même puisque pour raison économique l’un envisage le départ vers une destination ou l’autre devrait se refaire une condition sociale s’il décidait de suivre est empreinte d’une mélancolie banale et rare.
Un beau film noir bien écrit, bien travaillé. Tous les acteurs dans les rôles principaux que secondaires jouent admirablement bien. La photographie est impeccable et ne laisse rien au hasard. Des moments délicats et beaux ponctuent l'histoire. La violence est implacable, ce n'est pas qu'une question de territoires. Je n'ai pas vu les deux heures passer.