"Le joueur de go" nous donne à voir un japon médiéval reconstitué avec soin, non seulement dans son visuel, mais aussi dans sa vie (rituels, célébration, théâtre de masques kyogen, ...) et c'est assez rare dans nos cinémas occidentaux pour être soulignés.
C'est d'ailleurs l'atout premier du film de Kazuya Shiraishi, un dépaysement total. Comme souvent avec les films japonais, il est question d'honneur, point cardinal de la société japonaise.
Nous suivons ainsi le samouraï Yanagida, dans une quête de vengeance afin de laver son honneur. Honneur qui va tout dicter dans ce film qui fait clairement référence au bushido. Mais ne vous attendez pas à des combats de sabres, ils sont peu nombreux, ni à une action effrénée, vous verrez bien plus de parties de go que de combattants croisant le fer.
Comme souvent dans le cinéma japonais, le rythme est lent, peut être un peu trop même dans "Le joueur de go", le premier tiers s'étirant trop en longueur, avec de nombreuses parties de go.
Mais le film est avant tout une invitation au voyage et à la contemplation pour qui aime ou est attiré par le pays du soleil levant. On se laisse bercer avec plaisir par la quête de Yanagida, on observe les paysages, les Hommes, les scènes, les rites et codes omniprésents dans ce Japon médiéval à travers une solide réalisation, qui se retrouve même dans les parties de Go, bien filmées.
Le personnage de Yanagida, mérite aussi que l'on s'y attarde, énigmatique, son évolution va être intéressante et vient réhausser un scénario déroulé proprement mais de manière très académique. Yanagida étant habité par une rage profonde et pourtant très contenue. C'est ça aussi la force du "Joueur de Go", raconter une histoire de vengeance mais avec un côté presque poétique (la fin est très belle).
On pardonne donc les défauts du film de Shiraishi, pour se laisser porter dans ce voyage aussi beau qu'original.